Guyane – Contrats de Ville : entrons un peu plus dans le détail…

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Avant de signer les nouveaux Contrats de Ville (CdV) avec Cayenne, Macouria et Rémire-Montjoly ce jeudi 16 juillet (voir notre article en page 1), la Communauté d’Agglomération du Centre Littoral (CACL) avait organisé une présentation détaillée du contenu des CdV concernés.

Etablis sur la période 2015-2020, ils doivent comporter « des programmes d’action à l’échelle de la commune et de l’agglomération concourant à la lutte contre les processus de ségrégation urbaine et sociale. » C’est sur trois « piliers » de la politique de la ville qu’ils sont adossés : la cohésion sociale, le cadre de vie (et le renouvellement urbain), ainsi que le développement économique des quartiers dits « prioritaires ».

Ces quartiers ont été définis en décembre dernier suite à un travail réalisé en partenariat entre les communes (mairies et habitants) et l’Etat. Ils se caractérisent par leurs critères sociaux, démographiques, économiques, et la qualité de l’habitat. « Nous nous sommes basés sur les recensements (IRIS), étant donné qu’il est très difficile d’estimer les revenus des familles » expliquait Nadine Cléril, directrice du service développement économique et cohésion sociale à la CACL.

Dans les départements ultramarins, les CdV sont « pleinement intégrés au niveau intercommunal » au sein d’un « contrat-cadre » élaboré en l’occurrence par la CACL, et approuvé en juin 2015 : « nous avons dû faire dans des délais très courts ! » En pratique, l’Agglo sera pilote de nombreux projets, notamment ceux en lien avec l’amélioration du cadre de vie (transports, réseaux, lutte contre l’habitat indigne), et le développement économique (insertion et formation des jeunes, accompagnement des entrepreneurs, etc.).

Mais les communes ont également beaucoup de chantiers à mettre en œuvre…

A Cayenne, tranquillité, résorption de l’habitat insalubre et réussite éducative

Les 13 quartiers définis par la ville capitale possèdent une population jeune avec un taux de chômage important, et de nombreux logements sans confort ou de squats qui ont un impact sur l’insécurité « croissante » ressentie par les habitants. Le CdV s’attachera donc à « promouvoir le lien social », « prévenir la délinquance des mineurs » en luttant contre le décrochage scolaire et en donnant un meilleur accès aux droits et services publics à tous (éducation et santé notamment).

Cayenne veut « favoriser » le développement des entreprises sur son territoire, en améliorant l’attractivité de ses quartiers prioritaires. Ainsi, le travail se portera surtout sur la lutte contre l’habitat indigne ou informel, la réhabilitation des logements, et un meilleur maillage ainsi qu’une meilleure mixité des quartiers.

Macouria : le bourg et Soula Est

Pour son premier contrat de ville, la commune a défini deux « quartiers » prioritaires : Tonate et Soula Est. 90% de sa population y réside. L’aménagement des villages amérindiens qui « souffrent d’un manque d’équipements manifeste » est au programme, en luttant contre l’oisiveté qui touche particulièrement ces populations.

Soula Est est composée de la ZAC de Soula et de Sablance… Deux secteurs « opposés » dans leurs logiques urbaines : la ZAC est neuve et « programmée », tandis que Sablance – où vivent de nombreux clandestins – fait l’objet d’une RHI « très couteuse ». Macouria, consciente que sa population passera de 10 à 20.000 habitants d’ici 2020, souhaite donc améliorer les infrastructures disponibles, le réseau de transports, et surtout « œuvrer en faveur du développement économique et de l’emploi en veillant à l’équilibre territoire/quartier ».

L’amélioration de la qualité des logements, le renforcement du parcours éducatifs des enfants, et le lien avec les familles est aussi prévu dans le CdV. « Nous voulons lutter contre tous les types d’exclusions » a promis la mairie.

A Rémire-Montjoly : « emploi, éducation, cadre de vie, accès au droit, tranquillité… pour tous ! »

La commune a désigné trois secteurs « sensibles » : Mahury/Dégrad-des-Cannes, chemin Tarzan et Résidence Arc-en-Ciel. Elle compte principalement y améliorer « le principe d’égalité des chances » que ce soit en termes d’insertion professionnelle par l’activité économique, l’éducation, la meilleure prise en compte de la dimension humaine dans les opérations de renouvellement urbain, ou encore la prévention des risques (sanitaires comme sécuritaires)…

Des habitants très impliqués… ?

La nouvelle génération de CdV souhaite associer « directement à la démarche » les habitants des quartiers. Pour ce faire, les communes ont créé des « Conseils Citoyens » qui auront pour mission « d’être des lieux d’échanges entre habitants » où ils pourront « développer leur expertise et leur représentativité » tout en permettant de valoriser les initiatives citoyennes.

Pour le moment, les trois villes ont « surtout travaillé avec les associations » des quartiers, mais veulent à l’avenir, développer les échanges directement avec les habitants « sur toute la durée du contrat ».

« Ces contrats doivent vivre pendant 5 ans » rappelait Eric Lafontaine, le directeur de Cabinet de « l’Agglo ». « Ils pourront être amendés en cours de période » en fonction des apports faits par les habitants, ou des évaluations dont se chargera la CACL. « Ce sont des choses qui paraissent assez techniques » reconnaissait-il, « mais in fine, tout cela agira sur le quotidien des gens ! ».

Bilan dans 6 ans ? ES

Source:: Lekotidien

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