Les mâts de la discorde Certaines yoles utilisent du matériel qui n’est pas autorisé par la fédération des yoles rondes. Des équipages sont déjà disqualifiés. Selon quelques patrons des embarcations tout le monde triche.

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Nouvelle polémique avant même le départ du tour des Yoles. Les matériaux (Minier) qui composent les nouveaux mâts ne sont pas conformes selon la Fédération des yoles rondes. Le bois côte traditionnellement utilisé est en train de disparaitre. L’ONF vient de durcir sa réglementation concernant cette matière première.

L’utilisation de ces nouveaux mâts ne fait pas l’unanimité chez les yoleurs. Les défenseurs du patrimoine et de l’identité de la yole montent au créneau. Le patron du dernier champion de Martinique Aton Mas est l’un d’entre eux : « Comme dans tout sport où existe la compétition, il y a des petits malins qui trichent. Effectivement il y a des mâts fabriqués on ne sait comment. Ils coutent extrêmement chers. Je gère une association, je pense que c’est inadmissible. Peut-être y -a-t-il certains équipages qui grâce à ces deux ou trois mâts vont avoir des résultats. ».

Des mâts moins robustes mais plus légers qui restent fiables selon leur créateur Nicolas Gilet, lui même marin : « Les produits que nous proposons sont beaucoup plus légers, plus rigides, en bois et en carbone. Ils ne sont pas en aluminiums ni en métaux contrairement aux hypothèses que j’ai entendu. Etant plus légers les coureurs forcent moins sur les plages. Cela permet aussi d’avoir beaucoup moins de mâts pour les yoles, 5 suffisent pour couvrir toutes les voiles. Contrairement aux mâts plus traditionnels où il en faut un nombre plus important. ll faut compter 4 500 euros par mât. »

Certaines yoles sanctionnées.
Au sein de la flotte du tour, deux équipages sont déjà sanctionnés par la fédération. Marc Lagier le patron de la yole Mutuelle-Margaillard et celui de Tremplin DOM Orthopédie estiment qu’il faut regarder la réalité en face : « Cet argument la n’est pas bon car depuis une dizaine d’années, il me semble nous sommes passé a un enrobage de tissus autour des mats. Je crois aussi que ca fait plus d’une décennie que nous sommes dedans, je ne vois pas où se trouve le problème. Aujourd’hui, il faut revoir un peu la réflexion des uns et des autres sur le sujet. Nous devons faire de la navigation et ne pas rentrer dans les détails. 

On nous dit que nous sommes disqualifiés car nous avons un mat qui n’est pas autorisé. Depuis des années les hommes naviguent avec des mats qui ne sont pas expertisés. S’il faut nous disqualifier, je pense qu’il faut faire la même chose à tous. Tout le monde a des mats ronds, mais personne ne sait comment ils sont faits. »



Ces revendications ont déclenché la balise de détresse des dirigeants de la fédération. Ils alertent ceux qui utilisent des mats non conformes au cahier des charges. Pour les garants de la tradition, pas question d’embarquer au prochain tour de Martinique du matériel marron sous peine d’écoper un carton rouge.



Dominique Bastol, le secrétaire général de la fédération : « Un mat conforme est un mat qui répond à la règle de jauge. C’est-à-dire un arbrisseau, un arbre d’un seul tenant ou un mat composé de deux ou trois parties suivant l’avenant de la règle de jauge de juillet 2008. En dehors de ces cas de figures, aucun autre type de mat n’est autorisé pour l’instant en compétition. »



Xavier Chevalier pour RCI

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