Le musée Gauguin rouvrira ses portes en juin 2016, au plus tôt

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PAPETTE, le 21 juillet 2015 – Fermé en 2013, toiletté par à-coups depuis 2007, le musée Gauguin est victime des changements de gouvernement, des projets à répétitions, des désaccords sur les missions qu’il a à assurer. Un accord semble finalement avoir été trouvé vendredi dernier. Les travaux vont reprendre et devraient se terminer en juin 2016.



« Nous avons trouvé un accord avec le ministre de la Culture« , assure Opahi Buillard, directeur financier de l’établissement de gestion et d’aménagement de Teva i Uta (EGAT), l’établissement qui gère le musée Gauguin. « Nous allons pouvoir relancer l’appel d’offre pour les travaux. Lesquels pourraient commencer en novembre. Disons qu’ils prendront quatre mois pour tout ce qui est extérieur. Ensuite, il faudra qu’on s’entende sur l’aménagement intérieur, ce qui prendra encore un peu de temps mais on devrait pouvoir rouvrir le musée en juin de l’année prochaine. »

Pas moins de 145 millions de Fcfp déjà engloutis

Le musée Gauguin a d’abord été un mémorial. Mais, l’appellation ne faisant pas rêver les touristes, le mémorial est devenu musée. Une salle avec des œuvres originales s’est ajoutée aux quatre espaces déjà existants, grâce au coup de pouce de la fondation Singer Solignac.

En 2007, vu l’état de délabrement des bâtiments, il était déjà question de travaux. Il a fallu parer à l’urgence, comme par exemple refaire l’étanchéité des bâtiments. En 2008, un marché global de près de 200 000 millions de Fcfp a été débloqué par tranche. En 2009, des travaux ont été entrepris. Pour autant, le musée est resté ouvert. En 2013, un nouveau gouvernement et une nouvelle direction, ont relancé les travaux. Cette fois, le musée ferme ses portes. Sur les bâtiments, aucune indication. Seule une affichette a été collée sur une vitre du guichet du jardin botanique installé à ses côtés. « Le musée Gauguin est fermé pour travaux depuis février 2013. Réouverture en septembre 2015« , est-il précisé. En effet, les ouvriers se sont mis à l’œuvre et sont aperçus que finalement l’étanchéité n’avait pas été refaite ce qui avait abimé un peu plus les restes du musée. Le travail a piétiné jusqu’à cesser. Les efforts réalisés jusqu’alors sont restés vains. Au total, les travaux ont déjà coûté 145 millions de Fcfp. Bilan : les pièces sont vides, les carreaux cassés, les oiseaux ont élu domicile dans certains espaces.

En 2014, avec le changement de gouvernement une nouvelle dynamique a vu le jour. Au ministère des voix se sont élevées pour arrêter les frais. « On a fait n’importe quoi« , a assuré Heremoana Maamaatuaiahutapu, le ministre de la Culture, interrogé sur le sujet jeudi dernier. « Il nous faut revoir les objectifs de ce musée, doit-il rester un musée ou redevenir un memorial? » S’il reste musée cela sous-entend le déblocage de fonds important car l’appellation implique des normes de constructions, de conservation, etc. drastiques. « Doit-il rester à l’Egat comme cela a été évoqué au dernier conseil d’administration ou rejoindre le musée de Tahiti et des îles au ministère de la Culture ?« , ajoutait le ministre de la Culture lors de l’interview.

Une nouvelle facture de 92 millions de Fcfp

Vendredi dernier, le ministre de la Culture a rencontré les responsables de l’Egat. Ensemble, ils ont convenu que « pour l’heure, le musée resterait géré par l’Egat et que les travaux pouvait reprendre. Le musée jouera pour l’heure le rôle de memorial« , explique Opahi Buillard. Cela laissera un peu de répit au ministère pour concevoir une muséographie adaptée, penser à l’intégration du personnel du musée Gauguin, soit cinq salariés, car à terme le musée Gauguin se rapprochera bien de son cousin le musée de Tahiti et des îles. La rénovation des bâtiments coûtera au minimum 92 millions de Fcfp.

Le mémorial fait moins rêver mais…

Un mémorial fait moins rêver mais il réclame moins d’investissement. « Et à Tahiti les touristes qui visitaient le musée Gauguin ne venaient pas chercher des œuvres originales, ils ne s’attendaient pas à un musée comme à saint Pétersbourg« , assure Opahi Buillard, directeur financier de l’établissement de gestion et d’aménagement de Teva i Uta (EGAT). « Ils venaient ressentir l’âme du lieu, mieux comprendre l’artiste et ce qui l’a poussé à faire ce qui l’a fait où il l’a fait. Avant sa fermeture, nous avons divisé par deux le prix d’entrée du musée Gauguin en raison des travaux et de l’état, pour autant le chiffre d’affaires était plus important que celui de Tahiti et des îles. »

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Source:: Thaïti info

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