Région : Jesse Jackson marque les esprits

0
Share Button

Le révérend Jesse Louis Jackson a été accueilli en guest-star, hier après-midi, au palais du conseil régional.

Ce n’est parce que nous sommes disséminés dans la Caraïbe et que nous ne parlons pas la même langue que nous ne formons pas une famille. Ce n’est pas parce que nous sommes sur une petite île que nous ne devons pas avoir de grands rêves. C’est en substance deux des messages forts de la visite, hier après-midi, au palais du conseil régional, du révérend Jesse Jackson. Dans un hémicycle plein à craquer, l’illustre pasteur baptiste et militant des droits civiques aux États-Unis a fait un discours qui restera dans les mémoires. Accueilli par la première vice-présidente de la Région, Marie-Camille Mounien, et la présidente de la commission culture du Département, Brigitte Rodes, il est ensuite entré en guest-star dans l’hémicycle, malgré toute la simplicité et l’humilité qu’il affiche, pour écouter l’intervention en anglais du président Victorin Lurel depuis Paris.
Un discours de remerciement et félicitations très apprécié par le révérend, avant sa longue intervention invitant les Guadeloupéens à ne jamais cesser de rêver et de se battre pour leur dignité mais aussi pour leur liberté économique.
 » IL FAUT QU’IL Y AIT DES RÉPARATIONS »
Cette allocution a été marquée par de nombreuses phrases fortes (lire ci-contre). Il avait visiblement la volonté de faire prendre à chacun la dimension du potentiel collectif et individuel.
Jesse Jackson a lancé une invitation à créer une antenne de son organisation Rainbow Coalition (1), qui relierait Chicago et la Guadeloupe et assurerait la connexion entre le peuple afro-américain et les Guadeloupéens.
La rencontre s’est terminée par quelques échanges avec le public, avant une remise de cadeaux divers.
On retiendra notamment de cet échange une question de Jacqueline Jacqueray, présidente du Comité international des peuples noirs (CIPN), sur la question des réparations de l’esclavage. Réponse du révérend :  » S’il est vrai que l’esclavage est un crime contre l’Humanité et qu’il a causé de grands préjudices, alors le criminel doit payer. »
Et d’insister à propos d’Haïti en particulier :  » Il faut qu’il y ait des réparations pour Haïti. (…) Si on peut rebâtir la Grèce, alors que tous rebâtissent aussi Port-au-Prince. »
(1) Jesse Jackson a créé deux organisations non lucratives : Push (People united to serve humanity – Peuple uni pour servir l’humanité) en 1971 et la Rainbow Coalition en 1984. Elles ont fusionné en 1996 sous le nom de Rainbow/Push.
Verbatim
–  » Les Guadeloupéens ont connu la liberté avant même que les Afro-américains aient été libérés. (…) Ce qui doit donner votre mesure, c’est la dimension de votre combat, pas celle de votre île. Vous êtes un peuple majeur. »
–  » Tout comme Barak Obama est maintenant le président des États-Unis, un jour, quelqu’un de Guadeloupe sera président de la France. Que vos rêves soient de grands rêves. N’entretenez pas de petites rêveries de kitchenettes (…) Il ne faut jamais arrêter de rêver. »
–  » C’est vous qui avez fait de la France ce qu’elle est. La France vous doit, ce n’est pas vous qui devez quoi que ce soit à la France. » w » J’ai visité le musée de Liverpool en Grande-Bretagne. J’ai visité des musées en France, ainsi qu’en Amérique du Nord, mais à l’heure actuelle, le plus grand musée, unique en son genre, dans le monde entier, c’est celui qui est en Guadeloupe. »
–  » Il faut qu’on se batte pour avoir ce droit à la liberté économique. (…) Nous devons prendre notre partie du commerce (…) Dans tous les domaines nous exigeons notre part du bénéfice. »

Source:: 946FM

Commentaires

commentaires

Comments are closed.