Guyane – Les éleveurs guyanais veulent aussi se faire entendre

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Tandis qu’hier en métropole, les blocages se poursuivaient et que François Hollande rencontrait les syndicats agricoles à Dijon pour essayer d’apaiser la situation, l’Intervig (l’interprofession élevage de Guyane) communiquait au ministère de l’agriculture une note sur la situation de la filière en Guyane.

« Nous avons transmis cette note afin que nos difficultés spécifiques soient prises en compte » expliquait Gabrielle Nicolas, présidente de l’Intervig, « nous espérons que le cas de la Guyane sera examiné » dans le cadre de la mission parlementaire qu’a diligenté le ministère.

Difficultés à accéder à du foncier, à réaliser les installations « sur de la forêt », forte dépendance à l’importation pouvant atteindre 80% des besoins des consommateurs, faible taille du marché intérieur, manque d’outils et d’entreprises de transformations secondaires, prédation par des félins protégés, réseaux insuffisants (électricité, eau, internet), insécurité, humidité favorable au développement de maladies… La liste est longue.

Si paradoxalement, le marché est « en constante croissance », les éleveurs voient les soutiens financiers diminuer. Le POSEI (Programme d’Options Spécifiques liées à l’Eloignement et à l’Insularité) de l’Union Européenne n’assure pas totalement son rôle de « mécanisme accélérateur ». La circulaire d’application annuelle arrive souvent avec plusieurs mois de retard, laissant très peu de temps aux agriculteurs pour déposer leurs dossiers de demande d’aides. « Cette année, la circulaire n’est toujours pas connue alors qu’il reste 9 jours pour déposer les dossiers » explique l’Intervig dans sa note.

A titre indicatif, les aides du programme POSEI en Guyane ne représentaient en 2012 que 2,2% des 312 millions d’euros destinés à l’ensemble des DOM, soit 6,9M€. S’ajoutent d’autres aides à l’agriculture (PDRG, Feader, etc.) pour un total de 44M€.

L’intervig estime « qu’au moins 4 millions d’euros de crédits supplémentaires » sont nécessaires d’ici 2020 pour permettre à aux filières de poursuivre leur développement et leur structuration.

L’interprofession est actuellement en train de réaliser une étude « dont les résultats partiels démontrent d’ores et déjà que tous les maillons de la chaine, de la production jusqu’à la distribution, en passant par la transformation et la logistique sont tous déficitaires. »

En 2012, la Guyane comptait quelques 6.000 exploitations agricoles, réparties sur une surface de plus de 25.000 hectares (250km² de Surface Agricole Utilisée). Cette surface – dont 40% est dédié à l’élevage bovin – a augmenté de 8% entre 2000 et 2010. ES

Source:: Lekotidien

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