Les briques tombent chez papi et mamie Lee

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PAPEETE, le 23 juillet 2015 – Les mésaventures de papi et mamie Lee, deux matahiapo emmurés dans leur maison au quartier de la Mission, touchent-elles à leur fin ? Christian Petit, le voisin qui a construit le mur si polémique, en a cassé deux dans la matinée. Mais les procès continuent.

Les épisodes précédents :

>>> Papi et mamie Lee emmurés chez eux

>>> Le procureur à la rescousse de Papi et Mamie Lee

>>> Papi et Mamie Lee enfin libérés

>>> Les papis emmurés : L’entrepreneur se défend

Résumé de l’affaire :

Nous vous parlions de cette affaire en juin. À ce moment cela faisait 9 mois que les vieux Lee étaient emmurés chez eux. Leur voisin, Christian Petit, avait construit un mur de clôture sur son terrain, mitoyen du lot des Lee, afin de commencer à y réaliser des travaux d’aménagement. Sauf que c’était également le seul accès vers l’extérieur pour les Lee… Cet entrepreneur nous a expliqué lors de la polémique qu’il avait remporté quatre procès contre les Lee, la justice décidant à plusieurs reprises qu’il était dans son droit car la servitude des deux matahiapo se situe, selon le cadastre, de l’autre côté de leur maison. Les Lee auraient dû rouvrir leur servitude à l’arrière pour lui laisser profiter de son propre terrain.

Le couple Lee, lui, restait ferme. Ils expliquent qu’ils ne sont pas passés par derrière depuis plus de 36 ans, et qu’aujourd’hui cette servitude virtuelle est la cour d’une famille nombreuse. Historiquement, ils sont les premiers à avoir construit leur maison sur ces lots, et lorsque monseigneur Michel Coppenrath leur a demandé de changer de chemin d’accès pour permettre la construction de nouvelles maisons vers l’intérieur de la vallée, ils ont muré l’arrière de la maison, pensaient-ils pour de bon. Ils avaient l’appui du Camica, ancien propriétaire des lots vendus à M. Petit. Le bras foncier de l’Église a dénoncé en justice un changement de dernière minute dans les actes notariés de la vente à M. Petit qui a fait disparaitre la servitude prévue dans le contrat initial… Mais les juges ont tranché contre le Camica.

Quel que soit le débat, le procureur José Thorel s’en est mêlé lorsqu’il a réalisé que les deux anciens étaient effectivement emmurés chez eux. Il leur a conseillé de porter plainte à la police pour « le délit d’obstacle sur une voie ouverte à la circulation » (passible de 2 ans de prison et 500 000 Fcfp d’amende). A suivi la mise en garde-à-vue de M. Petit lors de son retour de l’étranger et l’ouverture d’une porte dans le fameux mur.

LES BRIQUES TOMBENT

Ce jeudi matin, il y avait de nouveau de la démolition chez les Lee. Cinq policiers étaient présents pendant que les équipes de Christian Petit agrandissaient l’ouverture et sortaient la voiture des Lee, enfermée avec eux depuis 9 mois. Ils ont aussi cassé le mur à l’arrière, rétablissant potentiellement cette ancienne servitude. « C’est une affaire assez complexe » analyse le procureur. « J’ai demandé à ce qu’on trouve une solution d’attente et que M. Petit fasse ces travaux à ses frais pour permettre au couple Lee de naviguer avec son véhicule, en attente d’une décision du tribunal civil sur la légalité ou nom de ce mur. Ce que je veux c’est que les époux soient désenclavés. »

Les briques tombent chez papi et mamie Lee
M. Petit a effectivement respecté cet accord : « J’ai démonté les murs, enlevé les gravats et lui ait donné un accès propre. Je me suis engagé à livrer sa voiture devant chez lui, à mes frais, pour éviter toute polémique. Ensuite je reconstruirai mon mur. J’ai fait ma part. Malheuresement il a fallu en arriver là, les Lee ont fait de la résistance, c’est comme ça. Néanmoins je suis satisfait parce que la loi a été respectée » se félicite-t-il. Il dénonce néanmoins l’insécurité dans laquelle il vit depuis cette histoire, avec deux vols chez lui en une semaine, des lumières allumées au milieu de la nuit sur sa terrasse… « Je crains pour mes enfants, je suis obligé de les renvoyer chez leur mère » assure-t-il.

Les briques tombent chez papi et mamie Lee
De leur côté, papi et mamie Lee, ne sont pas adeptes du compromis. « On habite là depuis 36 ans, et à aucun moment on est passé (à l’arrière), on a juste utilisé cette voie pour amener les matériaux pour construire la maison, mais on était tous seuls ici à l’époque, il n’y avait même pas d’eau ou d’électricité. Si on passe là-bas aujourd’hui, ils n’auront plus de cour, et c’est une famille nombreuse, ils ont quatre voitures, ils vont les garer où ? On ira en justice jusqu’au bout. Quand Petit a acheté le terrain, c’est lui qui a dit que tout est à lui, il nous a mis dehors et a envoyé les huissiers, il voulait nous faire payer 220 000 Fcfp. Sinon on ne serait pas allés au tribunal. Il faut voir la vérité, qui a créé tous ces problèmes-là, c’est pas moi. Tout d’un coup il nous a dit de passer par là-bas et que ici tout est à lui. »

Les briques tombent chez papi et mamie Lee

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Source:: Thaïti info

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