Electricité : Le SPER attaque le Pays pour dénoncer les « faveurs » accordées à l’EDT

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PIRAE, 18 août 2015 – Le syndicat polynésien des énergies renouvelables (SPER) a déposé deux recours devant le tribunal administratif demandant la nullité de la convention de délégation de service public pour la distribution électrique accordée à la SA EDT et le dernier arrêté fixant la subvention du FRPH.

Le Syndicat polynésien des énergies renouvelables (SPER) tente de faire bouger les lignes en profitant de la présence en Polynésie des deux experts de la Commission de régulation de l’énergie (CRE). Olivier Challan-Beval et Julien Janes réalisent actuellement une mission sur le territoire à la demande du Pays, dans le cadre d’une réflexion visant notamment à aboutir à la nouvelle formule tarifaire de l’énergie électrique en Polynésie française.

Une conférence de presse était organisée mardi matin, au Royal Tahitien à Pirae. Pour l’occasion, ce syndicat, forgé à partir d’un regroupement de professionnels du domaine des énergies renouvelables, a souhaité montrer l’image d’un « front commun entre porteurs de projets et usagers d’électricité« , selon les termes de Teva Sylvain, son président. Terii Valaux, l’auteur victorieux, mais longtemps seul, du recours devant la justice administrative contre la formule Petace, était à ses côté. Tout comme Jean-Louis Chailly, gérant de la SEPED ou encore un représentant du collectif Facebook Unis pour une électricité juste en Polynésie, réseau qui rassemble à ce jour près de 10 000 membres.

Electricité 2,24 fois plus chère

Le SPER annonce avoir déposé deux recours devant le tribunal administratif de Polynésie française contre le gouvernement polynésien. L’un demande la nullité de la convention de délégation de service public, entre le Pays et la SA EDT, pour la distribution électrique. Cette concession a fait l’objet d’une prolongation sans appel d’offres. L’autre vise à annuler le dernier arrêté du conseil des ministres qui a fixé, le 23 juillet dernier, la subvention du Fonds de régulation du prix des hydrocarbures (FRPH). Cette subvention est consommée à plus des deux tiers par l’EDT pour l’approvisionnement en fioul lourd de ses centrales thermiques.

Le syndicat dénonce une organisation de la production et de la distribution de l’électricité en Polynésie qu’il estime à l’origine de tarifs en moyenne 2,24 fois plus élevée ici que dans l’Hexagone, à La Réunion ou dans les départements français des Antilles. Le SPER insiste également sur des dispositions fiscales et réglementaires largement défavorables aux porteurs de projets dans le domaine des énergies alternatives au thermique, alors que le Pays prévoit dans le même temps de parvenir en 2020 à 50% d’énergie issue de sources renouvelables.

Le syndicat pointe du doigt des choix politiques qui « immobilisent » la collectivité dans « un modèle énergétique obsolète » alors même qu’une révision de la formule tarifaire de l’énergie électrique est actuellement à l’étude. Sur ce point, Teva Sylvain est catégorique : « elle ne pourra être véritable que si les actions que nous préconisons sont mises en place. La formule tarifaire n’est pas gérable, en l’état, pour la simple raison que le concessionnaire EDT est aussi le producteur d’électricité. (…) Cela donne lieu à des factures croisées impossibles à gérer. Le Pays doit légiférer pour que la distribution et la production d’énergie électrique soient assurées par des opérateurs distincts. Tant que les choses en resteront là, avec un opérateur qui fait tout à la fois, il sera impossible de parvenir à une formule claire du prix de l’électricité. Même Einstein n’y arriverait pas ! »

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Source:: Thaïti info

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