Les REP + : comment ça marche ? Les réponses du vice-recteur

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PAPEETE, le 18 août 2015. C’est la grande nouveauté de cette rentrée scolaire 2015-2016 en Polynésie française. Trois réseaux REP + sont déployés autour des collèges de Faa’a, Papara et des Tuamotu et dans les écoles qui les alimentent. Cela implique un vrai travail de concertation dans les établissements concernés, entre les collèges et les écoles primaires alentour. Entretien avec Jean-Louis Baglan, le vice-recteur de Polynésie française.

L’axe majeur de l’éducation prioritaire, telle qu’elle existe depuis quelques années en France métropolitaine est de répondre « au besoin exprimé par les enseignants d’avoir du temps de concertation » explique Jean-Louis Baglan, le vice-recteur. Ces établissements scolaires sont dotés de moyens supplémentaires pour faire face à des difficultés d’ordre scolaire et social de leurs élèves.

Sur le territoire, c’est une grande nouveauté, « il n’y avait pas de carte de l’éducation prioritaire jusque-là en Polynésie française. C’est une volonté des ministres de l’Education locaux, d’abord M. Leboucher puis Mme Sanquer d’entamer ce dispositif. On leur a demandé de déterminer quelques établissements en Polynésie française où les caractéristiques sociales des élèves, leurs résultats scolaires aussi n’étaient pas homogènes avec les moyennes du territoire » détaille Jean-Louis Baglan.

A la différence du dispositif REP + métropolitain calculé sur le nombre précis de boursiers des établissements scolaires, les ressources financières des familles, l’âge d’entrée des élèves en 6e ou le nombre d’élèves vivants dans les zones urbaines sensibles, les trois réseaux REP + polynésiens qui existent pour l’instant manquent de critères objectifs d’évaluation, faute de données fiables. Par exemple, il n’y a pas d’impôt, donc pas de déclarations de revenus sur le territoire et les attributions des bourses aux élèves ne reposent que sur des déclarations, difficilement vérifiables.

L’ETAT ACCOMPAGNE ET FINANCE

Il fallait pourtant bien commencer quelque part, en tenant compte de l’enveloppe financière débloquée par l’Etat (au moment du débat sur la loi de finances nationale). Car chaque année, les indemnités (indexées) ouvertes aux enseignants et aux équipes pédagogiques pour ces trois réseaux d’éducation prioritaire représentent 322 millions de Fcfp. Une goutte d’eau, comparés aux plus de 62 milliards de Fcfp annuels dépensés par l’Etat pour la rémunération des personnels de l’Education en Polynésie, mais qui traduit néanmoins une véritable volonté d’accompagnement.

Qui dit REP + en revanche, implique la création de réseaux entre les enseignants des collèges et des écoles concernés pour des objectifs d’amélioration des résultats scolaires en commun (qu’il faudra fixer et évaluer), des projets partagés, mais aussi en relation avec les municipalités. Des passerelles qui restent à initier sur le territoire. Enfin, la création d’un réseau dans les Tuamotu (avec les trois collèges et la quinzaine d’écoles répartis sur un chapelet d’atolls) va représenter un véritable défi. « Il y a tout un réseau à construire vraiment avec beaucoup de travail sur les liaisons numériques avec les difficultés objectives des connexions. On n’a pas choisi la facilité, c’est un véritable pari, mais je salue l’audace » conclut Jean-Louis Baglan.

Les REP + : comment ça marche ? Les réponses du vice-recteur
Trois réseaux REP + déployés pour 4 ans

Sont concernés actuellement par le dispositif des réseaux REP + en Polynésie française, le collège de Faa’a et l’ensemble des écoles de la commune qui alimentent l’entrée en classe de 6e au collège Henri Hiro. A Papara, le collège est classé REP + ainsi que les deux écoles (maternelle et primaire) de la Taharu’u mais pas les autres écoles élémentaires de la commune. Dans les Tuamotu, sont concernés les trois collèges de Hao, Rangiroa et Makemo et la quinzaine d’écoles de l’archipel.

Cette carte de l’éducation prioritaire en Polynésie française, la première du genre est établie pour une première période de quatre ans. Elle sera ensuite revue et peut-être même étendue à d’autres établissements ciblés, visiblement en besoin de moyens supplémentaires. « Mais avant de généraliser partout, il faut tester le produit et évaluer ses résultats » estime Jean-Louis Baglan, le vice-recteur.

Une cinquantaine de postes créés

Dans les réseaux REP +, des heures de service, en face-à-face avec les élèves, ayant été dégagées pour que les enseignants travaillent en concertation (avec les autres enseignants, avec les parents, avec les élèves…), il a fallu recruter pour que les élèves aient toujours le même nombre d’heures de cours. Le vice-rectorat a fait les calculs, au premier degré une brigade de 20 remplaçants spécialement affectés aux écoles REP + de Faa’a, Papara et des Tuamotu a été créée. Dans le secondaire pour les collèges de Faa’a, de Papara et les trois collèges des Tuamotu concernés, 28 emplois de professeurs certifiés (toutes disciplines confondues) supplémentaires ont été ouverts. Voilà qui répond à l’une des critiques des syndicats enseignants qui dénonçaient en fin d’année scolaire dernière que les réseaux REP + seraient déployés en Polynésie française sans moyens humains en plus.

Selon les textes qui régissent les dispositifs REP +, 10% du temps de service des enseignants dans ces réseaux doit être consacré à des missions de concertation, « les professeurs ont dit qu’ils auraient plus d’heures supplémentaires, ce n’est pas le but, puisqu’au contraire le déploiement des REP + doit permettre de dégager du temps pour la concertation » affirme Jean-Louis Baglan.

Quant aux effectifs des élèves en classe, les seuils doivent être abaissés. A Faa’a par exemple dans les 102 classes maternelle et primaire concernées (2230 élèves), il y a en moyenne 21 à 22 enfants par classe. Dans le secondaire, les seuils abaissés des effectifs concernent uniquement, cette année, les élèves de 6e qui disposeront ensuite des moyens REP + tout au long de leurs quatre années de scolarité en collège.

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Source:: Thaïti info

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