Le minerai de la discorde – Edito 20/08/2015

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Que se passe-t-il chez nos cousins calédoniens ? Quinze jours maintenant que le conflit dit des  » rouleurs fait rage. Ils s’opposent en fait au gouvernement au sujet de l’ouverture d’un canal d’exportation de minerai de nickel vers la Chine. Depuis hier les transporteurs de ce fameux minerai qui fait la richesse du caillou bloquent tous les points d’accès à Nouméa.

Nous avons déjà connu ça à Tahiti, souvent même, on ne peut donc que compatir avec les habitants de la capitale de la Nouvelle Calédonie qui ne peuvent plus rentrer ni sortir de la ville, seules les véhicules de secours y sont autorisés. L’activité économique est paralysée et aujourd’hui le mouvement devait se durcir encore et s’étendre à des localités périphériques de Nouméa.

Les nerfs sont mis à dure épreuve, une tension qui s’amplifie et qui a conduit à l’utilisation d’une arme à feu par deux fois ces derniers jours, une balle a été tirée sur le bureau du gouvernement ne faisait aucun blessé, et hier par contre, c’est un tir sur un véhicule de gendarmerie qui a fait mouche, un agent des forces de l’ordre est à l’hôpital, sa vie n’est heureusement pas en danger.

Mais quel est le souci à la base ? En fait, la Nouvelle Calédonie est de moins en moins l’Eldorado du Nickel, elle est confrontée à une concurrence féroce, justement de la part de la Chine ou encore des Philippines et de l’Indonésie. Les cours ont baissé, trop baissé.

Vexés d’un manque de reconnaissance, de ne pas être intégrés dans les discussions institutionnelles quant à la stratégie du Pays autour du Nickel, on a l’impression que les rouleurs ont pris le motif de l’exportation de latérites à la Chine comme prétexte de quelque chose qui limite les dépasse, une nouvelle donne mondiale sur ce marché dont ils sentent perdre pied. Et évidemment tout cela dans un contexte des accords de Nouméa et du futur référendum d’autodétermination. Il y a des peurs, certaines rationnelles, d’autres moins. L’occasion bien entendu de tout mettre sur le tapis. Le Président du Congrès Calédonien Thierry Santa, indique pourtant que ce sont les demandes d’autorisation d’exportations de minerais à faible teneur en Nickel qui sont à l’origine du conflit. Les rouleurs s’imaginent pourtant déjà avoir de moins en moins de marchandise à transporter et se retrouver au chômage.

Nous avons longtemps envié nos cousins calédoniens d’avoir une telle richesse à produire et exporter mais il semblerait que ce ne soit plus aussi simple que cela, et que la manne n’en soit plus une pour très longtemps, quand à la crise économique, à la concurrence mondiale, on ajoute la quête identitaire et la peur d’une indépendance loupée c’est loin d’être Nickel Chrome.

Source:: Radio 1

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