Calédonie: durcissement du mouvement des camionneurs de nickel

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Nouméa, France | AFP | vendredi 21/08/2015 – Les routiers transporteurs de nickel ont durci leur mouvement vendredi et bloqué tous les accès à Nouméa ainsi que plusieurs points névralgiques de l’intérieur de la Grande Terre après l’échec des négociations avec le gouvernement calédonien.

Aucune sortie ni entrée dans Nouméa n’a été possible toute la journée, excepté pour les véhicules d’urgence. La plupart des magasins du centre-ville sont restés fermés, des barrages filtrants ont été installés dans diverses communes de la brousse et l’entrée du Port Moselle, la plus importante marina de Nouméa, a été entravée par des remorqueurs et des barges.

D’après la Chambre de commerce et d’industrie (CCI), 30 à 80% des salariés n’ont pu se rendre à leur travail vendredi. « Certaines entreprises du BTP ont arrêté des chantiers faute de main d’œuvre ou de possibilité d’approvisionnement », a-t-elle précisé.

Le Haut-Commissaire de la République, Vincent Bouvier, a jugé la situation « extrêmement préoccupante » et a dénoncé les atteintes à la liberté de circulation. Tout en « n’excluant aucun moyen ni aucune méthode », M. Bouvier a appelé les parties à « aller au bout du dialogue« .

Après une dizaine d’heures de négociations, un protocole d’accord entre les transporteurs de minerai et le gouvernement a été rédigé jeudi soir, mais les rouleurs ont refusé de le signer après avoir consulté leur base.

Les rouleurs, petits patrons qui transportent le minerai de la mine jusqu’au port, souhaitent l’ouverture d’une filière d’exportation vers la Chine, pour remplacer la baisse des exportations vers l’Australie.

Un point que le président du gouvernement, Philippe Germain, proposait de soumettre à une réunion le 27 août des acteurs politiques chargés de définir la stratégie du nickel pour la Nouvelle-Calédonie, à savoir le Groupe de travail des présidents et signataires de l’accord de Nouméa (GTPS).

Mais les rouleurs ont estimé cet engagement insuffisant. « Le président du gouvernement n’a pas voulu garantir par écrit qu’il délivrerait les autorisations demandées. Sans ces garanties, il nous était impossible de signer le protocole« , a déclaré Wilfrid Maï, vice-président de ContraKmine, le syndicat des contracteurs miniers de Nouvelle-Calédonie. « Dès qu’il les garantira, le mouvement s’arrêtera« , a-t-il ajouté.

« Il n’y a pas de problème d’exportation. Les mineurs veulent imposer une nouvelle approche car nous sommes en période de définition de la stratégie. Il n’y a aucune urgence à se précipiter parce que la Chine est à la recherche de minerai partout », a rétorqué Philippe Germain.

La situation a été qualifiée « d’alarmante » par la CCI qui a appelé à un « assouplissement temporaire des mesures d’exportation du nickel » pour apaiser les tensions.

Pour sortir du conflit, Wilfrid Maï a proposé la nomination d’un médiateur et a avancé le nom du président de l’Union Calédonienne (UC,indépendantistes), Daniel Goa.

ap/ag/sla/bir

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Source:: Thaïti info

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