L’animal de compagnie, ami et remède

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Entre ses cheveux rapidement attachés et ses vêtements pratiques, Patricia Jacquet ne cherche pas à être coquette, et pour cause : juste derrière elle, une petite chienne au regard malicieux et aux poils brillants la suit avec enthousiasme et n’hésite pas à sauter sur ses genoux ou à se frotter affectueusement contre elle. A 55 ans, Patricia Jacquet consacre sa vie aux animaux de compagnie. Une passion désormais devenue un métier. Dans sa maison située sur les hauteurs de Saint-Marie, elle a déjà recueilli une dizaine d’animaux. « Avec ma famille, on a commencé par recueillir des chiens ou chats, et on avait eu l’idée de garder des animaux dont les propriétaires étaient en vacances ou à l’hôpital » se remémore la chef d’entreprise.

Elle est effectivement à l’origine d’une structure baptisée les « Animascottes ». Aujourd’hui, le coeur de travail de l’entreprise est la médiation animale. Le concept : faire intervenir un animal, que ce soit un chien, chat ou petit rongeur auprès d’une personne fragilisée. Patricia Jacquet précise le déroulement des séances : « On fait intervenir un animal pour apporter un mieux-être au patient, ça peut être un enfant polyhandicapé ou un malade d’Alzheimer ». S’opère une relation en triade entre le patient, l’animal et Patricia. Cette dernière se remémore l’une de ses sessions avec un adulte trisomique. « Il ne voulait pas toucher les animaux et je suis donc intervenue avec un lapin, il y avait une couverture sur l’animal pour qu’il puisse y aller progressivement » relate l’animatrice.

En ce qui concerne l’impact sur le patient, il peut être « d’ordre émotionnel ». L’animal devient alors « une porte pour renouer avec le lien social » et peut également « combler un manque affectif ». Cette activité, que Patricia Jacquet lance cette année, peut s’inscrire dans le cadre de thérapies auprès de personnes aux capacités motrices ou psychologiques touchées. La créatrice des Anismacottes tient à souligner que la médiation animale nécessite des « connaissances pratiques et théoriques de l’univers animalier ».

« Nous ne remplaçons pas le vétérinaire ni les ostéopathes »

Ancienne conseillère en insertion sociale et professionnelle, Patricia Jacquet a toujours gardé sa passion à l’esprit… et en pratique. Elle reçoit en premier lieu une habilitation de la direction des services vétérinaires de la préfecture avant de sauter la mer à la fin de l’année 2014 pour se former en médiation animale dans deux instituts. « J’ai été briefée dans le sens théorique et pratique à travers des stages, notamment sur l’éducation des chiens médiateurs » indique t-elle. Incollable sur les comportements des animaux de compagnie, elle reçoit son certificat.

Cerise sur le gâteau, elle suit une formation sur le massage canin avec un spécialiste américain. Une pratique peu connue sûr l’île, et similaire au massage « humain ». Il s’agit de détendre les muscles du chien et de le relaxer en cas de stress. La pratique s’adresse à tous les chiens, notamment âgés ou en situation post-opératoire. Patricia le réalise régulièrement sur un de ses propres chiens, privé d’une patte arrière droite. Elle précise : « Je n’interviens que sur les directives du vétérinaire, je n’interviens jamais sans ordonnance, nous sommes là pour favoriser le mieux être du chien mais pas pour remplacer le vétérinaire ni les ostéopathes ».

Médiation animale, massage canin : les Anismacottes ont autant à coeur le bien être des animaux que leur formation. Un des chiens de Patricia, Joudy, a d’ailleurs « deux casquettes ». La chef d’entreprise commente en souriant : « Joudy a huit mois, elle est toute jeune, elle sera opérationnelle plutôt en fin d’année, elle est à la fois chargée des relations publiques et elle pourra intervenir sur le terrain ».

Comprendre les bons codes canins

Le futur terrain souhaité par l’animatrice est d’abord le milieu scolaire. Elle souhaite effectivement intervenir sur un autre sujet qui lui est cher, la prévention des morsures. Un livret intitulé « Ian et compagnie » est prévu afin de rendre compte des risques principaux et des comportements à adopter. « L’idée, c’est de comprendre le langage des chiens et connaître les bons codes car les morsures sont souvent provoquées par des erreurs de langage canin » déplore t-elle. Avec ses boules de poils, Patricia espère ainsi mettre en place des ateliers de sensibilisation auprès des enfants de trois à cinq ans afin des les éduquer sur ce thème. Selon elle, la majorité de ces morsures peut être évitée : « 60 % des morsures se font par des animaux connus des victimes, cela démontre bien les erreurs de positionnement des propriétaires » illustre t-elle.

L’association a tenu un stand au salon Zanimos : l’occasion de rencontrer des enfants et professionnels intéressés. Si la médiation animale, le massage canin ou encore la prévention des morsures peuvent être proposées par des associations, Patricia Jacquet est sans doute la seule professionnelle à proposer l’ensemble de ces activités. Elle espère pouvoir intervenir auprès des écoles ou personnes âgées cette année, au plus tôt. « Les Réunionnais s’intéressent à ce genre de service, mais il faut les sensibiliser pour qu’ils puissent faire appel à nous » estime l’animatrice. Ce qui est sûr, c’est que câliner un chien ou un chat n’a jamais fait de mal à personne… et pourrait bien faire office de remède au manque affectif et à la solitude.

Maëva Pausé pour www.ipreunion.com

Source:: IP reunion

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