Les meilleures images sexistes récompensées

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À l’occasion de la Saint-Valentin, la page Facebook Antisexiste, je perds mon sang froid, qui rassemble des Calédoniennes et des Calédoniens, a lancé son concours annuel récompensant les publicités les plus sexistes. Pour la deuxième année, le public récompensera les  » meilleures » représentations de la femme. Les auteurs recevront les Jean PeuPlu Awards à l’issue des votes du public le 8 mars, la Journée de la femme. Attention, ça peut piquer les yeux !

Une jeune femme à moitié nue chevauchant un thon pour vendre des produits surgelés, des femmes plantureuses retouchées de manière éhontée pour faire la promotion de soirées ou encore en petite tenue pour vendre des tronçonneuses… C’est un petit aperçu du sexisme ordinaire que l’on peut trouver en Nouvelle-Calédonie. Le territoire n’a pas à rougir de sa production annuelle de clichés et autres stéréotypes qui dégrade la femme ou en font un objet, sexuel, la plupart du temps.

Pour la deuxième année, le groupe Antisexiste, je perds mon sang froid propose aux internautes de voter pour une sélection des meilleures publicités a n de désigner les plus sexistes sur la page Facebook du collectif. Lancé le 14 février, jour de la Saint-Valentin et extrêmement riche en annonces ridicules et sexistes, le concours s’achèvera le 8 mars, un autre jour où les créatifs s’en donnent à cœur joie, celui de la Journée de la femme, souvent synonyme d’atelier de manucure, de fitness et plus généralement de soin du corps. Les meilleurs recevront les Jean PeuPlu Awards.

Lutter contre le sexisme ordinaire

L’idée du collectif est de lutter contre le sexisme ordinaire qui fait intégralement partie de notre quotidien, au point que l’on ne s’en rend presque plus compte. Antisexiste, je perds mon sang froid l’identifie et le diffuse à nouveau mais avec un petit message drôle a n que les gens prennent conscience du problème. Comme le souligne Charlotte, membre du collectif,  » le sexisme est un iceberg. Une des parties visibles sont les violences faites aux femmes. Mais pour en arriver là et justi er ces violences, il faut que les femmes soient inférieures ». Et c’est là que le sexisme ordinaire entre en jeu, en présentant à tout bout de champ des images dégradantes pour la femme, dans lesquelles le corps est réduit à un objet de désir ou alors les femmes apparaissent tout simplement comme des faire- valoir stupides.  » Toute image de domination de la femme participe à cet inconscient collectif, ce n’est pas anodin », insiste Charlotte.

Quelques prises de conscience

Et l’inconscient se construit dès le plus jeune âge, à l’image de cette maîtresse qui oblige les filles à dessiner leurs mamans et les garçons leurs papas. Si un comité d’éducation à l’égalité à l’école a vu le jour en 2014, il reste de gros progrès à faire. Il suffit de passer quelques minutes dans une cour d’école pour s’en convaincre. Au-delà des quelques initiatives pour promouvoir l’égalité, il existe un silence étrange autour de cette question. Si #BalanceTonPorc ou #MeToo n’ont pas trouvé d’écho sur le territoire, peut-être en raison de la petite taille de la Calédonie, aucune ni aucun responsable politique n’a jugé opportun de lancer le débat public sur cette question qui mine pourtant la société calédonienne, à l’instar de nombreuses autres sociétés à travers le monde. Penser pouvoir régler la question des violences faites aux femmes sans changer les représentations mentales relève de l’utopie. Ce constat se traduit également par une absence de politique publique en la matière malgré de grands discours incantatoires qui ne débouchent sur rien.

Il y en aura toujours pour crier au  » féminazisme », au manque d’humour, il est effectivement beaucoup plus confortable de dénigrer celui que l’on domine, en l’occurrence, la femme et qui plus est si elle est noire. Les femmes noires ont cette spécificité qu’elles subissent une double discrimination, du fait de leur genre, mais aussi de leur origine. Mais comme le note le collectif, le message parvient parfois à dépasser le cercle des convaincus. Certaines publicités ont, par exemple, été modifiées après avoir été pointées sur la page Facebook. Des dialogues s’instaurent parfois avec certains décideurs qui avaient parfois juste besoin d’un petit rappel pour prendre conscience du problème. Autant de retours positifs qui confortent le groupe du bien-fondé de son action. À vos claviers.

M.D

Source:: DNC

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