Un premier comité de suivi pour la Taharu’u

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PAPARA, le 28 juillet 2015. Deux ans après l’annonce de l’aménagement des berges de cette rivière de Papara, et alors que la tranche 1 des travaux est déjà effectuée, le premier comité de suivi s’est réuni hier. Face au ministère de l’Equipement toujours les mêmes réticences de certains riverains, peu convaincus.

La rivière Taharu’u n’est décidément pas un long fleuve tranquille. Ses berges ont été fragilisées, entre autres, par quarante ans d’exploitation mal coordonnée de ses agrégats et par des constructions trop prégnantes et qui se sont multipliées. En 2013, pour la première fois le Pays décidait d’aménager cette rivière pour consolider ses berges en tenant compte des crues décennales ravageuses pour cette rivière dont le débit est extrêmement rapide. Le but de ces travaux titanesques sur six ans (et dont le budget dépasserait à présent les deux milliards de Fcfp) est la protection des propriétés privées qui longent cette rivière mais aussi de la plage en aval.

Toutefois les premiers travaux d’aménagement de la rivière ont été mal accueillis, d’autant que la méthode -que le gouvernement voulait exemplaire sur la Taharu’u- n’a pas été suivie à la lettre. Les entreprises intervenantes ont ainsi été accusées de se livrer à des extractions non autorisées et les habitants se sont inquiétés d’une atteinte à la largeur de la plage de la Taharu’u site de surf bien connu et très fréquenté par les familles.

Aussi le comité de suivi qui commence à peine son travail a du pain sur la planche. Et cette concertation aurait sans doute mérité de commencer depuis longtemps. Hier matin, en mairie de Papara, le ministre de l’Equipement Albert Solia a seulement assisté au début de la séance, laissant ensuite le dialogue s’instaurer entre les associations, les riverains et les techniciens de son ministère. « La solution est dans la concertation : quand on ne tient pas compte des avis, il y a conflit. Nous poursuivons tous le même objectif: faire de cette rivière un lieu sans risque tout en permettant à l’environnement de trouver toute sa place« . »Je me rappelle avoir dit au début de ce projet que je voulais que ce chantier soit pilote dans son domaine, car nous avons des rivières partout à canaliser et à régler et nous aurons les mêmes problèmes partout » ajoute Albert Solia.

Un premier comité de suivi pour la Taharu'u
UNE ZONE DE STOCKAGE A ATIMAONO

Le vœu parait pieux à certains. La question des extractions se pose encore et toujours. En abaissant le lit de la rivière, en reprofilant le cours d’eau, « on creuse la rivière pour lui donner un lit suffisant pour laisser passer une crue décennale » explique le directeur du service de l’Equipement, Jean-Paul Le Caill. Bilan, depuis que les travaux ont commencé sur la Taharu’u il y a déjà 60 000 m3 de cailloux stockés qui devront être évacués prochainement. 60 000 m3 sur les 250 000 m3 qui sortiront d’ici l’achèvement de l’aménagement de la Taharu’u. Mais ces agrégats, il faut les sortir. « Si on ne les enlève pas, ils vont repartir dans la rivière. Il faut les enlever avant qu’une crue arrive« . Ce qui réduirait à néant tout ce qui a été entrepris depuis. Le Pays prévoit une zone de stockage temporaire à Atimaono, un site encore vierge du Pays mais gardienné.

« Ces matériaux serviront uniquement aux travaux menés par la Direction de l’Equipement pour les routes, c’est un engagement que le ministre a tenu devant les élus de l’Assemblée de Polynésie » rappelle encore Jean-Paul Le Caill. Rappelant que ces matériaux sont précieux, il est précisé que les camions qui effectueront le transport de la Taharu’u à Atimaono seront pointés « au départ et à l’arrivée« . Deux personnes seront recrutées spécialement pour ce contrôle. Toutefois rien n’est encore vraiment acté à ce sujet, ce qui sera fait de ces matériaux issus de l’extraction sera inclus dans un prochain d’appel d’offres qui sera lancé au mois d’août prochain et ne sera pas effectué avant, au mieux, le mois d’octobre. D’ici là, il faudra convaincre des riverains de laisser le passage à la noria de camions qui vont sortir ces matériaux.

La disponibilité foncière est une autre question délicate dans ce projet d’aménagement de la Taharu’u. Pour intégrer ce cours d’eau dans un véritable projet paysager et du cadre de vie, il est prévu une fois que les berges seront entièrement restaurées sur près de 3 km de l’embouchure en amont, qu’elles soient végétalisées et arborées avec des espèces endémiques locales, de quoi créer une promenade sur berges. Mais il faut pour cela que près de 70 propriétaires en bordure de la rivière acceptent de céder une bande de terre ; pour l’instant 21 ont clairement accepté. « Si on ne peut pas trouver un accord, il faudra passer par une déclaration d’utilité publique car il faut aller au bout de ce projet. S’arrêter dans les aménagements en cours de route serait une catastrophe pour des raisons de sécurité » affirme encore le directeur de l’Equipement.

Bref, la concertation est lancée, le comité de suivi se réunira désormais tous les mois pour aborder au fur et à mesure les questions qui se posent, mais la ligne de conduite principale de cet aménagement de rivière, en dehors de quelques concessions, est celle qui a été déterminée au début du projet. Ce que regrette justement Claudine Tuarau, la présidente de l’association Ia Ora Taharu’u. « On a la confirmation que le Pays va continuer ce qu’il a prévu. Quoiqu’on dise quoiqu’on fasse, ils ont raison, ils ont leurs arguments en mettant en avant la sécurité des riverains. Mais nous resterons vigilants« .

Un premier comité de suivi pour la Taharu'u

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Source:: Thaïti info