«En Marche» pour les législatives: à ce stade seulement 5 candidats investis Outre-mer, aucun à Mayotte

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Richard Ferrand, secrétaire général du mouvement En Marche!, dévoile une liste de 428 candidats

Pour les élections législatives, le candidat Macron n’a cessé de promettre plus de la moitié de nouveaux candidats pour un profond renouvellement du personnel politique mais aussi une autre petite moitié de politiques chevronnés. Et de fait, au moment où son mouvement dévoile les candidats choisis, partout en France, de nouveaux visages font leur apparition en ce début de campagne législative… Mais on ne les connaît pas encore tous. Ainsi, Richard Ferrand, le secrétaire général d’En Marche! a dévoilé une liste de 428 candidats mais il a indiqué qu’il reste encore 148 candidats à investir, particulièrement dans les Outre-mer.

Mayotte mais aussi la Guyane, la Polynésie, la Nouvelle-Calédonie, Wallis-et-Futuna et Saint-Pierre et Miquelon ne connaissent pas encore leurs candidats.

On ne connaît que 5 candidats ultramarins: à La Réunion, Léopoldine Settama-Vidon et Thierry Robert ; en Martinique, Chantal Magnant et Max Orville ; en Guadeloupe, Olivier Serva ; à Saint-Martin/Saint-Barthélémy, Ines Bouchaut Choisy.

 » Nos candidats signent le retour définitif des citoyens au cœur de la vie politique et c’est avec eux que projet sera mis en oeuvre, a indiqué Richard Ferrand.

Un recrutement d’un nouveau genre

Autant que les candidats, ce sont les méthodes mises en œuvre pour les choisir qui ne cessent de surprendre. Sarah Mouhoussoune, la responsable du comité En Marche! à Mayotte confiait hier au JDM que les militants sont un peu déboussolés par cette pratique nouvelle: « On pensait qu’une réunion serait proposée pour qu’on s’exprime sur les candidats locaux, mais il n’en est rien, tout est décidé au sein de la commission d’investiture à Paris. C’est à la fois stressant de ne pas savoir qui a postulé, et à la fois pas mal de ne pas interférer avec les décisions».

La méthode choisie permet en effet au mouvement de s’affranchir d’éventuelles « baronnies» locale ou de la présence encombrante de figures qui ne seraient pas à même de porter les exigences du mouvement. Pour les visages nouveaux, le cahier des charges était renouvellement, métissage, parité femmes-hommes et probité, avec des candidats qui doivent avoir des casiers judiciaires vierges. Pour les sortants, l’objectif était d’investir des élus qui ont fait leur preuve et qui seront fidèles au projet du président élu.

Candidatures par internet

Il y a plusieurs mois, En Marche! a lancé un appel à tous ceux qui souhaitaient être candidats -nouveaux et sortants- pour qu’ils se manifestent par internet. Il fallait alors répondre à de nombreuses questions, fournir un CV et une lettre de motivation. Plus de 19.900 candidatures ont été reçues. Et c’est ensuite une commission d’investiture, constituée autour de l’ancien président du Conseil économique, social et environnemental Jean-Paul Delevoye, qui décidait. Autrement dit, le mouvement applique des méthodes de recrutement dignes des entreprises, pour choisir aussi bien des profils issus de la société civile que des élus sortants.

 » Nous avons reçu 1.900 candidatures dans les dernières 48 heures que nous souhaitions traiter avec beaucoup de respect, a indiqué Jean-Paul Delevoye, pour justifier les retards dans l’annonce, d’abord prévu à 13h (à Mayotte), puis à 15h30 et finalement à 17h00.

Sarah Mouhoussoune

Sarah Mouhoussoune, responsable du comité En Marche! à Mayotte

Ce  » casting avait de quoi déstabiliser les militants… comme l’absence totale de fuites. Lorsque le JDM demandait à Sarah Mouhoussoune si Max Dubois, le référent Outre-mer pour En Marche! oriente les candidatures, la réponse est claire: « Non, pas du tout, il n’a pas eu son mot à dire! Et rien n’a filtré».

Les réactions sur le terrain

La liste dévoilée de 428 candidats (214 hommes et 214 femmes) est donc bel et bien une découverte pour tout le monde, y compris les commentateurs politiques parisiens, habitués à disposer d’informations en primeur. Seule l’identité des 14 premiers candidats avait été publiée au début du mois d’avril.

Le risque est évidemment que les personnalités choisies ne suscitent pas l’adhésion sur le terrain. Sarah Mouhoussoune prévenait d’ailleurs que « si les personnes proposées n’étaient pas à nos côtés lors de la campagne, ça va être compliqué de les soutenir».

Pour connaître le  » casting mahorais, il faudra donc encore attendre. La totalité des candidats sera connue d’ici à mercredi prochain, date limite pour déposer les dossiers de candidature.

RR
www.lejournaldemayotte.com

Source:: Le journal de mayotte