Monique Orphé : « Ce n’est pas une étiquette qui fait que l’on est socialiste »

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Officiellement investie La République en Marche !  » dans la 6e circonscription, la députée sortante, Monique Orphé, revient sur le feuilleton qui a émaillé son investiture, et donne les raisons de son choix d’avoir décidé de concourir sous cette étiquette et non celle du PS. Entretien.

Zinfos974 : Monique Orphé, vous avez reçu l’investiture La République en Marche (REM) à l’occasion de ces élections législatives dans la 6e circonscription au détriment de Karine Nabénésa. Pourquoi avoir choisi de concourir sous cette étiquette et non celle du Parti socialiste ?

Monique Orphé : Cela suit une certaine logique dans l’engagement que j’ai pris il y a plusieurs mois en soutenant Emmanuel Macron. Je rappelle que si j’ai rallié son programme c’est parce que je le trouvais équilibré par rapport aux attentes des Réunionnaises et des Réunionnais.

Quand on parle de la suppression de la taxe d’habitation pour 80% des ménages, cela parle aux gens. Sur la prime d’activité que l’on augmente de 50% ou encore la suppression du RSI, cela parle aux gens. Je me suis positionnée sur ces mesures.

Je me suis positionnée également pour peser sur le candidat du second tour dans la mesure où la gauche était dès le départ divisée, on voyait très bien que cela allait être difficile de voir un candidat de gauche être sélectionné pour le second tour. Chez Emmanuel Macron, on sent cette volonté d’associer largement des élus de droite, des élus de gauche mais aussi des personnes issues de la société civile pour faire avancer un projet.

Pour vous répondre sur le Parti socialiste, je suis et je resterai de gauche. Ce n’est pas une étiquette qui fait que l’on est socialiste mais les mesures que l’on porte. Pendant cinq ans, j’ai porté des mesures progressistes. Quand j’ai travaillé sur la loi Santé, j’ai apporté ma contribution avec la généralisation du tiers payant, la loi sucre ou encore sur les grossesses précoces. Je me suis également démenée pour que La Réunion soit un territoire prioritaire pour les emplois d’avenir.

Je suis d’une gauche progressiste parce que je pense qu’il faut avoir des réformes qui évoluent avec le temps. Dans la loi Travail par exemple, j’ai fait un rapport sur les comptes personnels d’activité pour permettre aux salariés de se former et de changer d’emploi lorsqu’ils le souhaitent. Quand on généralise la garantie jeune, qui était appliquée de manière expérimentale à La Réunion c’est parce que j’ai pesé sur ces décisions. Une de mes propositions dans cette loi Travail, à savoir l’application des conventions collectives à La Réunion, à d’ailleurs été retenue et entrera en application le 1er avril 2017. Voilà le travail que j’ai mené ces cinq dernières années : il ne s’agit pas de dire que l’on veut être député, mais député pour faire quoi ? Pour moi, il s’agit de porter les dossiers de La Réunion.

Quel bilan retenez-vous de ces cinq années passées à l’Assemblée nationale ?

Pendant cinq ans, j’ai travaillé au sein d’une majorité, j’ai fait avancer des dossiers et il s’agit aujourd’hui de ne pas perdre ces avancées là. Il faut faire en sorte que les problèmes qui me sont revenus aux oreilles soient désormais portés par le président de la République. Ensuite, j’ai été choisie, c’est bien, mais maintenant je le sais aussi, et il faut rester humble, une investiture ne fait pas une élection. C’est le travail que j’ai effectué, c’est aller à la rencontre des électeurs et faire en sorte de convaincre sur un programme que je proposerai aux électeurs de ma circonscription.

Vos électeurs comprendront-ils votre choix de rejoindre Emmanuel Macron ?

Sur ce choix là, j’ai eu raison. Nous l’avons vu avec le score très élevé du Front National : il y a une vraie défiance des partis traditionnels, de gauche ou de droite. Moi j’ai choisi un candidat qui a été validé par les Français et les Réunionnais.

Cela ne vous dérange pas qu’Emmanuel Macron ait choisi un premier ministre de droite ?

Là aussi, je suis à l’aise. Emmanuel Macron a fait le choix de rassembler largement. Édouard Philippe, un proche d’Alain Juppé, est un centriste issu d’une droite modérée. L’objectif qu’aura Édouard Philippe sera de mettre en musique le programme d’Emmanuel Macron. C’est ça qui m’intéresse : en cas d’élection, je serai dans cette majorité présidentielle pour oeuvrer pour La Réunion comme je l’ai fait pendant 5 ans et je veillerai à ce que les engagements pris par le président de la République et gouvernement soient bénéfiques pour notre territoire. C’est ce qu’attendent les électeurs réunionnais : qu’il y ait des élus locaux qui travaillent pour La Réunion.

Monique Orphé :
Êtes-vous exclue du Parti socialiste ?

Non, je n’ai plus l’investiture PS. Je recevrai certainement une décision écrite confirmant cette décision mais jusqu’à ce jour, je n’ai pas été exclue du parti. Demain, je prendrai ma place dans le débat au sein du Parti socialiste parce que je crois que nous avons à nous remettre en cause. Le PS doit s’ouvrir et doit peut-être même changer de nom. Il faut faire entrer des personnes issues de la société civile, des sympathisants qui sont là avec nous, à condition de revoir notre ligne idéologique. Est-ce qu’on est vraiment au plus proche des attentes des Français ? La question peut se poser.

Comment abordez-vous ces législatives ? Vous allez croiser sur votre route des connaissances comme Yvette Duchemann, élue comme vous à la mairie de St-Denis et à la CINOR…

Chacun est libre de se présenter. Maintenant encore une fois, il s’agit de se présenter pour défendre les Réunionnais. Moi, j’ai un bon bilan, qui a même été reconnu (« Monique Orphé, première députée de La Réunion « influente » à l’Assemblée nationale »). Je reste donc très sereine par rapport au travail que j’ai mené ces cinq dernières années. J’ai également un programme qui va dans la continuité de ce que j’ai effectué jusqu’à maintenant. Je parle beaucoup du pouvoir d’achat des travailleurs modestes mais aussi des petites retraites, que le président de la République veut augmenter de 100 euros. Il y a des petits agriculteurs qui ont des petites surfaces et n’ont pas de quoi vivre, il faut trouver des solutions.

Bien sûr il y a toutes les mesures économiques pour nos jeunes mais aussi pour les entreprises. Par exemple à Sainte-Suzanne, il est inadmissible qu’il n’y ait pas de zone franche alors que c’est le cas à Saint-Denis ou à Saint-André. Il y a des bassins d’emplois à redynamiser qui s’appliquent en métropole, dont j’aimerais voir le pendant à La Réunion. Enfin, il y a une chose qui me tient à coeur et que j’aimerais initier dans ma circonscription : les ‘forums citoyens’. Je me suis rendue compte en travaillant sur des lois que je faisais des auditions mais surtout avec des personnalités, des syndicats…La population, elle, n’était pas consultée.

À chaque fois que j’interviendrai sur une loi, je ferai une consultation citoyenne pour demander aux gens leur avis, c’est une façon aussi de les associer à mon travail parlementaire. De plus, cela leur permettra de savoir ce que je vais porter au niveau de l’Assemblée nationale pour améliorer des textes de loi.

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Source:: Zinfo974

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