SPL RMR : le conseil d’administration convoqué par Didier Robert était-il légal ?

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C’est la question que se posent depuis hier certains des membres du conseil d’administration de la SPL RMR (Réunion des musées régionaux) dont la réunion a eu lieu dans l’après-midi du mardi 15 janvier. Rappelons que la SPL RMR dont le Pdg était Didier Robert avait fait la Une de l’actualité locale fin de l’année dernière lorsque le salaire net mensuel de 6 800 euros de ce dernier a été dévoilé sur la place publique. Puis, Didier Robert s’était fait payer par rétroactivité une somme importante dépassant les 200 000 euros. En réalité, il avait déjà perçu 74 000 euros et devait recevoir dans un deuxième temps un chèque d’un peu plus de 111 000 euros. Mais entretemps, le Quotidien avait révélé l’affaire. Et, Didier Robert, très remonté, avait organisé une conférence de presse pour démentir cette information, en annonçant qu’il allait créer une fondation pour pouvoir utiliser les 111 000 euros au profit des actions culturelles et scientifiques.

Sauf que, dans un rapport relatif à la gestion de la SPL RMR, la Chambre régionale des comptes a contesté la légalité de cette rémunération. Le 20 septembre dernier, la CRC a transmis son rapport au Parquet.Lequel a décidé d’ouvrir, le 10 octobre, une enquête préliminaire pour détournement  de fonds publics et recel de détournement de fonds publics.

« Le gestion de la SPL RMR dans les mains de la justice »

Le 17 novembre commence la grève des Gilets Jaunes. Treize jours plus tard, au terme d’une réunion en préfecture, en présence d’Annick Girardin, la ministre des Outre-mer, Didier Robert, prônant le principe « d’un homme, un mandat, une fonction », annonce dans la foulée sa démission au poste de Pdg de la SPL RMR. Mais a-t-il réellement démissionné pour donner l’exemple du non cumul de mandats ou est-ce parce que la SPL se retrouvait dans le collimateur de la justice ? C’est la question que se sont posés en coulisses certains membres du conseil d’administration de cette structure.

Lesquels s’interrogent également aujourd’hui sur la légalité de la réunion du CA convoquée, hier après-midi, par Didier Robert. Une réunion dont l’ordre du jour n’a jamais été communiqué aux membres. Rappelons que le conseil d’administration était jusqu’à fin novembre dernier présidé par Didier Robert et qu’il est composé d’une douzaine de membres parmi lesquels des élus de la majorité régionale (Virginie K/Bidy, Vincent Payet, Aline Murin-Hoarau, Lynda Lee Mow Sin, Alin Guézello, Nathalie Bassire) ainsi que d’un élu du Tampon, de Saint-Leu, et des syndicalistes.

Ce n’est qu’en arrivant au Conseil d’administration que le rapport relatif à l’ordre du jour de la séance a été remis aux membres du conseil d’administration. Nathalie Bassire et Alin Guezello étaient absents. Comme l’explique un élu du Sud, « la conseillère régionale de la majorité, Aline Murin-Hoarau, a refusé de prendre part au vote des quatre dossiers, expliquant qu’elle ne pouvait se prononcer sur des dossiers dont elle n’a jamais eu entre les mains ».

Lorsque la question a été posée de savoir pourquoi l’ordre du jour de la réunion n’a-t-il pas été adressé aux élus du CA quelques jours auparavant, comme le stipulent les textes, la directrice générale déléguée, Maryline Sévaye a expliqué qu’elle ne l’a pas pas fait pour éviter les fuites dans la presse. Parmi les points évoqués lors de cette réunion, outre l’approbation du compte-rendu de la dernière séance d’octobre 2018, figuraient la démission de Didier Robert à son poste de Pdg, la présentation aux élus du rapport de la Chambre régionale des comptes et la demande d’autorisation au CA pour que les frais de justice soient payés par la SPL RMR dans le cadre du procès intenté par Didier Robert contre le journal « Le Quotidien ». Un membre du conseil d’administration déplore le fait que « personne n’a vraiment eu le temps de débattre tant la réunion a été rapide. Celle-ci a commencé vers 14h30. Didier Robert est arrivé vers 14h50 et, à 15h20, tout était déjà plié. La réunion pour laquelle on n’aura pas eu l’ordre du jour avant s’est déroulée en quelques minutes seulement alors que, à la lumière du rapport incendiaire de la Chambre régionale des comptes, il y avait à dire notamment sur la gestion de cette structure ». D’où la question que se posent aujourd’hui certains élus : « cette réunion du conseil d’administration repose-t-elle sur des bases légales ? ».  Idem pour le délibérations prises lors du CA ? Le dossier de la SPL Réunion des musées régionaux, y compris « la rémunération illégale » et le remboursement par rétroactivité que s’est accordés son ex Pdg Didier Robert, se trouve à présent dans les mains de la justice. A suivre !

Y.M.

 

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