« Immeuble hors-la-loi à Ste-Suzanne » ? Les riverains bloquent l’accès au chantier

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Une dizaine de personnes se sont installées, depuis hier matin, sur la voie d’accès menant vers un terrain de 3 550 m2 sur lequel devrait prochainement être construit un immeuble de 46 logements sociaux. Projet porté par la Semader sur un terrain appartenant à la famille Delorme.

Ces personnes sont des familles habitant dans la cité Edmond Albius, là même où se déroulent depuis quelques jours déjà les travaux de terrassement entrepris par la SCI Delorme afin de préparer le terrain pour la réalisation de l’immeuble.

Mme Castelneau a disposé un VL sur sa propriété. Du coup, les camions ne peuvent plus accéder au chantier.

Au-delà « des problèmes de bruit, de poussière, de vibration » que dénoncent les riverains en colère, en raison notamment des travaux qui, selon eux, « débutent parfois depuis 6 heures le matin jusqu’à 18 heures », ces familles posent par ailleurs un problème plus épineux pour lequel la justice a déjà été saisie.

Il s’agit de l’empiètement par la SCI Delorme sur le terrain d’un tiers. Sans compter, à cause de ces travaux, le détournement du sentier d’accès habituel par une servitude qui passe sur une propriété privée.

C’est sur ce terrain de 3 550 m2 que devrait être réalisé l’immeuble de 46 logements

En clair, Mme Danièle Castelneau, une des riveraines, considère que l’ouverture créée par la SCI Delorme pour le passage des camions et autres tractopelles empiète carrément sur une partie de son terrain. Aussi, elle a disposé depuis hier matin une voiture (4×4) sur la partie concernée de sa propriété. Ce qui fait que les camions et autres véhicules de travaux des entreprises engagées par la SCI Delorme ne peuvent plus accéder au terrain où doit être édifié l’immeuble.

Mme Castelneau a fait venir un géomètre ainsi qu’un huissier pour constater la véracité de ses propos. Ce qui a été fait. Même les policiers municipaux et les gendarmes venus sur place n’ont pu la contredire.

« Mi écrase zot tout avec mon semi remorque… »

Par ailleurs, jusqu’ici, pour accéder à leurs maisons, certaines familles de la cité Edmond Albius empruntaient un sentier débouchant sur l’ancienne route nationale. Mais en raison des travaux de terrassement qui ont eu lieu et de la préparation du terrain pour l’édification du futur immeuble, ce sentier devrait être interdit. Et toutes les familles concernées seraient « déroutées » vers une autre voie, à savoir une servitude qui traverse une propriété privée, celle de la famille Gopal. L’affaire est actuellement devant la justice. La famille Gopal espère bien utiliser toutes les voies de recours judiciaire possibles pour se faire entendre.

Ce sentier donnant sur l’ancienne route nationale, que les familles empruntaient pour se rendre chez elles, sera interdit en raison des travaux pour la construction de l’immeuble

De même, de par l’interdiction de ce sentier depuis l’ancienne route nationale, matérialisée par la pose de plusieurs blocs de béton depuis hier après-midi, l’emplacement sur lequel les familles concernées disposaient leurs poubelles pour le ramassage hebdomadaire, a « disparu ». Vont-elles devoir descendre leurs poubelles en plein milieu de la chaussée. Idem pour les piétons qui vont devoir marcher sur la chaussée puisqu’une grande partie du trottoir a été mobilisée.

Hier matin, sur place, où les riverains en colère ont disposé une tente et se sont postés sur la voie d’accès menant vers le terrain en question, la tension était montée d’un cran. Selon les manifestants, « les policiers municipaux ont voulu nous verbaliser pour le VL que Mme Castelneau a stationné sur son terrain. Mais nous avons fait venir les gendarmes qui n’ont constaté aucune irrégularité étant donné que la voiture était garée sur une propriété privée ».

Toujours selon les familles mécontentes, « en présence des gendarmes, un des promoteurs du projet leur a dit : si zot i fé monte mon gaz, mi ça va trape mon semi-remorque et mi écrase zot tout’ ». Selon les riverains, « même le gendarme est tombé des nues en entendant de telles menaces ». Mais le promoteur en question a ensuite disparu de toute la journée. Et les travaux ont été stoppés. Le promoteur a même laissé entendre que cette manifestation lui a fait perdre 20 000 € en une journée.

Les familles concernées devraient alors emprunter une servitude qui passe sur la propriété privée

Les familles n’en ont cure. Elles réclament « le respect du droit » et dénoncent « tous les arrangements en misouk qui auraient pu avoir eu lieu entre les autres parties concernées » pour ce projet. Les riverains ont également écrit au procureur de la République. Même s’ils sont conscients qu’il s’agit « d’une bataille de pot de terre contre pot de fer », ils ne baissent pas les bras pour autant et ont bien l’intention de continuer leur combat « pour que les choses se fassent dans les règles de l’art, conformément aux lois existantes et dans le respect des droits de tous les citoyens ». Nous avons essayé de joindre le promoteur. En vain. Sa réaction sera bien entendu la bienvenue. Une affaire à suivre !

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