Les récents abus tarifaires d’Air Austral : la goutte d’eau qui nourrit une pétition

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Après les tentatives avortées de la low cost XL Airways, et surtout l’abandon de la desserte par Corsair, Mayotte n’est plus reliée à la métropole que par une seule compagnie, Air Austral. En tout cas pour la ligne directe. Car, les habitants ont toujours la possibilité de voler avec Kenya Airways, mais avec une escale à Nairobi. Et même si les aléas sont moins fréquents qu’avec la compagnie réunionnaise, les passagers qui ont pris le vol de Dar Es Salam le 5 mai pour Mayotte via Nairobi ont eu une nuit très courte dans la capitale Kényane, et certains d’entre eux n’ont récupéré leurs valises que deux jours après leur arrivée à Dzaoudzi. Mais la compagnie a plutôt bonne réputation.

Si Air Austral cristallise les mécontentements, c’est que sa position monopolistique vers la Réunion depuis Mayotte l’a incitée à relever en flèche ses tarifs depuis le départ de Corsair. Le PDG Marie-Joseph Malé s’était défendu dans nos colonnes en expliquant que le tarif de 200 euros du Réunion-Mayotte était en dessous de ses coûts de production, mais de là à aligner un tarif à 500 euros, voire plus, il y a une marge…

Plusieurs allers simples pour se rendre à Paris…

Le PDG d’Air Austral avait annoncé une augmentation des fréquences de dessertes de la ligne directe Mayotte-Paris

La situation vient d’ailleurs d’empirer pour Mayotte puisque, selon une agence de voyage implantée à Mayotte, que nous avons contactée, les tarifs sont beaucoup plus discriminants : « Lorsqu’il n’y a plus de places sur le direct Mayotte-Paris, nous dirigions les passagers sur un vol via La Réunion. Mais depuis le mois de février, la politique de la compagnie a changé. Le quotta affecté au Mayotte-Réunion dans la cadre d’un vol vers Paris est restreint, obligeant à proposer deux billets, un pour le vol Dzaoudzi-Réunion, et un second pour le Réunion-Paris, ce qui alourdit considérablement la facture. »

En effet, le voyageur peut se retrouver avec un aller simple Dzaoudzi-Réunion, un autre Réunion-Paris, et un retour direct, Paris-Dzaoudzi ! Et ce sera de plus en plus fréquent si la compagnie réunionnaise n’augmente pas la fréquence de ses vols directs vers Paris, qui sont systématiquement pleins, et comme son PDG l’avait annoncé.

En réaction, un passager a ouvert une pétition en ligne : « Depuis le départ de la compagnie “Corsair” sur la liaison Mayotte/Réunion, les tarifs ont augmenté de manière exponentielle. Un billet aller/retour pouvant coûter près de 1000 euros lors de certaines périodes pour seulement 2H00 de vol. Cette situation n’a que trop duré et cette compagnie, qui bénéficie de la participation de l’état dans son capital à hauteur de 14% doit cesser d’abuser de sa situation monopolistique sur cette liaison. Ces pratiques renforcent l’enclavement de Mayotte et nuisent à son développement. Si vous aimez Mayotte et en avez assez de ce “racket” d’Air Austral, signez cette pétition. »

Elle atteignait les 7.000 signatures ce mercredi soir. Une pétition contre une compagnie privée en situation de quasi-monopole, pas sûr que cela ait un impact, sauf si l’Etat voulait bien y mettre son nez au titre d’une continuité territoriale qui n’existe quasiment pas à Mayotte.

Anne Perzo-Lafond

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