Leucose bovine : le président du CLCV-Réunion demande une étude sur de possibles liens avec des cancers

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La Leucose Bovine fait rage à La Réunion. Alors que les services de l’état expliquent que cette maladie ne présente aucun risque de transmission à l’homme, Philippe Courquet le président du CLCV-Réunion, l’une des plus importantes associations nationales de consommateurs et d’usagers en France, s’inquiète. Dans un communiqué, il retrace les résultats menés par des chercheurs et demande à ce qu’une étude soit menée sur notre île sur de possibles liens entre la leucose bovine et certains cancers :

“La Réunion n’exporte pas de viande de bœuf. A ce jour aucune étude a démontré la non transmission de ce virus à l’Homme. Mais l’idée que le VLB pourrait infecter les humains et causer de la maladie n’est pas nouvelle. Dans les années 1970, plusieurs études ont été réalisées afin de déterminer si l’exposition aux produits alimentaires du bétail pourrait causer l’infection chez les humains. Aucun anticorps du VLB n’a été détecté dans les échantillons de sérum humain dans ces études et les scientifiques ont conclu qu’il n’y avait aucune preuve que le VLB pouvait infecter les humains. Cependant, en 2003, Gertrude Buehring et ses collègues de l’École de santé publique de l’Université de la Californie à Berkeley ont réexaminé la question à l’aide de techniques immunologiques qui étaient environ 100 fois plus sensibles que celles utilisées dans les années 1970 (3). Ils ont constaté que 39 % des 257 échantillons de sérum humains analysés contenaient des anticorps contre l’antigène de la capside p24 du BLV. Ils ont signalé que ces résultats indiquaient l’exposition à l’antigène du VLB, non pas nécessairement l’infection par le VLB. En 2014, ces chercheurs ont examiné 219 échantillons de tissus mammaires humains pour détecter la présence de l’ADN du BLV et ils ont montré que 44 % étaient positifs (4). Ils ont aussi démontré que l’ADN viral était confiné aux cellules épithéliales mammaires et que 6 % étaient positives pour la protéine de capside p24 du BLV. Ces observations sont conformes à la notion que le virus pourrait se répliquer chez certains humains. Cela nous amène à la plus récente publication par le même groupe. En septembre 2015, Guehring et ses collègues ont publié les résultats d’une étude cas témoins sur l’association du BLV avec des tissus sains et cancéreux (5). Ils ont examiné 239 échantillons de tissus mammaires fixés au formol et inclus en paraffine archivés pour détecter la présence de l’ADN du VLB dans les cellules épithéliales mammaires. Les 239 échantillons provenaient de 114 femmes chez qui le cancer du sein avait été diagnostiqué, de 21 femmes avec des changements prémalins du tissu mammaire et de 104 femmes qui n’avaient pas de cellules malignes ou prémalignes. Les chercheurs ont déterminé que l’ADN du VLB était présent dans 59 % des tissus mammaires des femmes atteintes du cancer, de 38 % des femmes avec des changements prémalins du sein et de 29 % des échantillons témoins normaux. Les auteurs font valoir que la détection de l’ADN du VLB dans près du tiers des tissus mammaires de femmes normales n’est pas surprenante vu qu’il peut falloir de 20 à 30 ans entre le début des événements cancérigènes et une tumeur cliniquement détectable et que le cycle de vie des deltarétrovirus est conforme aux résultats. Il n’existe pas de données sur la façon dont les humains deviennent infectés par le VLB. Le lait cru, le bœuf mal cuit et les humains infectés sont considérés comme des modes de transmission potentiels. Les chercheurs de Berkeley signalent que des études semblables devraient être menées par d’autres et que l’on doit faire des enquêtes afin de déterminer si l’infection virale précède le développement du cancer du sein.

La leucose atteint un taux de prévalence de plus de 90% du cheptel laitier à La Réunion. L’étude ci-dessus indique que le lait cru, le bœuf mal cuit sont des modes de transmission potentiel Aucune étude est prévue pour détecter l’ADN du VLB premièrement parce que les autorités sanitaires, la préfecture en tête, préfèrent ignorer cela face aux différents lobbys réunionnais. Le taux de prévalence en métropole est de 0,01% ! Il y a de nombreuses associations d’éleveurs qui s’inquiètent, mais sans aucun résultat, pas même malgré ce taux de prévalence de 90% des vaches laitières le début d’une enquête sur la possibilité d’une infection par la VLB de l’homme via le lait cru, le bœuf mal cuit etc…

La réponse des autorités sanitaires de la Réunion est résumée par cette phrase ; “circuler, il n’ y a rien à voir”. Vous êtes des ignorants (réponse du Préfet il y a quelques mois à des associations d’éleveurs qui posaient le problème de cette exception sanitaire. Aucune étude n’a été faite sur ce sujet confirmant la non transmission du VLB à l’homme. Par contre cette étude conclue à une possibilité. Sujet très inquiétant pour les consommateurs réunionnais en particulier contrairement à la Métropole où cette maladie bovine a été éradiquée.”

Philippe Courquet fait également savoir que le CLCV REUNION a été saisi par l’association de défense des agriculteurs de la Réunion.

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