“Co-construire ensemble l’agriculture sur notre territoire”

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A La Réunion, la question du foncier agricole est un enjeu majeur pour l’avenir de l’agriculture réunionnaise. Si des outils existent déjà pour limiter la perte des terres agricoles, les besoins de foncier pour l’agriculture mais aussi pour les activités non agricoles se font de plus en plus pressants. Ainsi, l’accompagnement communal est considéré comme pertinent, que ce soit dans le cadre de la mise en œuvre des prescriptions du Schéma d’Aménagement Régional (SAR), ou parmi les objectifs de la politique agricole départementale.

Dans ce contexte, le Département de La Réunion et la Chambre d’agriculture de La Réunion ont mis en place les « Chartes de développement agricole » associées à une série d’actions opérationnelles.

Serge Hoareau, Vice-président du Département délégué à l’agriculture, nous explique : “c’est cette démarche de proximité et de solidarité territoriale que nous voulons engager aujourd’hui, aux cotés de l’ensemble des acteurs du monde agricole et des partenaires institutionnels que sont les communes, bien évidemment, mais aussi l’État et la Région qui, à leurs niveaux, participent à la co-construction du modèle agricole d’aujourd’hui et de demain. Un modèle qui a l’ambition de mettre l’homme au centre de la politique agricole départemental”.

Charte chambre d’agriculture

Ce vendredi 12 juillet, le Conseil départemental et la Chambre d’agriculture ont en effet proposé une réunion avec les acteurs pour faire l’état des lieux de ces chartes agricoles communales, et en voir les perspectives d’évolution. Frédéric Vienne, Président de la Chambre d’agriculture nous rappelle que faire le bilan est « essentiel, car il va nous permettre d’avancer ensemble et d’entamer une réflexion sur de nouvelles pistes de travail pour continuer à maintenir et développer notre agriculture dans un contexte de pression foncière toujours plus importante. Les défis que doit aujourd’hui relever l’agriculture réunionnaise sont ambitieux dans un environnement complexe et la Charte de développement agricole est un levier pour que tous ensemble, nous puissions atteindre nos objectifs “.

La charte agricole, un outil co-construit

La charte est signée par la Chambre d’Agriculture, le Conseil départemental, la Région Réunion, la commune concernée et l’Etat, après deux phases importantes à savoir les validations :
–  du diagnostic de l’agriculture de la commune, notamment du Zonage Agricole de Long Terme (ZALT)
– et du programme d’actions à mettre en place.

Ainsi, les différentes chartes visent à satisfaire « toutes les parties prenantes et qui permettent de relever les défis du développement agricole qui s’imposent à nous» , nous explique Serge Hoareau, Vice-président du Département délégué à l’agriculture.

C’est aussi l’occasion pour les institutions d’harmoniser les outils en procédure destinés à accompagner les porteurs de projets mais aussi à assurer l’évaluation de la mise en œuvre des orientations agricoles et urbanistiques des territoires.

Des actions concrètes, au bénéfice du développement des communes

Parmi les communes adhérentes à la Charte de Développement communal, toutes ont bénéficié d’actions structurantes à l’image de l’extension haute du Périmètre irrigué du Bras de Cilaos. On peut aussi citer la réfection du chemin Zapa (Zone d’Aménagement Prioritaire Agricole) d’une longueur cumulée de 5 kilomètres. Des actions de proximité ont aussi été mises en œuvre à l’instar de la création d’un Point Vert ou de marchés de producteurs.

Conviées à cette réunion, les communes ont pu faire part des avancées obtenues par leur charte agricole mais aussi remonter les problématiques nouvelles. Il a notamment été question d’améliorer l’accompagnement des agriculteurs dans leurs dossiers auprès de la CDPENAF.

La place du consommateur dans la définition des besoins agricoles a été également mis en avant.

Enfin, il a été évoqué que les chartes sont aussi l’occasion pour les communes, les agriculteurs/porteurs de projets et consommateur de construire ensemble les bases nouvelle d’une diversification agricole fondée notamment sur la valorisation de fonctions de l’agriculture jusqu’ici peu exploitée : activateur touristique, producteur d’aménités pour la refonte de nouveau quartier (écovillage).

Frédéric Vienne résume le bilan “la Charte de développement agricole permet la protection du foncier agricole, l’intensification de la reconquête des friches et des zones sous-exploitées, l’amélioration des chemins d’exploitations, la surveillance de l’impact agricole sur la qualité de l’eau et le risque d’érosion”.

Préparer l’évolution du modèle, en tenant compte de l’échelon communal

La réflexion Agripéi lancée en 2018 par la Collectivité départementale devrait aboutir fin 2019 à une stabilisation des orientations agricoles à l’horizon 2030. Les chartes agricoles se placent alors comme un outil destiné à la rencontre opérationnelle des orientations agricoles communales voire intercommunales et celles et de l’orientation générale départementale, établies par les opérateurs économiques locaux.

Concrètement, il s’agira notamment de faire évoluer les Chartes de sorte à ce que la Chambre d’agriculture et les communes souhaitant y adhérer puissent :

– créer un diagnostic ciblé sur une ou plusieurs problématiques ;

– rédiger un programme d’actions spécifiques ;
– élaborer des tableaux d’indicateurs clairs et précis ;
– communiquer régulièrement sur le suivi des chartes par commune.

Il est aussi important de renforcer l’animation des chartes au niveau des communes. Ce qui permettrait notamment d’avoir un meilleur regard sur l’évolution des éléments clés du développement agricole : le foncier et l’eau.

Afin de réussir cette évolution, le Département et la Chambre d’agriculture travaillent conjointement à une nouvelle forme d’encadrement des chartes agricoles.

(Crédit Photos : Bruno Bamba)

 

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