(VIDEOS)/ Rachat de Vindémia par Hayot, situation de monopole : artisans et commerçants réclament “une action forte”

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“La peur a changé de camp”, “les grands patrons se réveillent enfin et, pour défendre leurs intérêts, ils veulent prendre en otages les petits commerçants”, dixit Ibrahim Patel, président de la Chambre de commerce et d’industrie de La Réunion (CCIR), qui a tenu une conférence de presse, ce matin, à Saint-Denis. Une conférence organisée en partenariat avec la Chambre des métiers de La Réunion représentée par son président Bernard Picardo.

Ibrahim Patel et Bernard Picardo sont également vice-présidents de la Région. Mais c’est avec leur casquette d’élus consulaires qu’ils ont pris la parole, ce matin, pour taper du poing sur la table. Un véritable cri d’alarme lancé par le président de la CCIR par rapport au projet de rachat de Vindémia par le groupe Hayot. Rachat sur lequel aura à se prononcer très bientôt l’Autorité de la concurrence. Chiffres à l’appui, Ibrahim Patel n’est pas allé avec le dos de la cuillère.

Il a clairement pointé du doigt les maires, les intercommunalités et les pouvoirs publics en général, sans oublier les grands patrons réunionnais. Lesquels “grands patrons” tels que De Chateauvieux et Caillé (noms cités ce matin), “ont fait rentrer les grands groupes à la Réunion. Sauf que, tout le temps que les grands patrons tuaient le petit commerce, ils étaient contents, mais aujourd’hui, lorsqu’ils sont eux-mêmes rachetés par plus grands qu’eux, ils crient au loup et appellent les petits commerçants à la rescousse”. Ecoutez Ibrahim Patel, il est au micro d’Yves Mont-Rouge :

Pourquoi nous en sommes là ? “Toutes les communes se sont lancées dans la course aux mètres carrés pour habiller la périphérie et déshabiller les centres-villes”, dit-il, en rappelant que “pour autant, le chômage n’a jamais baissé”:

Le président de la CCIR ne veut pas de situation de monopole à La Réunion et demande à l’autorité de la concurrence de faire son travail. Ibrahim Patel réclame au plus vite l’organisation d’une table ronde avec les pouvoirs publics et les 24 maires de l’île. Il demande aussi à ce que les chambres consulaires soient réintégrées dans les commissions du CDCA.

Bernard Picardo, président de la Chambre des métiers, appelle lui aussi à “la vigilance” et dit craindre toute situation de monopole, qui aura forcément des conséquences désastreuses sur les artisans et les petites entreprises.

Pour sa part, Zakaria Cadjee, président de l’Association des commerçants de Saint-Paul, n’est pas contre un moratoire ou une table ronde mais “ce qu’il faut, dit-il, c’est une action forte afin d’interpeller les pouvoirs publics sur la mort des centres-villes. Il nous faut sensibiliser la population sur la nécessité de fréquenter les centres-villes qui emploient des Réunionnaises et des Réunionnais en CDI alors que dans les centres commerciaux, ce sont des CDD, des caissières qui tournent tout le temps. Dans les magasins du centre-ville, ce sont peut-être des membres de votre famille qui y travaillent : un cousin, un frère, une sœur… Pensez-y”. Un véritable plaidoyer, vibrant et poignant, en faveur des petits commerçants et les artisans ! Ecoutez Zakaria Cadjee :

D’autres élus de la CCIR et de la Chambre des métiers ont pris à tour de rôle pour dénoncer “une absence de vision depuis longtemps” en matière d’aménagement du territoire et d’attributions des terrains pour l’installation des entreprises, y compris celles dans le domaine de la grande distribution.

 

Y.M.