Vivienne continue de crier à “l’injustice”, sa vidéo devient virale

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Après une grève de la faim en 2018, Vivienne refait parler d’elle. La quinquagénaire raconte désormais son histoire dans une vidéo, postée par Sullaiman Soilihi ce dimanche 8 septembre et qui est rapidement devenu virale. On vous laisse la découvrir :

Retour sur l’histoire de Vivienne, une dame qui crie à “l’injustice”

En août 2018, cette dame de 58 ans, originaire de Sainte-Anne et emprisonnée déjà à trois reprises (entre 2011 à aujourd’hui), « injustement », dit-elle, observe une grève de la faim à l’abri d’une petite tente qu’elle a plantée devant la préfecture, à Saint-Denis. Par cette action, elle entend protester contre la saisie par la justice de sa maison qu’elle affirme avoir légalement financée, alors que le tribunal l’avait condamnée à de la prison ferme entre autres pour « manipulation mentale ». Mais Vivienne Beaupréau, crie aujourd’hui à « l’injustice » et crie à qui veut l’entendre, y compris au préfet, représentant de l’Etat à La Réunion (d’où le lieu choisi pour sa grève de la faim) que ses procès « ont été bâclés » et que ses « droits ont été bafoués ».

« L’Union des Réunionnais en Colère » a décidé de la soutenir dans son action, notamment celle qui consiste à lutter pour récupérer son bien. Mais l’association en question a demandé à Mme Beaupréau tous les justificatifs prouvant que c’est bien elle qui a payé sa case. Elle a promis de les fournir au plus tard cette semaine.

Son histoire est compliquée tant elle est décousue. On ne sait pas par quel bout la prendre, cette histoire qui ressemble tant à un cauchemar. Mais Vivienne Beaupréau ne rêve pas. Sa vie est tout simplement cauchemardesque. Et lorsqu’on l’écoute parler, raconter sa vie, on a du mal à la suivre dans les méandres de cette existence – son existence – aussi complexe qu’affolante. On ne peut alors s’empêcher silencieusement, intérieurement de murmurer : « mais ce n’est pas possible, c’est incroyable ! ». Et pourtant, c’est bien la réalité. Son histoire a fait plus d’une fois la « Une » de la presse locale.

En 2006, elle porte plainte aux Prud’hommes contre ses employeurs. Un couple de Saint-André où elle travaille comme femme de ménage. Elle se plaint de n’avoir pas été payée. De victime, la voilà transformée en coupable. Ces derniers l’accusent d’être une sorte de « gourou ».

En 2011, Vivienne Beaupréau est arrêtée par les gendarmes de Saint-Benoît suite à une plainte déposée par des grands-parents qui l’accusent d’avoir « tué » leur petit-fils de 14 ans atteint de mucoviscidose et résidant en métropole. Vivienne se faisant passer pour une guérisseuse aurait demandé aux parents de l’adolescent d’arrêter tout traitement médical. Elle a été jugée en Correctionnelle en 2011 et condamnée pour « manipulation mentale ». Aujourd’hui, elle explique qu’elle n’a jamais « tué » personne. « Lorsque les parents de l’enfant m’ont téléphoné, j’étais à La Réunion et l’enfant était déjà mort en métropole», se défend-elle. A sa sortie de prison, elle est placée sous contrôle judiciaire.

“Ce n’est pas un crime que de pratiquer sa religion malbar !”

Février 2015 : nouvel emprisonnement. Puis de nouveau la liberté. Elle est accusée également d’avoir soustrait de l’argent à une amie via la manipulation mentale. « Faux », crie-t-elle en clamant son innocence. « Lorsqu’on m’a arrêtée à l’époque, je venais d’être agressée par un voisin. J’ai mon épaule et mon bras droit qui ne fonctionnent plus. Je traversais une grosse période de stress et j’étais sous anti depresseur. Le juge n’a rien voulu savoir. Il a cru à tout ce qui a été raconté sur mon dos, il n’a jamais voulu m’écouter. J’ai payé ma maison, je n’ai pris l’argent de personne. Mon mari et moi avons travaillé dur pour financer cette maison que la justice n’a pas hésité à saisir, après m’avoir envoyé en prison parce que je pratiquais ma religion tamoule. Ce n’est pas un crime que de pratiquer sa religion. Les gens ont monté des histoires les plus farfelues en disant que je faisais de la sorcellerie. C’est du n’importe quoi. Je n’ai pas pu me défendre car moralement j’étais au plus bas, aucun avocat n’a voulu m’aider », raconte Vivienne Beaupréau, quasiment en pleurs et s’exprimant comme si elle portait manifestement toute la misère du monde sur ses épaules.