Affaire Mogamat : Osman et Sulliman Mogalia passeront en Correctionnelle

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Il y a un an, les deux frères Mogalia, Osman et Sulliman, du magasin Mogamat à Saint-Benoit, avaient été mis en examen suite à une plainte déposée contre eux par leur frère Goulam. Les deux premiers avaient acheté les parts du troisième à hauteur de 2 millions d’euros. Or, Goulam Mogalia est persuadé s’être fait grugé par ses deux frères, laissant entendre que ses parts valaient en réalité près de 10 millions d’euros. Osman et Sulliman auraient-ils menti sur le chiffre d’affaires de la société familiale pour pouvoir acheter à bas prix les parts de Goulam ? Plainte a donc été déposée. Ce qui avait abouti à une garde à vue puis une mise en examen des deux frères. Estimant injuste cette mise examen, Osman et Sulliman avaient alors saisi, via leur avocat parisien, la Chambre d’instruction pour faire annuler la procédure.

La Chambre d’instruction s’est réunie hier et s’est penchée sur ce dossier. Pas d’annulation de la procédure. La mise en examen est maintenue. Goulam Mogalia va pouvoir se constituer partie civile. Et la procédure va se poursuivre. Osman et Sulliman passeront vraisemblablement en Correctionnelle. Le tribunal dira s’ils devront ou non rembourser le manque à gagner, estimé à plusieurs millions, à leur frère Goulam, qui reprend de l’espoir, malgré la lenteur de la procédure. Rappelons qu’il avait déposé plainte depuis 2006. Mais ses avocats se disent confiants et espèrent que la justice finira par passer. Pour bien comprendre cette affaire, voici l’article que nous publiions il y a un an. C’était le 14 septembre dernier :

“Affaire Mogamat à St-Benoit : quand la peur change de camp”

« Nous n’avons pas encore gagné, mais eux ont perdu » : petite phrase de Me Georges-André Hoareau, avocat de Goulam Mogalia, 72 ans et de sa fille Anissah. Goulam est le frère de Osman, 75 ans et de Sulliman, 69 ans. Ils étaient tous les trois gérants de la quincaillerie créée en 1979 à Bras-Fusil (Saint-Benoit) par leur père Amode, décédé depuis. Un commerce dirigé pendant près de 40 ans par Osman et dont le Pdg aujourd’hui est Sulliman. La quincaillerie toujours en service avait pignon sur rue et elle a rapporté beaucoup d’argent aux frères Mogalia. Le torchon va commencer à brûler entre les trois frères lorsque Sulliman et Osman demandent à Goulam de leur céder ses parts sociales, qui sont alors rachetées pour 2 millions d’euros.

Or, Goulam se rend vite compte du train de vie fastueux de ses deux frères et en déduit qu’il a été bel et bien « floué » par ces derniers. Suite à une rapide enquête, il est persuadé qu’il y a anguille sous roche au niveau de la comptabilité entretenue par ses deux frères qui ont, avec eux, d’autres membres de la famille, tous ligués contre Goulam. Pour en avoir le cœur clair et en raison de la réaction hostile pour ne pas dire agressive de ses deux frères à son encontre lorsqu’il ose leur demander des explications à l’amiable, Goulam décide finalement de saisir la justice en portant plainte contre Osman et Sulliman pour abus de biens sociaux.

Parallèlement à cette action, sa fille Anissah, révoltée par l’attitude arrogante et irrespectueuse de ses oncles vis-à-vis de son père, se lâche sur sa page Facebook en disant tout le « bien » qu’elle pense d’eux. C’est en quelque sorte la réaction d’une fille en colère de voir son papa dans un tel état, un père qui, selon elle, a été « victime d’une véritable escroquerie ». Sur les réseaux sociaux, elle ne ménage donc pas ses deux oncles en invectives. Sulliman et Osman se payent aussitôt les conseils d’un avocat parisien Me Jérôme Triomphe. Anissah Mogalia sera définitivement condamnée à une amende de 122 000 euros pour les insultes su Facebook. Les deux oncles ont crié victoire. Anissah Mogalia quant à elle, sur les recommandations de son avocat Me Georges-André Hoareau, s’est tournée vers la Cour européenne des droits de l’Homme. Le dossier est toujours en cours.

Osman et Sulliman Mogalia, savourant alors leur victoire, pensaient que l’affaire était terminée. Or, la plainte déposée en 2015 par Goulam Mogalia, bien que tournant au ralenti, a suivi son bonhomme de chemin. Et les investigations menées en 2016 par les gendarmes de la section de recherches (SR) semblent aujourd’hui porter leurs fruits. D’où la poursuite de l’affaire avec les derniers épisodes en date, à savoir la mise en examen, avant-hier, de Sulliman et d’Osman Mogalia, par la juge d’instruction Fabienne Moulinier en charge du dossier. Une mise en examen pour abus de biens sociaux. Les deux frères ont été également placés sous contrôle judiciaire. Dans le même temps, trois autres membres de la famille ont été entendus par les gendarmes de la SR à la caserne Vérines, puis placés en garde à vue, avant d’être relâchés. Il s’agit d’Aïcha Mogalia, la caissière de la quincaillerie, de Mariam et d’Hamza Mogalia.

L’affaire continue. Goulam Mogalia, le frère qui se dit « floué » espère bien qu’au terme de cette instruction il pourra récupérer ce que ses deux frères ne lui ont pas donné. En effet, avec le recul, il estime que ses parts sociales achetées à 2 M€ valaient en réalité 10 millions d’euros. A suivre ! Il va sans dire aujourd’hui que dans cette affaire familiale « Mogalia/Mogamat » à Saint-Benoît, la peur a manifestement changé de camp !

Y.M.

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