Bras-Panon : « le verre à moitié vide ou à moitié plein ? »

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Le conseil municipal de Bras-Panon s’est exceptionnellement déroulé ce samedi matin. Initialement, il avait été prévu un mercredi soir, comme pour tous les précédents conseils, mais nombre d’élus n’étaient pas disponibles. Et, par conséquent, le quorum n’aurait pas été atteint. Raison pour laquelle donc, la séance a été programmée aujourd’hui à 10 heures. Côté opposition, seul Jeannick Atchapa a répondu présent.

Le conseil a débuté par la présentation de l’étude de faisabilité et pré-opérationnelle de l’extension de la zone d’activité économique (ZAE) de Paniandy. Présentation faite par Daniel Berthe, chef du service “Développement économique et affaires européennes” à La Cirest et par une responsable d’études. La ZAE est un « vieux » projet municipal. Il date de 2007. Mais les premiers travaux commencent cette année. 6,7 des 23 hectares sont déjà été aménagés et commercialisés. Il s’agit d’une zone stratégique avec une attractivité certaine vu son emplacement, proche de la 4xVoies de l’Est dont un échangeur est prévu afin de permettre une accessibilité directe à la ZAE. Ce sera la plus grosse zone économique de l’Est. Le montant total de l’investissement sera de l’ordre de 20 millions d’euros.

« Il ne s’agit pas d’une zone fantôme comme on a pu le lire dans un journal », a précisé Daniel Berthe. Avant de préciser : « les travaux avancent mais les procédures sont toujours longues pour ce genre d’opération ». Daniel Gonthier a souligné que « cette zone devrait permettre aux entreprises de s’installer et de créer des emplois ». Intervention de Jeannick Atchapa, conseiller de l’opposition : « Enfin ! C’est une bonne nouvelle car ça fait plus de 20 ans qu’on en parle ».

Jeannick Atchapa, élu de l’opposition.

L’élu a ensuite interpellé le chef du service de la Cirest : « Où sont passées les grosses entreprises comme Brasseries de Bourbon ou encore l’usine de méthanisation ? ». Réponse de M. Berthe : « l’usine de méthanisation est un très beau projet mais il n’avait pas sa place dans cette zone car son implantation aurait pu faire fuir les autres entreprises ». Même réponse de la part du maire Daniel Gonthier. Lequel a rappelé qu’à côté de la ZAE de Paniandy, devrait également sortir de terre une zone artisanale où viendraient s’implanter des grosses unités s’occupant des fruits, légumes et fleurs ».

Et Daniel Gonthier de préciser, en se tournant vers l’élu de l’opposition : « il y a le verre à moitié plein et à moitié vide, moi je préfère regarder le verre à moitié plein car du travail a été fait en 20 ans. A notre arrivée à la tête de la commune en 2001, et vous étiez là, il y avait de nombreuses zones abandonnées. Elles ont toutes été reprises en main pour être valorisées ».

14 millions d’euros de budget et… « feu d’artifice de jour »

Après la ZAE de Paniandy, les élus ont examiné le budget supplémentaire de 2019. Un budget qui, comme l’a rappelé François Pereira, adjoint délégué aux finances, s’équilibre, en dépenses et en recettes, à 14,1 M€. L’élu aux finances est ensuite entré dans les détails des chiffres. Pour Jeannick Atchapa, « ce budget supplémentaire clôture un mandat qui aura été malheureusement un rendez-vous manqué avec les Panonnais”. Il retient « trois faits notables » à ce budget : « l’augmentation des charges à caractère général de + 500 000 € par rapport à 2018, l’augmentation des charges du personnel de + 800 000 € par rapport à 2018 et l’absence de recettes supplémentaires de fonctionnement en 2019 ». D’où sa question : « combien a coûté la foire agricole de 2019 ?” Selon ses évaluations, “si l’on rajoute les 500 000 € d’augmentation des charges à caractère général et une partie de l’augmentation des charges du personnel, le budget de la foire 2019 revient à + 2 millions d’euros contre 1,2 M€ en 2018”.

Non sans ironie, l’élu de l’opposition a ajouté : « s’il fallait illustrer le niveau démesuré des dépenses à cette occasion, je retiendrai ce surprenant feu d’artifice organisé à 9 heures du matin, au niveau du complexe sportif Paul Moreau, le jour de l’inauguration de la foire et sous le regard médusé des associations se préparant au défilé. Un feu d’artifice en pleine journée, il fallait le faire et vous l’avez fait ! », a-t-il dit en ciblant le maire, avant de demander à ce dernier, « au nom de la transparence », un bilan financier « détaillé » de cette manifestation. « De ce fait, dans ce budget supplémentaire, le virement à la section d’investissement passe de 4,6 M€ en 2018 à 3,8 M€ en 2019, soit 828 000 €. Conséquence, vous n’hésitez pas à activer le recours à l’emprunt en 2019 pour atteindre au final la somme de 5 500 000 € contre 0€ en 2018 ». L’élu de l’opposition, également candidat à la mairie en mars 2020 contre le maire sortant, a déclaré qu’il s’interrogeait «sur la sincérité des chiffres avancés au niveau des dépenses d’investissements en 2019″  qui seraient, selon lui, « prétexte à un recours massif à l’emprunt afin de pallier à d’éventuelles difficultés de trésorerie ».

Prenant la parole, François Pereira a expliqué « qu’il n’y a rien d’alarmant au niveau budgétaire à Bras-Panon » que les clignotants étaient loin d’être au rouge, qu’il s’agit « d’une gestion en bon père de famille ». L’élu de la majorité a encore appelé à « un peu de tenue même si les municipales approchent » et « qu’il ne fallait pas tomber dans la polémique politicienne ».

Daniel Gonthier pour sa part a rappelé « qu’il y a eu 40 millions d’euros d’investissement » avant de fustiger la politique sociale de l’actuel gouvernement en matière de contrats PEC (Parcours emploi compétence) dont l’attribution par Pôle emploi avait été stoppée net suite à une consigne du préfet, estimant que les collectivités avaient déjà tout consommé. Daniel Gonthier a rappelé qu’avec ce gouvernement « les contrats, lorsqu’il y en a, ne sont plus remboursés qu’à 50% alors qu’à l’époque le remboursement de l’Etat pouvait atteindre les 90% ».

Quid de la foire de Bras-Panon ? La réponse à la question d’Atchapa n’a pas été apportée publiquement mais elle figurait dans le document du conseil municipal. Il est écrit, en effet,  qu’en dépenses du budget supplémentaire 2019, « les mouvements nouveaux correspondent à un ajustement des charges à caractère général pour 1 million d’euros afin d’abonder les articles qui ont supporté des rattrapages de charges et dépenses liées à la foire agricole ». Il est mentionné aussi que ces mouvements nouveaux correspondent à un ajustement « des charges de personnel pour 650 000 € liées notamment aux emplois aidés, aux mouvements entre CCAS et ville »…

Après le vote du BS 2019 pour lequel seul le conseiller de l’opposition s’est abstenu, tout comme pour les autres budgets (eau, assainissement, Spanc et pompes funèbres), les élus ont procédé à l’examen d’une trentaine de dossiers sur lesquels nous reviendrons. Parmi ces dossiers figurent deux motions relatives à la fermeture de huit Trésoreries à La Réunion et à la formation des apprentis. Le conseil municipal de Bras-Panon demande à l’ensemble des maires et parlementaires de La Réunion de plaider auprès du gouvernement en faveur du maintien de l’ensemble des Trésoreries (une démarche qu’avait également initié les députés Ratenon, Lorion, Bareigts). Concernant la formation des apprentis, le conseil municipal de Bras-Panon demande le rétablissement des conditions de financement et de prise en charge et appelle l’ensemble des maires et parlementaires à plaider en ce sens auprès du gouvernement.

Y.M.

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