Coronavirus : La Réunion passe en phase 2

0
L'article post original est disponible sur this site
Share Button

Martine Ladoucette, directrice générale de l’Agence Régionale de Santé accompagnée du docteur Martine Servat, directrice de l’animation territoriale et du parcours santé, ainsi que Camille Goyet, directrice de cabinet du préfet ont fait le point sur les mesures mises en œuvre à La Réunion dans le cadre de la lutte contre la propagation du virus Covid-19, ce mardi 24 mars 2020 à 17h30 à la préfecture.

 

La Réunion passe en phase 2

“Il est temps pour la Réunion de passer en phase 2″ annonce Martine Ladoucette. A l’heure actuelle, 80 personnes sont hospitalisées au CHU Nord”. A ces chiffres s’ajoutent donc les 11 nouveaux cas déclarés à 22h30  “On doit se préparer à hospitaliser plus de personnes, notamment les personnes les plus sévèrement touchées par la maladie, soit 1 patient sur 5.”

En ce sens, 50 lits supplémentaires ont été préparés pour accueillir les nouveaux patients, soit une augmentation de 50% de la capacité d’accueil des malades. Actuellement, 111 lits sont disponibles. “Nous avons le personnel et le matériel nécessaire pour les utiliser” précise la directrice de l’ARS.

De plus, pour hospitaliser en toute sécurité ces personnes, 230 lits d’hospitalisation seront dédiés à la prise en charge de la maladie. Les personnes atteintes des formes les moins sévères de la maladie devront quant à elles rester ou retourner à domicile.

Au niveau du CHU Sud, l’armée installera des tentes afin d’augmenter la capacité d’accueil des urgences.

La Réunion proche du seuil épidémique

A l’heure actuelle, plus de 800 personnes contacts ont pu être identifiées. Pour chaque cas confirmé, le patient source a pu être déterminé.

Le seuil épidémique sera donc bientôt atteint, selon la directrice de l’ARS, lorsque 85 cas seront confirmés. (Pour rappel, le seuil épidémique est atteint lorsque 10 cas sont confirmés pour 100 000 habitants.)

Livraison de masques aux professionnels de santé

L’ARS confirme aujourd’hui la livraison de plus de 120 000 masques aux professionnels de santé. 200 000 masques supplémentaires vont être demandés.

Le développement de la télé-consultation et télé-soin est également envisagé.

Nouvelle stratégie de dépistage sur la Réunion

Le docteur Martine Servat a annoncé le développement de la stratégie de dépistage sur notre île : “A cause du développement en retard de l’épidémie (comparé à la métropole) nous avons la chance de pouvoir prendre des mesures qui n’ont pas été prises en métropole, afin de ralentir la chaine de contamination.” :

  • dépistage de tous les voyageurs symptomatiques
  • dépistage de tous les soignants symptomatiques

“Tout soignant symptomatique doit être dépisté” annonce Martine Servat. Ces dépistages ne seront cependant pas systématiques, sauf pour les soignants de retour de métropole.

Deux laboratoires privés équipés à effectuer les dépistages

Depuis le début de l’épidémie, le CHU Nord était jusqu’à présent le seul laboratoire équipé de l’automate nécessaire aux tests de dépistage du Covid-19, avec une capacité de 200 examens par jour. Un nouvel automate sera disponible dans les prochains jours et augmentera la capacité de test de 200 examens supplémentaires par jour, soit 400 examens par jour au niveau du CHU Nord.

Deux laboratoires privés ont également été équipés afin de pouvoir effectuer les tests de dépistage, soit 400 examens supplémentaires par jour. “Nous devons continuer à travailler avec les professionnels de santé.” termine Martine Servat.

Mesures de restrictions à la Réunion

Camille Goyet a tenu à insister sur l’importance du confinement de chacun “Le passage en stade 2 est un signal fort. Le virus ne circule pas, c’est nous qui le faisons circuler !” bien qu’aucun couvre-feu ne soit envisagé pour le moment.

A l’heure actuelle, 30 000 contrôles ont été effectués par les forces de l’ordre et plus de 1500 PV ont déjà été dressés.

Au niveau de l’aéroport, les mesures de réglementation des vol a permis une diminution de 30 à 50 % du trafic aérien aujourd’hui, ce que soit entre la Réunion et la Métropole mais également entre la Réunion et Mayotte.

Des solutions d’hébergements vont également être proposées pour les personnes en retour de voyage, et qui n’ont pas la possibilité d’être en quatorzaine chez elles.

Enfin, les citoyens voulant apporter leur aide dans la situation actuelle peuvent se rendre sur la plateforme citoyenne “jeveuxaider” afin de participer à la mobilisation générale.


Rapport détaillé de la Préfecture

Situation épidémiologique au 24 mars

Au 24 mars, 83 cas de coronavirus ont été confirmés à la Réunion. La très grande majorité de ces cas sont des cas importés (66 cas), c’est-à-dire qu’ils ont contracté la maladie à l’occasion d’un voyage, en métropole pour la plupart, mais aussi dans d’autres pays (Espagne, Etats-Unis, …). Parmi eux, plusieurs groupes de malades ont été identifiés (participations à une croisière dans les Bahamas, à un stage de danse en métropole, à un voyage organisé en Espagne,…).

9 cas de transmission autochtone (personnes ayant contracté le virus sur le territoire de la Réunion) ont été identifiés et tous ont un lien confirmé (5 cas) ou présumé (4 cas) avec des cas importés.

8 cas, confirmés ce jour à 17H00, sont en cours d’investigation par l’ARS et Santé publique France.

Tous les cas confirmés font l’objet de l’identification de toutes les personnes ayant été en contact avec ces malades (entourage familial, professionnel, passagers proches dans les avions, …). Toutes ces personnes « contact » sont recontactées individuellement par la cellule de suivi de l’ARS en collaboration avec Santé publique France. Leur état de santé est évalué à cette occasion. Il leur est reprécisé au cours de l’entretien l’importance du respect d’un isolement strict, de la surveillance quotidienne de leur état de santé (avec prise de température) et d’appeler immédiatement le 15 en cas d’apparition de symptômes. A ce jour, près de 850 personnes ont été recontactées.

L’état d’urgence sanitaire

Édouard Philippe, premier ministre a déclaré l’état d’urgence sanitaire et par conséquent le renforcement des mesures de confinement.

Ce qui change à La Réunion :
• Interdiction des marchés forains ; il est permis au préfet à la demande ou sur avis des maires de déroger à cette interdiction.
• Limitation des déplacements dans le cadre d’activité physique individuelle dans un périmètre de 1 km autour du domicile
• La possibilité pour les officines ou les professionnels habilités à produire du gel hydro alcoolique.

COVID19 : la gestion de crise

Les services de l’Etat et les autorités sanitaires sont mobilisés depuis maintenant plusieurs semaines et ce avant l’apparition des premiers cas à La Réunion. Cette mobilisation a permis la déclinaison anticipée de mesures de stade 2 et de stade 3 de gestion de la crise sur le territoire.
Seul le plan épidémiologique justifiait à ce jour la conservation du stade 1 dont la priorité est de freiner la propagation de l’épidémie. L’apparition d’une première chaine de transmission locale de COVID-19, avec des nouveaux cas, permet dès lors le passage au stade 2 sur un plan strictement sanitaire.

• Aide à la décision et concertation

Depuis mars le Préfet travaille en concertation avec les élus, les parlementaires, les forces de l’ordre, les autorités sanitaires pour déterminer les objectifs et moyens en puissance pour lutter activement contre l’épidémie.

Ce travail consultatif a permis dès lors l’application de mesures anticipées :
• La fin du trafic maritime touristique
• La restriction des vols d’agrément à l’aéroport
• La fermeture des établissements accueillant du public
• La fermeture des crèches, établissements scolaires et universités
• La mise à disposition de centre d’accueil et d’école pour les enfants des personnels soignants
• Le soutien aux entreprises et à l’emploi
• La mesure de confinement
• La quatorzaine obligatoire pour les personnes revenant d’un séjour en métropole

Les stades de la gestion de crise

Pour rappel, les stades établis au plan de prévention et de gestion de la pandémie de COVID19 sont :

Stade 1 : freiner l’introduction du virus
L’organisation du système de santé est à ce stade une priorité pour accueillir de façon sécurisée les premiers cas. L’information et la mise en application de premières mesures restrictive concourent à freiner l’introduction de l’épidémie.

Stade 2 : freiner la propagation du virus
L’apparition de chaine de transmission locale définit principalement le déclenchement de ce stade sur le plan épidémiologique.
Les mesures restrictives concernant la limitation des déplacements, les fermetures des lieux accueillant du public, le maintien exclusif des activités essentielles à la nation sont notamment de stade 2.

Stade 3 : atténuer les effets de l’épidémie
Le confinement est une mesure de stade 3 déjà appliquée à La Réunion. A ce stade la situation épidémique implique la pleine mobilisation du système de santé et de ces composantes : médecins de de ville, établissement de santé et médico-sociaux. Il s’agit de mobiliser les ressources et assurer une prise en charge individuelle et priorisée des cas.

Ainsi, à ce jour, La Réunion applique déjà des mesures de stade 2 et de stade 3.

• Les actions en cours

Les services de la préfecture sont mobilisés et travaillent avec les collectivités territoriales et les acteurs de terrain pour :

o Assurer la prise en charge et l’hébergement des personnes sans domicile fixe
o Protéger les personnes victimes de violence intrafamiliales et exposées dans cette période de confinement ;
o Veiller au maintien du lien social et au recensement des besoins des personnes isolées (portage de repas, aide à domicile) ;

o Baliser et surveiller l’application des mesures de confinement et de quatorzaine des voyageurs dès l’aéroport ;
o Déployer un dispositif de suivi personnalisé téléphonique de la mise en quatorzaine de personnes en provenance de zones de risque ;
o Proposer des centres de quatorzaine aux voyageurs qui en feraient la demande pour éviter l’exposition des proches ;

o Informer et veiller à l’application des règles strictes de confinement par la multiplication des contrôles ;

o Soutenir les acteurs économiques à partir des préconisations établies par le comité de suivi et de veille économique ;

o Adapter les mesures de gestion de crise à la réalité sanitaire grâce à l’expertise du comité scientifique.

COVID19 : la gestion sanitaire

Chiffres-clé

• 83 cas confirmés, dont 75 investigués et 8 confirmés ce jour à 17H00
• 66 cas importés (88% des 75 cas), dont 21 faisant partie de voyages en groupes (croisières, stage, tourisme,…).
• 5 cas de transmission locale en lien avec des cas importés diagnostiqués identifiés
• 3 cas de transmission locale en lien avec des voyageurs non diagnostiqués identifiés
• 1 cas de transmission locale en lien avec un contact de cas confirmé importé. Des investigations complémentaires sont en cours pour confirmer l’absence de contact de ce cas avec le cas importé, et d’autre part afin de circonscrire l’éventuelle chaîne de transmission locale.
• Un troisième patient entré en service de réanimation
• 850 personnes environ identifiées comme sujet contact et faisant l’objet d’une mesure de confinement et/ou de suivi de température.

Au regard du nombre croissant de cas de Coronavirus identifiés sur le territoire dont quelques situations de contamination locale, le Préfet de la Réunion, sur proposition de l’ARS, a décidé le passage au niveau 2 du plan de prévention et de lutte contre l’épidémie.

Ainsi, en complément des mesures de niveau 1 déjà en place qui visent à limiter l’introduction du virus sur le territoire, notamment par des mesures renforcées de contrôle sanitaire aux frontières et de dépistage rapide des premiers cas importés, les mesures de niveau 2 ont pour objectif de freiner la propagation du virus sur le territoire par l’identification et la prise en charge rapide des premiers cas autochtones isolés et en foyers, et la préparation du système de santé à prendre en charge un nombre de plus en plus important de malades.

Quels sont les changements du passage au niveau 2 ?

Dès le niveau 1, outre le dépistage des personnes ayant été en contact avec des voyageurs de retour de zones à risque, ont été préparés la montée en charge des établissements de santé et l’organisation de la prise en charge en médecine de ville.

Avec le passage en niveau 2, des mesures sont prises pour :
o le renforcement du suivi des personnes contact pendant les 14 jours de surveillance
o le renforcement de la stratégie de dépistage

Enfin, des mesures de niveau 3 sont progressivement déployées par anticipation, notamment :
o l’organisation du retour à domicile de certains patients sans signes de gravité, avec isolement strict et suivi à distance par les médecins traitants et les soignants en lien avec par les médecins hospitalier

Le renforcement de l’offre hospitalière

La préparation et l’adaptation du système de santé sont engagées sous le pilotage de l’ARS depuis plusieurs semaines, de façon à pouvoir assurer la prise en charge d’un nombre croissant de patients.
Cela se traduit pour les établissements notamment par :

o Des lits dédiés pour les hospitalisations COVIDS : 230 lits possibles répartis en le CHU de La Réunion (Nord et Sud) et la Clinique Sainte Clotilde
o Une augmentation des lits de réanimation et de surveillance continue + 50 lits rapportés à un total de 112 (+ 44%)

Un dépistage amplifié

Dépistage des voyageurs à l’aéroport dès leur arrivée

Le contrôle sanitaire aux Frontières a été renforcé depuis le 23 mars à l’aéroport afin de détecter sans délai les personnes malades et les prendre en charge immédiatement. Ainsi, dès leur arrivée à La Réunion, les voyageurs sortent de l’avion par groupes de 20 passagers, munis de leur engagement de confinement et d’un questionnaire comprenant leurs symptômes et leur lieu de voyage.
Après le passage au contrôle de police, chaque passager est orienté vers un espace dédié pour un entretien infirmier. Selon les symptômes déclarés (toux, fièvre, difficultés respiratoires) et évocateur du COVID 19, le passager est accompagné vers un autre espace spécifique pour un entretien confidentiel, avec un infirmier et un médecin présents sur place. Un prélèvement peut être réalisé sur place afin de détecter sans délai la maladie et assurer la prise en charge si nécessaire.

Une amplification du dépistage de manière ciblée

Cette décision d’extension s’est faite à l’issue d’une concertation avec les professionnels de santé de ville (médecins, infirmiers, pharmaciens), les médecins hospitaliers, les biologistes en présence de l’Assurance Maladie. Cette concertation a permis de définir un consensus local sur les situations méritant de bénéficier d’un test de dépistage, au-delà des orientations nationales :
o Tous les voyageurs symptomatiques, avec le renforcement des mesures d’accueil infirmier à l’aéroport
o Tous les soignants en activité et déclarant des symptômes
o Tous les soignants astreints au confinement pendant 14 jours, de par leur voyage hors département, au 5ème jour après leur retour
o Les sujets contacts de cas confirmés, lorsqu’ils sont symptomatiques
o Les patients des médecins traitant, sur prescription de ces derniers, selon des indications en cours de définition
o Tous les patients entrant en hospitalisation ayant voyagés dans les 15 jours précédents, et tous les nouveaux entrants en EHPAD avant leur admission
D’ores et déjà, deux laboratoires privés sont prêts à démarrer pour une capacité de tests par jour de 250 examens, qui s’ajoutent aux 200 examens supplémentaires permis avec le nouvel automate du CHU.

La distribution des masques

La protection des professionnels de santé est indispensable.

Elle repose sur la mise en oeuvre des mesures d’hygiène au sein des établissements et services de santé, en ville, et dans le secteur médico-social. Elle implique également l’utilisation de masques lors des soins aux personnes atteintes du COVID 19, ou possiblement atteintes.
Une première distribution de masques, ciblant principalement les médecins généralistes et les pédiatres de ville, est intervenue le 10 mars 2020, via les officines, soit 172 000 masques.

En dépit de la rareté des masques au niveau régional et national, l’ARS a décidé d’élargir la distribution de masques dès cette semaine :
– 140 000 masques à destination des professionnels libéraux (médecins généralistes, pédiatres, gynécologues obstétriciens, ophtalmologistes, radiologues, biologistes, pharmaciens, sages-femmes et infirmiers) ; ces masques sont disponibles dès ce jour dans les officines.
– 52 000 masques à destination des établissements et services accompagnant, en établissement ou à domicile, des personnes âgées, en situation de handicap ou de précarité sociale
– 13 000 masques à destination des transporteurs sanitaires
– 23 000 masques pour un réassort des établissements de santé
Soit 228 000 masques (dont 22% de masques FFP2) mis à disposition des professionnels de santé dans les tous prochains jours, et doivent couvrir les besoins des professionnels pour les 2 semaines à venir selon les consignes nationales.

Cette distribution est effectuée sur le stock stratégique régional, qui a fait l’objet d’un contrôle par la pharmacie du CHU de La Réunion. Au regard de l’ancienneté de sa constitution, les masques devront être recontrôlés par les pharmaciens d’officine lors de la délivrance aux professionnels et équipes.
Cette distribution doit couvrir les besoins des professionnels pour 2 semaines. Un réapprovisionnement des établissements de santé va également intervenir.

Un abondement national de 160 000 masques arrivera dans le courant de la semaine, permettant d’alimenter des distributions complémentaires en fonction de l’évolution de l’épidémie.
L’ensemble des entreprises, particuliers, et entreprises sont invités à faire don des stocks de masques qu’ils pourraient détenir.
L’assouplissement récent de la réquisition par le gouvernement doit également permettre de rouvrir un circuit commercial grâce à des importations.
Enfin, l’ARS recherche toutes les solutions locales d’importation.

Informations et recommandations à la population

Des gestes au quotidien, qui sauvent des vies

Le port du masque, lorsque l’on n’est pas malade ou soignant, n’est pas un moyen recommandé pour se protéger du coronavirus. En effet, face au Coronavirus, des gestes simples et efficaces doivent être pratiquées systématiquement :

• Se laver les mains très régulièrement
• Tousser ou éternuer dans son coude ou dans un mouchoir
• Saluer sans se serrer la main, éviter les embrassades
• Utiliser des mouchoirs à usage unique et les jeter
• Eviter les rassemblements et limiter au maximum sa vie sociale

Vous sauvez des vies en restant chez vous !

Il vous est demandé de rester chez vous pour ralentir la progression du virus dans l’île, pour éviter que les personnes les plus vulnérables soient touchées et pour que nos établissements de santé ne soient pas surchargés.

Respectez le confinement et les règles de distanciation sociale pour :
• Vous protéger et protéger les autres
• Casser les chaînes de transmission
• Réduire l’impact du nombre de malades en ville et à l’hôpital.