Coronavirus : confinés, cons finis, « conarologues»…

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L’heure est grave, vraiment grave, catastrophique même, pas encore apocalyptique, mais si ça continue, si aucun traitement efficace n’est pas rapidement trouvé, ça pourrait le devenir. Je grossis volontairement le trait, à la lumière des témoignages des médecins les plus réputés de par le monde, pour bien faire comprendre à celles et ceux qui ne l’auront pas encore compris que nous sommes tous dans la même galère, en danger.

Crise sanitaire, choc économique et social inédit, crise financière… Au risque d’enfoncer une porte ouverte, est-il encore besoin de rappeler que le Covid-19, qui est arrivé chez nous à La Réunion depuis fin février-début mars, tue. Il est contagieux, mortel. « Je n’ai jamais vu une chose d’aussi contagieux », dixit un grand médecin français dans Libération d’avant-hier. Tous les médecins du monde tiennent le même langage.

Près de 500 000 cas confirmés sur notre planète, plus de 3 milliards de personnes – soit la moitié de l’humanité – appelées à se confiner chez elles, plus de 20 000 morts dans près de 200 pays (dont plus de 230 en France). 135 cas avérés, c’est-à-dire testés positifs au Covid-19, à ce jour dans notre petite île.

135 cas à La Réunion, et ce n’est pas fini !

Mais sans vouloir être alarmiste, vous savez tout comme moi, que ce chiffre est loin de refléter la réalité. Les médecins ne le disent pas officiellement mais ils le laissent clairement entendre autour d’eux. Etant donné qu’il n’y a pas eu de dépistage massif dès le début, personne ne connaît exactement le nombre de cas positifs, de porteurs sains qui se promènent aujourd’hui dans la nature, toutes ces personnes rentrées de métropole et d’autres zones à risques, qui n’ont jamais été confinées dans un centre adapté ; Toutes ces personnes débarquées des bateaux de croisière ayant accosté au Port… Personne, pas même la préfecture, ni l’ARS ne connaît le nombre exact de personnes porteuses du virus ici, hormis celles qui subissent le test selon les critères très discutables fixés par l’ARS, qui opère sous la responsabilité de la préfecture, donc de l’Etat.

Tout cela pour vous dire qu’en dépit du compteur officiel affiché au jour le jour, la réalité en est tout autre. Vous remarquerez au passage que le nombre de cas confirmés au fil des jours est

annoncé non plus pendant les points-presse ou par mail en fin de journée, mais dans la soirée, bien souvent après 20 heures, par un mail de la préfecture/ARS, donc après les journaux télévisés de 19 heures, sans doute pour ne pas ajouter à une panique, à un affolement déjà bien réel.

La situation est grave, plus que préoccupante, à l’échelle mondiale. Personne ne sait comment va se terminer cette pandémie. Personne ne sait jusqu’à quand cette crise sanitaire va nous clouer, nous calfeutrer dans nout’ case. Outre la recherche scientifique nationale voire européenne, outre la décision toute récente du gouvernement d’autoriser la commercialisation de la chloroquine défendue depuis le début par le Professeur Raoult de Marseille, l’heure est à la recherche de solutions locales rapides, pragmatiques, pour se débrouiller autant que faire se peut, afin de nous protéger, de protéger les nôtres (les autres aussi, solidarité oblige), afin de survivre tout simplement en luttant contre la propagation de ce virus destructeur.

Ce n’est surtout pas le moment de se regarder le nombril et de s’amuser, nous journalistes et même les politiques, à vouloir surfer sur la vague populiste en « servant » à une partie de la population ce qu’elle a envie d’entendre.

A l’heure où certains se tuent à trouver des solutions collectives, d’autres n’ont rien trouvé de mieux que de demander la tête de la directrice de l’ARS, qui opère sous la responsabilité du préfet (représentant), lequel agit lui-même sous celle du gouvernement dirigé par le Premier ministre, lequel est nommé par le Président de la République Macron. Comme si en coupant la tête, là, tout de suite, celle de Martine Ladoucette en l’occurrence, la crise sera réglée dans la foulée. Comme si le fait de virer le préfet sur le champ permettra de faire miraculeusement disparaître le Covid-19 de La Réunion, et pourquoi pas aussi de la planète.

Certes, on ne va pas changer du jour au lendemain l’espèce humaine qui a toujours besoin d’un bouc émissaire pour avancer (C’est pas moi, c’est lui !), mais est-ce vraiment le moment pour réclamer des têtes, lesquelles, de toutes les façons, tomberont d’elles mêmes, au moment de rendre des comptes. L’ironie de l’histoire, c’est que ceux-là mêmes qui vont couper les têtes, sont les premiers coupables, au plus haut niveau, de la propagation de ce virus en France et en Outre-mer parce que les ordres donnés n’étaient pas les bons dès le début de la crise. J’entends par là que si des têtes doivent être coupées, il faudrait d’abord commencer par celle du chef de l’Etat, puis celle de l’ancienne ministre de la Santé Agnès Buzyn, puis celle du Premier ministre, celle encore de tous ces grands infectiologues de France qui ont minimisé la dangerosité de cette crise sanitaire en janvier dernier.

Donc, comprenez bien, je ne me fais pas l’avocat de X ou de Y, (ils n’ont pas besoin de moi pour ça), mais quand bien même on dresserait dans l’immédiat une potence, dans le square Labourdonnais (devant la préfecture), et on passerait sous la guillotine la tête de la directrice de l’ARS et celle du préfet, pensez-vous sérieusement, que La Réunion serait sortie d’affaire ? Pensez-vous tout aussi sérieusement que la crise s’arrêtera et qu’elle sera mieux gérée avec l’envoi expresse à La Réunion de deux nouveaux hauts fonctionnaires d’Etat – quitte à les embarquer tout de suite sur le Mistral, le porte hélicoptères que va nous envoyer Emmanuel Macron – pour remplacer Billant et Ladoucette ?

Tout le monde a “merdé”

Arrêtons les conneries s’il vous plaît ! Tout le monde a « merdé », et à tous les niveaux, dans la gestion, dans l’anticipation, de cette crise sanitaire dans le monde, en France, en Outre-mer, à La Réunion.

Rappelez-vous, il y a encore deux-trois semaines de cela, des déclarations des infectiologues, des ministres, du Premier ministre ! La preuve existe par les vidéos, les extraits des interviewes télévisées comme celle d’un grand spécialiste de la médecine qui disait : « il peut y avoir un cas, mais on va très rapidement le contenir ce virus». Agnès Buzyn (ministre de la Santé) de son côté, sur BFM-TV, déclarait : « il n’est pas possible de fermer les frontières. Il ne peut pas y avoir d’épidémie en France, on est préparé… Pas de propagation possible en France». Michel Cymes, le médecin le plus médiatique de France, interrogé par France Inter : « c’est une forme de grippe. Non, ce n’est pas inquiétant du tout ». Une infectiologue de la Pitié-Salpétrière à Paris : « il ne faut pas s’affoler face à cette épidémie médiatico-psychotique ; C’est une infection réellement bénigne ». Sibeth N’Diaye, ministre et porte-parole du gouvernement : « on n’a pas fermé toutes les écoles de France quand il y a eu l’épidémie de grippe ! ». Michel Blanquer : « il n’est pas question de fermer les écoles ». Sibeth N’Diaye encore, concernant les masques : « pas de risque de pénurie de masque. On a des stocks d’Etat, on les a ». Edouard Philippe, Premier ministre : « si les Français peuvent sortir pour aller faire leurs courses, on ne peut pas les interdire d’aller voter… ».

Voilà un petit florilège de déclarations qui montre, si besoin, que toux ceux qui nous dirigent se sont pris les pieds dans le tapis de l’improvisation, de l’impréparation face à une crise sanitaire pourtant dévastatrice, et qu’ils ont commencé à se bouger le popotin, Macron le premier, quand le CAC 40 s’est mis à trembler et que les copains banquiers et hommes d’affaires, allaient être condamnés à boire la tasse.

Même les Chinois d’où est né le Covid-19 se sont bien gardés de tout dire à la communauté internationale quant à la contagiosité et la gravité des symptômes de ce virus, afin de ne pas froisser les grands « clients » de l’Occident. Maintenant, le mal est fait, il faut le gérer. La population a peur. C’est compréhensible.

Cette même population qui chantait, il n’y a pas si longtemps encore les louanges à Emmanuel Macron, demande aujourd’hui son éradication du pouvoir. Témoin, ce sondage réalisé pour le Figaro par Odoxa avec Dentsu Consulting sur un échantillon d’un millier de Français. Sondage publié avant-hier et qui dit que le 19 mars dernier, après l’allocution du Président de la République sur la crise du Covid, 82% des Français estimaient que « le chef de l’Etat avait pris la mesure de la gravité de cette crise », 62% ont trouvé « qu’il a été clair » et 59% « qu’il leur disait la vérité ». 9 Français sur 10 avaient confié que les mesures prises étaient « bonnes ». Une semaine plus tard, 69% des mêmes Français estiment « qu’il n’est pas clair », 55% jugent que « le gouvernement n’a pas pris la mesure de la gravité » de la situation et 79% considèrent que « le gouvernement ne sait pas où il va ». Comprenne qui pourra ! L’être humain est ainsi fait et, comme on le dit souvent, il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis.

Je reviens à notre situation locale. On rendra tous des comptes à l’heure du bilan. A commencer par les hauts fonctionnaires dont la mission est de gérer. Gérer n’est-ce pas prévoir ? Prévoir, anticiper. Force est de constater, mais on y reviendra à l’heure du bilan (dans combien de temps, personne ne le sait encore, tout dépendra du virus), qu’il y a eu des manquements flagrants dans la gestion de cette crise sanitaire ; Que Ladoucette (qui porte apparemment bien son nom car pas trop vite le matin, doucettement l’après-midi) a fait preuve d’un manque de rigueur évident, de légèreté, dans la prise de décisions ; Que l’affaire des masques « pourris » est tout simplement scandaleux ; Que la guéguerre que se livrent aujourd’hui l’ARS et le CHU de Lionel Callenge l’est tout autant même s’il est vrai que Callenge, le directeur du CHU, n’a légitimement pas envie de porter le chapeau à la place de Ladoucette. Force est de constater aussi que le préfet Jacques Billant a sans doute trop attendu les consignes nationales avant d’agir en oubliant que La Réunion est une île et qu’il existait de par notre insularité (qui pour une fois est un avantage) des moyens plus radicaux d’empêcher non pas l’entrée du virus sur notre territoire mais au moins sa propagation.

Jusqu’au 15 mars, nos élus n’étaient pas là ek le Covid-19 

Comment ? En ne laissant pas accoster des bateaux de croisière au Port ! En dépistant systématiquement les voyageurs débarquant à Gillot dans dans un premier temps et ne pas seulement se contenter de leur distribuer un flyer, puis en confinant les autres qui arrivaient au fur et à mesure dans les hôtels (déjà vides), puis, enfin, en fermant carrément l’aéroport !

Il faut dire aussi que durant les premières semaines de la crise, en mars, le préfet n’a pu compter sur l’aide des élus qui, tous, avaient la tête ailleurs, dans leur bout de gras, si vous voyez ce que je veux dire. Nous étions en pleine campagne pour le premier tour des municipales. Et, pour ces élus, toutes obédiences confondues (même s’ils sont tous quasiment et opportunément sans étiquette aujourd’hui), la priorité, c’était le scrutin 2020, pas le Covid-19. Jusqu’au 15 mars, date du premier tour des élections, les élus, les candidats étaient tous pris par la politique, alors que 3 cas avaient déjà été annoncés dans l’île trois jours avant. Ils étaient bras dessus-bras dessous avec leurs militants en ne respectant aucun geste barrière devant leur permanence électorale.

Depuis, ils se sont rattrapés et s’activent en y apportant leur contribution aux côtés du préfet. Trop tard ? Tant qu’il y a de la vie, tant qu’il y a de l’espoir. Il faut tout mettre en œuvre, tout essayer. « Nous sommes en guerre », a dit Macron, qui préconise « un plan massif d’investissement et de revalorisation des carrières » pour l’hôpital. Pas trop tôt ! Il a enfin compris que la santé n’avait pas de prix. Il aura fallu ce virus pour qu’il comprenne que la santé n’était pas une dépense mais bien un investissement et qu’il était insensé de vouloir, comme l’a fait son gouvernement, réaliser des économies sur la tête de celles et ceux qui, au péril de leur vie, soignent et sauvent des gens tous les jours.

Ces personnels soignants, infirmiers, infirmières, aides-soignants, médecins, les étudiants médecins ou infirmiers, tels des « sans-culottes » envoyés au front et souvent sans armes (plus de masques, de gel, de gants, de sur-blouses…) dans cette guerre contre l’ennemi invisible mais mortel. Sans oublier les éboueurs, les aides ménagères les personnels administratifs, les artisans et autres qui ne sont pas les « 1er de cordée » mais qui sont ô combien essentiels au bon fonctionnement du pays, qui plus est en ces temps de guerre. Et pendant que ces « héros » à moins de 2000 balles/mois (sauf les médecins) sont en première ligne, nos footballeurs à 1 million d’euros/mois sont confinés chez eux avec leur PS4. La France est quand même un pays bizarre, comme l’a relevé Philippe Poutou (homme politique d’extrême gauche) : elle est rupture de stocks de masques FFP1, FFP2, de gants, de gel hydroalcoolique, de tests médicaux, mais jamais en rupture d’armes de guerre militaire, jamais en rupture d’armes anti-manifestations (lanceurs de balles de défenses, LBD, gaz lacrymogène…) dont se servent les forces de l’ordre pour « languetter » les « derniers de cordée » qui osent parfois se rebeller afin d’obtenir quelques centimes de plus. C’est quand même dingue !

La France est un pays surprenant aussi. On le voit en temps de « guerre », comme c’est actuellement le cas où tout le monde devient spécialiste de tout. Je n’ai jamais vu, aussi bien dans l’hexagone qu’ici, autant de préfets, de directrices de l’ARS, d’infectiologues, de virologues, de spécialistes du Coronavirus que j’ai presqu’envie d’appeler, par provocation, je l’avoue, des « conarologues » (ou conard-rologues) tant ils disent n’importe quoi. Je n’ai jamais entendu autant de théories loufoques, conspirationnistes, jamais assisté à une aussi grande hystérie complotiste autour d’une maladie. Entre « les épidémies mortelles qui viennent nettoyer la terre tous les 100 ans », « le virus qui s’est échappé d’un laboratoire de Wuhan »… on aura tout entendu. Toute une litanie d’inepties. Des posts affolants sur les réseaux sociaux comme celui d’une élue qui fait état d’une augmentation du « nombre de contaminés » à Bras-Panon. Mais très vite, après savoir compris sa bourde et s’être fait souffler dans les bronches, elle a retiré son post « gros doigt »

On aura vu – et ce n’est pas fini – des comportements irresponsables des Réunionnaises et des Réunionnais mais pas que…, au moment même où les autorités appellent à respecter les consignes, les gestes barrière etc… Jugez-en vous même par cette photo de la conférence de presse tenue dimanche dernier à la préfecture :

On aura vu des confinements qui laissent à désirer, notamment dans les bus bondés, devant certains supermarchés, dans les marchés forains. Ce qui prouve que nous sommes tous dépassés par l’ampleur et la gravité de la crise. Certes, il n’est pas évident de rester enfermés, de se retrouver en mode réclusion, surtout quand ce sont un Président et un gouvernement « En Marche » nous demandent de rester à l’arrêt ! Mais il en va de notre santé, de notre survie.

Ne plaisantons pas avec les consignes s’il vous plaît ! Demandez aux personnels soignants, ceux qui bossent en réanimation ou dans le service pneumologie et vous comprendrez qu’il ne faut surtout pas prendre ce virus à la légère.

La crise peut avoir bon dos, attention aux effets d’annonce !

Il faut gérer la crise. Les autorités vont devoir durcir les mesures de confinement qui risque de durer encore des semaines. Des mois ? La priorité des priorités, c’est la recherche de masques, de gants, de sur-blouses afin de protéger celles et ceux qui sont en première ligne et dont certains (certaines) ont déjà payé un lourd tribut. En attendant que les chercheurs trouvent un médicament pour lutter contre le virus, tout le monde, chacun à son niveau, doit y mettre du sien, apporter sa contribution. Les entreprises privées vers lesquelles se tourne aujourd’hui le milieu hospitalier donnent des masques. La Région en a également commandé : 100 000 d’Afrique du Sud, 1 million de Chine, de Tianjin (ville jumelée avec la Région Réunion) et ou se sont rendus plus d’une fois Didier Robert, son épouse Corine, et la conseillère régionale Lynda Lee Mow Sim (notre photo, en compagnie du maire de Tianjin à l’extrême droite)

En février dernier, notre petite Réunion avait apporté son aide au géant qu’est la Chine. Le consulat de Chine dans l’île ainsi que les associations chinoises avait acheté 40 000 masques chirurgicaux de type FFP2 aux pharmaciens de La Réunion pour les réexpédier en Chine. (Cf. un article du site Clicanoo du 27 février dernier, titré « la razzia du consulat de Chine sur les masques de protection ». Aujourd’hui, c’est Didier Robert qui va acheter les masques aux Chinois. A ce propos, il convient de préciser que seules les entreprises qui achèteront des masques pour en faire don aux personnels soignants seront exonérées d’octroi de mer. Attention aux effets d’annonce ! (voir document ci-dessous).

 

Il y a des privés qui ont la possibilité de faire venir des masques ainsi que des tests de dépistage (fiables à 97%) déjà commercialisés en Europe et qui permettent de détecter la maladie à partir d’une simple goutte de sang, mais pas d’autorisation de la part des autorités sanitaires françaises car le mode d’emploi est écrit en anglais ! Quant aux masques, l’octroi de mer s’applique systématiquement pour ces privés qui veulent revendre étant donnés qu’ils ne sont pas subventionnés.

Didier Robert : encore “1 à 2 millions d’euros pour la presse”

En parlant de subvention, à noter que dans les 25 millions d’euros prévus par la Région au titre des mesures économiques dans le cadre de la crise du Coronavirus, le président de Région a pris soin de penser à la presse. A laquelle de presse ? Dans un article de Clicanoo (20 mars dernier) intitulé « La Région débloque des millions d’euros pour l’économie », le président Robert explique en plein milieu de l’article : « nous allons mettre en place des mesures spécifiques pour la presse écrite et numérique. La Région va débloquer entre un et deux millions d’euros pour lui ( ?) permettre de passer le cap en raison d’une baisse de chiffre d’affaires et de ventes. Notre système démocratique doit avoir une presse qui fonctionne le mieux possible. Les Réunionnais ont besoin de s’informer. On s’engage une nouvelle fois à leur côté pour passer ce moment de tension. Mais j’en appelle une fois de plus à l’Etat pour que le dispositif d’aide à la presse au niveau national soit appliqué à La Réunion de manière sérieuse. Ce n’est pas seulement à la Région de monter au créneau. Cela concerne tout le monde… ».

Rappelons que la Région de Didier Robert a déjà donné 1 million d’euros d’argent des contribuables (notre argent) au Quotidien, 3 millions d’euros au JIR/Clicanoo, plus de 100 000 euros à Zinfos etc… Encore un petit million au JIR/clicanoo, et ça n’en fera que 4 millions en l’espace de 3 ans. En clair, pas besoin d’être « devineur » pour savoir quels sont les médias qui vont (encore) hériter de ces millions d’argent de nos impôts. Il suffit de les lire pour comprendre.

A noter par ailleurs que la Région a affrété un avion (Air Austral également financé avec une partie de notre argent via la Sematra) pour aller récupérer les jeunes Réunionnais bloqués en Afrique-du-Sud, avion qui, par la même occasion ramènera 100 000 masques, en attendant le million devant arriver de Chine.

A noter aussi que c’est grâce à l’action d’Ericka Bareigts et de Gilbert Annette que les 13 Réunionnaises bloquées en Inde ont pu regagner leur île. Une information que vous ne trouverez pas dans « les médias subventionnés » surtout en ces temps où le second des élections municipales n’a pas encore eu lieu, voire même qu’il pourrait être carrément annulé pour tout recommencer, si la crise du Covid devait encore durer d’ici à juin prochain.

Toujours au titre des mesures prises par nos élus, à noter le Pacte sanitaire de 30 millions d’euros qui sera adopté aujourd’hui par le Département à l’issue de la commission permanente afin de venir en aide aux personnes âgées, aux allocataires du RSA et aux familles les plus démunies. Enfin, depuis hier, la sénatrice Nassimah Dindar a lancé une pétition pour que le coefficient géographique de La Réunion passe de 31% à 35%, c’est-à-dire pour quel soit doté de moyens nécessaires lui permettant de prendre en charge correctement les malades. Huguette Bello aussi a écrit au ministre de la Santé pour plaider la cause des personnels soignants. D’autres élus proposent gymnase et places publiques pour accueillir des centres de confinement ou hôpital de campagne…

Une dernière information pour finir : selon l’Organisation Internationale du Travail (OIT), 25 millions de personnes pourraient être mis au chômage à cause de la crise du Coronavirus. Mais cela ne concerne pas les hauts fonctionnaires qui, malgré toutes les fautes professionnelles qu’ils ont déjà commises et pourraient encore commettre dans la gestion de cette crise, ne perdront jamais leur job.

Vous comprenez maintenant pourquoi, contrairement à d’autres, je ne perds pas mon temps, ni mon énergie, à demander la tête du préfet et celle de la directrice de l’ARS car, crise ou pas, ces hauts fonctionnaires sont de par leurs fonctions appelés à bouger (s’ils n’ont pas encore l’âge de la retraite) en gardant tous leurs avantages. Sanction ou pas. Concentrez-vous plutôt sur la crise sanitaire, sur le respect des consignes afin de vous protéger durant la période du confinement. Que ça soit dans le privé ou dans le public, j’en ai vu passer des « bras cassés » dans notre ancienne colonie.

Y.M.

(montrougeyves@gmail.com)