“Mais, où sont passé les réserves communales de sécurité civile des communes Réunionnaises ?”, Daniel Pouny

0
L'article post original est disponible sur this site
Share Button

La réserve communale de sécurité civile (RCSC) n’est pas un dispositif obligatoire, mais elle est très fortement recommandée aux communes par le gouvernement pour le bien de la population.

La RCSC est un outil de mobilisation civique, créée par la loi de modernisation de la sécurité civile de 2004 et complétée par une circulaire du ministère de l’Intérieur du 12 août 2005. Le maire est le maillon de proximité dans le domaine de la sécurité civile au titre de ses pouvoirs de police municipale. Rappelons ici que le maire conserve en toutes circonstances ses pouvoirs de police générale. Il doit donc organiser ses services pour être en mesure de mettre en œuvre ses compétences de police municipale et protéger sa population. La RCSC est donc placée sous son autorité. Elle est créée par décision du conseil municipal. Comme
pour toute structure de solidarité, elle peut même, pour son fonctionnement, bénéficier de fonds européens.

Constituée de citoyens volontaires et bénévoles, la RCSC apporte son concours à l’équipe municipale en participant au soutien et à l’assistance des populations en cas de crise. Pour y participer, il n’y a pas de critère particulier de recrutement, de condition d’âge ou d’aptitude physique. L’engagement prend la forme d’un contrat conclu avec le maire. Il n’y a pas de formation particulière à avoir ou à suivre, mais des séances d’information et des exercices sont régulièrement organisés par la mairie. Les membres de la RCSC sont garantis d‘être dédommager intégralement en cas d’accident.

La réserve communale de sécurité civile a pour objet d’appuyer les services concourant à la sécurité civile en cas d’événements excédant leurs moyens habituels ou dans des situations particulières. La réserve communale de sécurité civile est complémentaire du plan communal de sauvegarde qui a également été institué par la loi du 13 août 2004 et qui constitue le document planifiant l’organisation et la gestion de crise, à l’échelle de la commune.

A ce stade, faisons la distinction entre secours aux personnes et sauvegarde de la population. Il faut entendre généralement par “secours” les mesures destinées à sauver les personnes d’un péril imminent, à travers par exemple les évacuations d’urgence et l’apport de soins médicaux. Les acteurs des opérations de secours sont notamment les sapeurs-pompiers, le Service d’aide médicale urgente (SAMU) ou encore certaines associations agréées de sécurité civile.

Les mesures de sauvegarde de la population constituent les “actes d’assistance des personnes réalisés par des acteurs qui ne sont pas formés à intervenir en situation dangereuse. C’est-à-dire que les opérations ont lieu dans un environnement ne menaçant
pas directement les protagonistes.” Ces actions comprennent l’information à la population, la diffusion de l’alerte, l’évacuation préventive, le ravitaillement et le relogement des personnes sinistrées, le soutien moral aux victimes. Seules les missions relevant de la sauvegarde de la population peuvent être confiées à la réserve communale de sécurité civile.

Il est clair que La Réunion est actuellement dans une situation particulière avec la crise du corona virus. Au moment où le personnel des communes et celui des Centres communaux d’Action Social (CCAS) notamment les plus motivés vont être essoufflés, cette armée de bénévoles pourrait par exemple : participer à la mise en place de centres d’accueil pour les mises en quarantaine ; participer à l’alerte des populations ; aider à la protection des biens ; suivre les personnes les plus vulnérables au niveau des repas, des médicaments, sur le plan du soutien moral ; aide à l’armement et au fonctionnement d’un poste de commandement
communal ; aide au ravitaillement des professionnels de santé…. Après la crise elle pourrait s’occuper à aider au nettoyage et à la remise en état des lieux ; aider les personnes les plus fragiles dans leurs démarches administratives ; collecter et distribuer les dons matériels au profit de ces dernières…

L’intérêt de la mise en œuvre d’un tel outil de mobilisation civique, c’est qu’il fonctionne dans le bon ordre au travers de son règlement intérieur qui définit le rôle, les missions et l’organisation de la structure, ainsi que les conditions de recrutements, les statuts, les modalités de mobilisations… Tout est carré et sous contrôle, il n’y a pas la place pour l’improvisation.

A cet instant, chacun est en droit de se demander : Mais où sont donc passé nos réserves communales de sécurité civile ? Que font nos maires pour limiter la propagation du Corona virus en termes de continuation d’activité et de service public ? « La sauvegarde est une mission de proximité » dit le General François Vernoux, ancien permanent du Centre Opérationnel de Gestion Interministérielle des crises.

‘’Nou lé pa plis, nou lé pa moin, respek a nou ‘’ formule de Laurent Verges bien connue des Politiques d’ici et de la population réunionnaise. Ce slogan avait naturellement pour toile de fond, la revendication de l’égalité sociale. Voulons-nous vraiment cette égalité sociale ?

J’observe que chez nous, aujourd’hui, au 15 e jour du confinement, nos armées de volontaires et de bénévoles ne sont toujours pas activées alors que dans beaucoup de commune de l’hexagone elles sont en mouvement pour aider les Maires à faire face au COVID19. Pourtant cette loi n’est pas exclusive à la Métropole, elle est égalitairement applicable aux communes des Départements et Régions d’outre-mer.

La loi est la même pour tous. Cette manie de recherche permanente d’égalité sociale et de pouvoir de décision locale que nous avons ici, devrait pourtant nous inciter à l’instar des communes de France-Métropolitaine, à déployer cet outil de solidarité pour le bénéfice de notre population. Mais, espérons qu’après la crise, au moment de tirer les leçons, nos Premiers Magistrats nous expliquerons les raisons de ce freinage de solidarité citoyenne, alors que les bonnes volontés ne manquent pas dans notre société, pendant que le gouvernement depuis 2011 invite fortement les communes à constituer des stocks de masques et autre solutions hydro alcooliques pour le bon fonctionnement des réserves communales de sécurité civile en cas de crise sanitaire d’envergure.

Daniel POUNY.
Animateur du Comité local La Bretagne En Marche.