St-Louis : Le PEUP de Philippe Rangama rejoint Claude Hoarau

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“Le Peup fait le choix du progressisme”, explique Philippe Laïnin Rangama du PEUP à Saint-Louis, avant d’expliquer le choix de son parti pour le second tour des municipales le 28 juin prochain.

“Le scrutin des municipales 2020 restera dans l’histoire comme un rendez- vous électoral atypique, en particulier à Saint-Louis.

D’abord, en raison du faible taux de participation qui a été de 55,08%.

Ensuite, parce qu’à Saint-Louis, entre les trois candidats arrivés en tête au premier tour, il n’y a que 260 voix d’écart :

–  Mme Juliana M’Doihoma, 26,46% des suffrages, soit 6 019 voix

–  M. Cyrille Hamilcaro, 25,36% des suffrages, soit 5 767 voix, ce qui correspond à 252 voix d’écart avec Mme M’Doihoma.

–  M. Claude Hoarau, 25,32% des suffrages, soit 5 759 voix, ce qui correspond à 8 voix d’écart sur M. Hamilcaro et 260 voix d’écart avec Mme M’Doihoma.

A la lecture de ces chiffres, il est clair que rien n’est joué, car ces 260 voix qui séparent les trois candidats arrivés en tête, représentent environ 0,6% des 42 699 électeurs inscrits à Saint-Louis.

Enfin, cette élection municipale 2020 a été atypique dans la mesure où l’épidémie de Covid-19 a conduit le gouvernement à instaurer l’état d’urgence sanitaire et à reporter le second tour, ce qui ne s’était jamais vu.

Positionnement du PEUP pour le deuxième tour :

Depuis sa création, il y a 13 ans, le PEUP a toujours prôné une politique de rupture et c’est sur ce thème, avec notre programme, que nous nous sommes présentés à cette campagne électorale.

Nous tenons ici à remercier les électeurs et les électrices qui nous ont fait confiance. Mais force est de constater qu’avec un score de 7% qui nous place en 4ème position à l’issue du premier tour, notre résultat n’a pas été à la hauteur de nos espérances.

Les résultats sont ce qu’ils sont. On peut le déplorer, le regretter, mais c’est la démocratie et c’est ainsi. Comme on dit : vox populi, vox déi et nous prenons acte.

Nous avons réuni nos militants et notre équipe de campagne pour tirer les enseignements de ce premier tour. De nos débats, il est ressorti un constat et une question.

Le constat est simple : notre score ne nous permet pas de nous maintenir au second tour.

Certes, nous ne pouvons pas nous maintenir, mais notre score nous per- met de fusionner et donc de faire alliance avec une autre liste.

Deux possibilités s’offraient à nous :

  1.   Nous retirer purement et simplement de la course pour le second tour,
  2.   Nouer une alliance avec une liste qui serait ouverte aux grandes lignes de notre programme pour une nouvelle gouvernance de la commune de Saint-Louis.

Là encore, fidèle à notre mode de fonctionnement, nous avons étudié toutes les options avec nos militants.

Il a été décidé, après en avoir débattu, que nous devions nous associer avec une des listes qualifiées pour le deuxième tour, si nous voulions continuer notre combat et faire progresser nos idées pour Saint-Louis.

D’autant que certaines de nos idées, comme le Revenu Universel Communal fait son chemin, et est repris par d’autres candidats, notamment au niveau national. Même le pape – qui ne s’est sûrement pas inspiré de nous – a lancé l’idée d’un revenu universel de base…pour répondre au désastre social causé par le Covid 19.

Le principe d’une alliance étant acquis, avec qui pouvions-nous espérer nouer une alliance ? Il ne s’agit pas pour le PEUP d’être une variable d’ajustement pour l’emporter au second tour, mais de créer réellement les conditions d’une nouvelle gouvernance, car pour nous, les idées que nous défendons valent bien plus que des postes ou des places sur une liste.

Deux blocs s’affrontent donc :

–  Un bloc de droite

–  Un bloc de gauche

Le PEUP est profondément et résolument un mouvement de gauche

progressiste.

En toute logique, nous n’aurions pas pu rejoindre la liste de Mme M’Doihoma. Car au delà des municipales, il faut aussi se projeter vers les élections départementales et surtout régionales.

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Permettre à M. Hamilcaro ou à Mme M’Doihoma d’être aux responsabilités, c’est créer une dynamique en faveur de Didier Robert en 2021. Par ailleurs, nous n’oublions pas qu’en tant que conseillère régionale, Mme M’Doihoma a voté toutes les décisions de la majorité de M. Didier Robert, qu’il s’agisse par exemple de la baisse des subventions aux associations culturelles ou de la hausse du prix des carburants.

Mme M’Doihoma ou l’opportunisme en politique

Pour nous, Mme M’Doihoma se donne une image. Elle veut incarner le re- nouveau, le changement, mais elle utilise des méthodes anciennes. Elle a été l’adjointe de M. Hamilcaro avec qui elle a voté toutes les décisions du conseil municipal.

Elle se donne une posture, mais son « divorce » avec la majorité municipale, après quatre années de « vie commune » n’a été guidé que par l’opportunisme. Selon un schéma classique en politique, comme l’a fait en son temps Emmanuel Macron, elle s’est crue obligée de « tuer le père » pour exister et se faire un nom…

M. Hamilcaro, du ti kaf la kour au détournement de fonds publics

Par ailleurs, il va sans dire – mais c’est toujours mieux en le disant – que nous ne partageons aucune valeur avec M. Hamilcaro. Rappelons qu’en 2001, il incarnait le changement, la jeunesse et une majorité de Saint-Louisiens avait voté pour sa liste qui avait pour slogan : « Justice et vérité ».

On sait ce que sont devenues les belles paroles : en moins d’un mandat, on a appris la triste vérité sur des malversations qui lui ont valu d’être condamné par la justice.

M. Hoarau ou le Robin des bois maladroit

Nous avons accepté d’engager le dialogue avec Claude Hoarau et ses colistiers. Ce fut une discussion franche, sans tabous, au cours de laquelle nous avons évoqué les errements du passé.

M. Claude Hoarau, comme il l’a fait durant la campagne, a fait son mea culpa et a admis des maladresses dans la gestion communale.

Face à l’urgence sociale, Claude Hoarau a fait des choix malheureux qui auraient pu être évités avec un dispositif tel que le Revenu Universel Communal que nous proposons. L’idée étant de ne pas simplement distri- buer de l’argent, mais de s’attaquer aux causes de la pauvreté et de la précarité, en aidant les personnes concernées à se réinsérer dans le monde du travail. C’est, par exemple, en mettant en place le dispositif « territoire zéro chômeur de longue durée » que nous y arriverons.

Faire du social intelligent

Nous appelons cela faire du social intelligent en offrant une perspective aux personnes en détresse au lieu de les y maintenir. Et sur ce point, notre programme de gouvernance constituera une véritable rupture avec ce qui se fait jusqu’à présent.

Il est de bon ton d’opposer ce que la presse appelle les deux « CH ».

La réalité est simple. D’un côté, Claude Hoarau a utilisé, maladroitement les fonds communaux pour venir en aide aux plus nécessiteux, notam- ment pour des frais de scolarité, les études, mais aussi pour l’amélioration de l’habitat social, entre autres.

D’un côté, il y a eu un Claude Hoarau qui a joué au Robin des Bois mal- adroitement et de l’autre, un Cyrille Hamilcaro qui a commis des malversations qui lui ont valu des condamnations judiciaires.

Bien entendu, il faudra toujours venir en aide à la moitié de la population Saint-Lousienne qui vit sous le seuil de pauvreté. Mais il faudra le faire différemment. Nous avons fait des propositions en ce sens, et nous avons tracé ensemble les grandes lignes d’un contrat de confiance entre nos deux listes de gauche pour un contrat de gouvernance.

Vous l’aurez compris, pour le second tour qui se jouera le 28 juin prochain, le PEUP et Claude Hoarau feront alliance sur la base d’un contrat de gouvernance dont vous aurez bientôt les détails”.