Présentation du projet ARTEMIS

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Ce vendredi 10 juillet 2020, ils étaient 258 participants, un peu partout dans le monde, réunis en webinaire sur Zoom pour parler des Accords Artemis et du droit spatial à l’aube du retour d’hommes et de femmes sur la Lune.

Il y avait des Américains, des Canadiens, des Australiens, des Russes, des Japonais, et des Européens comme Giuseppe Reibaldi, qui est Président de la Moon Village Association, mais peu de Français. A minuit passé à son heure locale, le Professeur Steven Freeland modérait les débats depuis l’Université de Sydney, en Australie. Et en fin d’après-midi à Piton Sainte-Rose, à La Réunion, le Docteur en Organisation Guy Pignolet avait retrouvé sur les écrans du web son vieil ami Ram Jakhu, Professeur de Droit Spatial et principal organisateur du webinaire. Ils s’étaient déjà rencontrés une fois dans un congrès à Shanghai, et une autre fois chez le Professeur, au Canada où il habite.

Ce vendredi 9 juillet 2020, Il était 10 heures du matin à Montréal et le Professeur Rakhu parlait depuis la Faculté de Droit de l’Université McGill. Artemis, du nom de la sœur d’Apollo, est le nom du nouveau programme lunaire et les “Accords Artemis” ont pour objet de donner un cadre légal au multipartenariat mondial qui s’apprête à s’installer de manière permanente autour de la Lune et sur la Lune au cours des prochaines années pour des activités pacifiques et fructueuses.

Ces accords s’inspirent du “Moon Treaty” de 1967, un traité à la rédaction duquel les Américains avaient beaucoup contribué, mais qu’ils n’ont jamais signé. Les Accords Artemis réaffirment l’interdiction de s’approprier le sol de la Lune, que ce soit par des États ou par des entités privées, mais il n’exclut pas une exploitation industrielle et commerciales des ressources que l’on peut y trouver, ce qui apparaît satisfaire pleinement les intérêts américains. Deux questions essentielles ont été débattues pendant le webinaire sur les Accords Artemis : l’une des questions est de préciser qui peuvent être des partenaires dans ces accords. Les États se veulent bien sûr les partenaires naturels, mais il y a aussi les Agences Spatiales, qui ne se confondent pas toujours avec les puissances nationales. Les frictions récurrentes entre l’Agence Spatiale Européenne et le Programme Spatial de la Commission Européenne en sont un exemple. Et surtout il y a la montée en puissance des entreprises privées dans les affaires de l’Espace.

L’autre grande question est celle de la place des Chinois, qui pour le moment sont absents des accords, mais qui nécessairement devront bientôt être partie prenante. Pour marquer le caractère important et essentiel d’une bonne coopération et pour éviter de potentiels conflits, les orateurs avaient choisi de présenter en exemple à la fin des deux heures de webinaire une image du système d’amarrage APAS utilisé en 1975 pour la rencontre en orbite entre Américains et Soviétiques. Ce système androgyne à pétales a été inventé par un “Réunionnais d’origine russe”, l’ingénieur Vladimir Syromiatnikov, à la mémoire duquel un monument a été érigé sur un rond-point du boulevard Sud à Saint-Denis de La Réunion pour son rôle dans la mise en orbite du satellite des élèves du Collège Reydellet. Notre remarquable et mystérieuse “Porte des Mondes” serait-elle donc ainsi l’une des clés symboliques d’un futur économique lunaire et spatial pour notre île ? L’avenir nous le dira . . .

Guy Pignolet