12 novembre : la journée nationale Maoré célébrée aux Comores pour continuer de réclamer l’intégration de Mayotte

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10h50 :

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Comme à chaque 12 novembre, la journée nationale Maoré a été célébrée jeudi dernier en Grande-Comore. L’occasion de revendiquer encore et toujours l’intégration de Mayotte au sein de l’Union des Comores et d’exiger l’abolition du Visa Balladur.

Créé en 2005, le Comité Maoré aux Comores poursuit un seul et même but : intégrer Mayotte à l’Union des Comores. En effet, selon ses membres, « les seuls clandestins à Mayotte sont les Français. » L’organisation considère que l’île au lagon est « sous occupation française depuis l’indépendance des Comores en 1975 ». Jeudi, le comité a donc une nouvelle fois organisé les célébrations autour de la journée nationale Maoré. Étaient notamment présents des représentants du gouvernement comorien, de l’assemblée nationale, l’association Ngo’Shawo ou encore Mhoudine Sitti-Farouata, gouverneure de la Grande-Comore. Un événement qui vise donc, encore et toujours, à réclamer Mayotte, faisant ainsi fi du bon vouloir des mahorais qui n’ont cessé de clamer leur appartenance à la nation française.

Le comité est comme de coutume revenu sur la résolution des Nations-Unies du 12 novembre 1975. Cette dernière déclare que l’Etat comorien est admis comme Membre de l’ONU en tant que pays indépendant et souverain composé de quatre îles, à savoir Mayotte, Anjouan, Mohéli et Grande-Comore. Depuis lors, Mayotte est devenue le 101ème département de France et la 9ème région ultrapériphérique de l’Europe. Pas de quoi décourager les fervents défenseurs de Mayotte comorienne, qui depuis des années s’obstinent dans ce combat vain, alors même que le pays voisin croule sous les problématiques et que l’exil vers la France et l’Europe est devenu une question de survie pour des milliers de ressortissants comoriens. Le quotidien Al-watwan rapporte les propos tenus jeudi par la responsable administrative et financière de l’association Ngo’Shawo, Saïd Toilha Dhoiharati. Selon elle, « Nos autorités et notre peuple n’ont que trop peu agi face à cette question. Quelles furent les réactions de nos gouvernements successifs face aux milliers de morts en Kwassa, face aux expulsions forcées et combien de Mahorais partisans de l’unité a-t-on intégré dans nos administrations, nos directions voire même nos réflexions ? »
Une remise en question des actes politiques qui prend sa source dans le fait que la question de Mayotte revient principalement lors des campagnes électorales aux Comores. Pour le reste, il apparaît acquis que Mayotte ne deviendra jamais une île comorienne au sens politique du terme, à moins que les mahorais en face le choix. L’île au lagon s’apprête à fêter les 10 ans de la départementalisation et la population réclame encore et toujours plus de France à Mayotte. Les Comores ont signé un accord cadre avec la France. Mais au sein du pays voisin, certains s’acharnent et continuent de dénoncer le manque d’actions et de fermeté du gouvernement comorien sur la question. C’est le cas du représentant du Comité Maoré, Faouzi Abdillah. Selon lui, cette séparation illégale des îles engendre notamment des « délinquants voire des criminels sans repères ni valeur en dépit de ces milliers d’enfants abandonnés et livrés à leur propre sort« . Il pointe du doigt l’insécurité à Mayotte qui serait le fruit de l’occupation française. À noter que cette journée a également été marquée par un long hommage à tous ceux qui ont perdu la vie entre Anjouan et Mayotte.

Pierre Bellusci
France Mayotte matin

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