Après son agression par « les Anges », Joé Bédier se confie : « la production n’a pas cessé de me harceler depuis lundi pour négocier… »

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Agacé, révolté, fatigué par « les mensonges, la calomnie, la contre-attaque ignoble » dont sa famille et lui font l’objet dans la presse, nationale notamment, depuis ces derniers jours, Joé Bédier, maire de Saint-André a « vidé son cœur » hier en fin d’après-midi en se confiant à freedom.fr. Il est revenu sur l’agression survenue dimanche dernier à l’hôtel Créolia. « Après la violence des coups, voici maintenant la violence des mensonges », dit-il, ahuri par les « propos délirants, complètement abracadabrantesques » tenus dans les médias nationaux et repris par certains médias locaux.

« La production qui s’appelle, paraît-il, la Grosse Equipe veut faire passer aujourd’hui ses pseudo-stars pour des victimes. Non, il ne faut pas se tromper. Ma famille et moi sommes les vraies victimes de cette agression sauvage qui a eu lieu à l’hôtel Créolia. C’est pas le contraire. Nous en portons encore les stigmates. Regardez, nous sommes ma femme, ma fille et moi couverts de bleus partout sur le corps. Ma fille a du mal à marcher. Idem pour ma femme qui passe ses journées depuis lundi allongée sur son lit ou sur un canapé. Et moi, qui suis là, avec des douleurs musculaires, à ne pouvoir rien faire. Moi qui avais pris quelques jours de repos avant de reprendre en main mes dossiers de la mairie où le travail ne manque pas. Je voulais tellement faire le plein d’énergie, me regonfler à bloc pour être d’attaque à la rentrée. Et aujourd’hui, je suis comme un animal en cage dans ma maison, le corps endolori, en arrêt. J’aurai tellement pouvoir aimer enfiler mes baskets et aller marcher un peu dans les carreaux de cannes autour de la maison. Impossible. J’ai trop de douleurs. Ma famille et moi sommes physiquement et psychologiquement cassés, bousillés après cette agression. Ma petite fille de 10 ans et mon petit garçon de 5 ans, qui sont les enfants de notre fille Laurence, ne s’en sont toujours pas remis. Juste après l’agression, ma petite fille a pleuré des heures durant. Mon petit garçon s’est renfermé sur lui même. Pas plus tard que cet après-midi (ndlr : hier, mercredi), j’ai fait un facetime avec sa maman; D’habitude, il aime venir s’agiter devant le téléphone portable pour se montrer, c’est un ti gars plein d’énergie. Mais là, il ne bouge plus, il ne dit plus rien. Il reste dans son coin. Depuis lundi, mes petits enfants sont suivis par un pédo-psychiatre. Il faut qu’ils arrivent à oublier, qu’ils arrivent à effacer tout cela dans leur tête, à évacuer ».

 « La production commence à paniquer et raconte des conneries »

Joé Bédier explique qu’il n’a «rien fait et rien demandé; Cette violence inouïe nous est tombée dessus alors que nous étions tranquilles, en famille, attablés dans le restaurant de l’hôtel. J’entends aujourd’hui, je lis certains propos émanant de la production, et je tombe carrément sur le c…. Mais comment peut-on inventer, mentir comme ça ? C’est pas possible ! Il faut être malade ! La justice n’a qu’à bien faire son travail. Il y a de nombreux témoins. La police devrait interroger le plus grand nombre. Tous diront ce que je ne cesse de raconter depuis dimanche après-midi ».

Photo d’archives prise le 4 juillet dernier lors de l’installation officielle de Joé Bédier dans sa fonction de maire. De droite à gauche : son épouse Bernadette, sa fille Laurence et le fils, Benjamin et sa compagne. Aujourd’hui, ils ne sont pas du tout dans cet état. (Photo Yves Mont-Rouge)

Il est écrit sur certains réseaux sociaux depuis mardi que c’est le fils du maire Benjamin qui aurait agressé Ricardo « des Anges de la télé réalité » ou encore que Joé Bédier se serait rendu volontairement dans cet hôtel où se trouvaient les candidats des « Anges en vacances » car « il y a une guerre » entre lui et le préfet sur la venue des « Anges » à la Réunion. « Mais c’est quoi cette histoire ? », s’interroge le maire de Saint-André. « C’est du délire ! C’est complètement faux ! Jusqu’à dimanche, après l’agression, je ne connaissais même pas l’existence de ces personnes que vous appelez les Anges. Je ne savais même pas qu’il existait des Anges sur terre. Ma femme ainsi que mes enfants ne sont pas du tout branchés télé-réalité. Quant à moi, vous pensez bien qu’à plus de 60 ans et par rapport à mes responsabilités, j’ai d’autres chats à fouetter. On m’a dit après l’agression de dimanche que c’était des stars. Désolé, mais moi je n’ai vu que des individus tatoués et musclés dont le comportement extrêmement violent m’a surtout fait penser à des voyous hyper excités, hystériques, comme drogués, vu la façon dont ils nous ont sauté dessus. Mon fils Benjamin a 28 ans, il fait presqu’adolescent, vous le voyez agresser des mecs bodybuldés comme ça ? Sans doute est-il intervenu, a-t-il sauté dans le tas comme on dit lorsqu’il a vu sa mère par terre, plaquée au sol, et moi en train de me faire rouer de coups. Ça peut se comprendre, mais je peux vous dire que ni moi, ni lui ne faisaient le poids face à ces individus costauds et surexcités. Par ailleurs, je tiens à préciser qu’il n’y a aucune guerre entre le préfet de La Réunion et moi, et surtout pas sur un sujet comme les Anges de la télé-réalité. C’est du n’importe quoi ! ».

« Nous avons un enregistrement de la production avouant que Ricardo a fait le con… ».

Selon Joé Bédié, « la production qui mesure aujourd’hui les conséquences des actes commis par ses pseudo-stars commence à paniquer et à essayer tant bien que mal à construire une stratégie de défense qui repose sur des mensonges. La production devrait préciser dans les médias nationaux qu’elle n’a cessé de me harceler depuis dimanche soir en multipliant les appels téléphoniques pour négocier. Sauf que moi je n’ai rien à négocier car je n’ai rien à me reprocher. Je n’ai répondu à aucun coup de fil. En revanche, pas moi personnellement, mais un membre de notre équipe dispose aujourd’hui d’un enregistrement que nous garderons pour les besoins de l’enquête. Il s’agit des propos tenus par la production qui dit clairement que Ricardo a fait le con, qu’il n’aurait jamais dû se comporter de la sorte… » Joé Bédier explique : « la direction a voulu négocier avec moi pour qu’elle puisse rester tourner à La Réunion. Ce n’est pas avec moi qu’il faut discuter, c’est avec la justice. On ne marchande pas avec moi, je n’ai rien à négocier. Je veux que justice soit faite et que les auteurs de cette agression sauvage soient sanctionnés. Je le dis et le répète, nous n’avons rien demandé. Ça nous est tombé dessus comme la foudre ».

Joé Bédier n’en revient pas : « nous n’avons rien fait à personne. Ma fille Laurence voulait fêter ses 40 ans avec sa famille. Au départ, elle et son mari souhaitaient réserver un restaurant du côté de Salazie mais en raison de la situation météo, on s’était dit que la route n’était pas très rassurante. Elle a donc réservé le Créolia depuis le jeudi d’avant. Ma fille habite Bois-de-Néfles à Sainte-Clotilde, c’est pas loin de chez elle. Ma fille et son mari, ma femme, mon fils et moi étions sur une table située en face de la piscine, sous la véranda de l’hôtel. Mes deux petits enfants se trouvaient sur une table juste à côté de nous afin de respecter les gestes barrières (pas plus de 6 à table). L’agression est survenue entre l’apéro et le repas. Nous avions déjà fait notre choix. C’est en attendant la commande que j’ai vu une femme s’approcher de ma fille Laurence et de mon épouse Bernadette avec un téléphone à la main. Sur le coup, je pensais que c’était une de leurs connaissances. Mais le ton est vite monté. Elle avait exigé de voir le téléphone portable de ma fille et de ma femme. Elle disait sur sur un ton très directif : « montrez moi votre téléphone ! ». Ma femme et ma fille n’ont rien compris. Elles ne savaient même pas qui était cette femme. Moi non plus d’ailleurs. Face au refus d’obtempérer, la dame est montée sur ses grands chevaux et a commencé à crier comme une folle en nous insultant presque. Apparemment, d’après ce qu’elle disait, c’est que quelqu’un aurait déjà pris une photo des sois disant stars et d’une petite fille et que cette ou ces photos étaient déjà sur les réseaux sociaux. C’est à ce moment que je suis intervenu et que j’ai dit : qu’est-ce que vous nous racontez là madame ? Vous êtes qui ? Vous plaisantez ou quoi ? Et elle m’a aussitôt répondu : en plus, vous nous prenez pour des cons !. J’ai rétorqué en disant : « dégagez de là madame ! Toutes les personnes assises tout autour de nous se sont mises à applaudir car elles aussi avaient été approchées et insultées par cette dame mais elles n’avaient pas osé répliquer. Se sentant vexés par mes propos, la dame en question et ses acolytes nous ont alors sauté dessus comme des fous furieux en plaquant ma femme au sol tandis que deux autres individus m’ont cogné à la tête. J’avais une bosse au niveau de la tempe. Je me suis retrouvé par terre, j’ai pensé que j’allais y passer car j’avais deux ou trois gars (je ne sais plus exactement) sur moi en train de me tabasser en me donnant des coups violents à la tête. Ils n’ont pas supporté que quelqu’un puisse se dresser face à eux et leur réponde de cette manière. C’est pas plus compliqué que ça ! Parce que dans leur petite tête de pseudo-stars, ils se sont dit sûrement qu’on devait être au garde-à-vous devant eux. Avant que l’agression ne survienne, je ne savais pas qui était cette dame qui nous a insultés. Ce n’est qu’après que j’ai appris que c’était la nounou de la petite fille d’un certain Ricardo et d’une certaine Nérouda (ndlr : Néhuda)… Ce que je sais, c’est que je dois, nous devons notre salut au personnel de l’hôtel et à quelques clients de l’établissement qui n’ont pas hésité à intervenir ».

Trois jours après la violente altercation, Joé Bédier n’arrive toujours pas à comprendre ce déchainement de violence dont sa famille et lui ont été victimes. « On nous accuse d’avoir pris des photos. J’ai donné mon téléphone à la police et j’ai demandé de vérifier. J’ai pris une photo de mes petits-enfants… Comment voulez-vous que je prenne des photos des gens que je ne connais pas ! Pour quelqu’un comme moi, de mon âge, les stars ont pour nom Bécaud, Aznavour, Halliday, Jackson ou encore des acteurs de cinéma. Je n’ai jamais entendu parler de Ricardo, de Nérouda (ndlr : Néhuda), des Anges ou de je ne sais quoi ».

« Je suis Français certes, mais je me sens avant tout Réunionnais et j’ai encore le droit de circuler librement dans mon île »

Certains accusent le maire d’avoir voulu « politiser » cette affaire. « Donc cela voudrait dire que je suis allé volontairement dans cet hôtel pour exposer ma famille, notamment ma femme et ma fille à des coups, pour ensuite en tirer un profit politique ? Ecoutez, je ne suis peut-être pas un Ange, mais je ne suis pas taré à ce point. Vous pensez sincèrement qu’après m’être fait tabassé, qu’après avoir vu ma femme et ma fille, mes petits-enfants dans cet état, j’aurai pris mon téléphone pour appeler les politiques et leur demander d’intervenir dans les médias ? Vous pensez que j’en aurai fait autant auprès des militants en les appelant un à un ? J’ai été le premier surpris par ce rassemblement spontané devant le commissariat de police de Malartic à Saint-Denis. On m’a dit que la grande majorité de ces personnes ne venaient pas de Saint-André, que ce n’étaient pas nos militants, mais des gens venus des autres communes de l’île. Des personnes qui étaient venues défendre non pas le maire que je suis, mais le Réunionnais, le père de famille, le grand-père réunionnais. Elles sont venues dire leur ras-le-bol contre certains individus qui arrivent chez nous et qui se comportent comme s’ils étaient en pays conquis, comme s’ils avaient tous les droits y compris ceux de nous humilier et de nous agresser en toute impunité. Je tiens à rappeler que dimanche soir, devant le commissariat, j’ai tout fait pour appeler au calme. Les Réunionnais en ont marre de ce genre de comportement. Je ne suis pas identitaire, je ne suis pas raciste et encore moins anti-z’oreil, mais je veux que les gens qui viennent ici respectent les Réunionnais comme les Corses ou les Marseillais souhaitent que les gens qui viennent des autres départements ou pays les respectent. Pas plus que ça ! Je suis conscient aujourd’hui de l’ampleur que prend cette affaire, mais au-delà des coups physiques que nous avons pris ma famille et moi, c’est peut-être un mal pour un bien, pour que des énergumènes de la sorte qui atterrissent dans l’île arrêtent de se croire en pays conquis, arrêtent de croire qu’ici c’est la jungle et que nous, les Réunionnais, sommes des sauvages. Vous pensez sincèrement que les Réunionnais se comportent de cette façon quand ils sont en vacances en métropole ou dans d’autres pays ? Non, mais arrêtez quoi ! Je suis Français certes, mais comme le Marseillais ou le Corse, je me sens avant tout Réunionnais et j’ai encore le droit d’aller en famille, tranquillement, manger dans un restaurant ou un hôtel de mon île sans me faire agresser par des voyous dont on a fait croire qu’ils étaient des stars, m… ! J’ai le droit de circuler librement dans mon île !».

Joé Bédier et son avocat parisien Me Robin Binsard lors du procès, l’année dernière, face à Jean-Paul Virapoullé. “Je ne suis pas identitaire, je ne suis pas raciste et encore moins antiz’oreil”. (Photo d’archives : Yves Mont-Rouge)

Dans sa petite maison, du côté de Bras-des-Chevrettes à Saint-André, Joé Bédier et son épouse tentent difficilement de se remettre de cette agression. « J’essaye de gérer un peu à distance les dossiers de la mairie. J’étais en contact pas plus tard qu’aujourd’hui (ndlr : hier, mercredi) avec la sous-préfette de Saint-Benoit pour discuter du centre de vaccination. Mais c’est dur. Le plus dur, c’est d’avoir vu sa femme et sa fille se faire battre et de ne pouvoir rien faire. Le plus dur c’est de voir l’état dans lequel se trouve aujourd’hui ma famille, tout cela parce qu’un dimanche après-midi on a décidé d’aller fêter tranquillement un anniversaire dans un hôtel… Je suis conscient que la production ne voudra pas perdre la face, qu’elle va continuer à monter tout un tas de stratagèmes pour essayer de s’en sortir. Mais je suis désolé, ce n’est pas moi qui fait le casting de ce que vous appelez les Anges. Qu’elle assume ses responsabilité ! A la justice de faire son travail maintenant ! Je raconte les choses telles qu’elles se sont passées. Je le jure sur la tête de mes enfants et celle de mes petits-enfants. Je n’avais pas besoin de ça, j’ai assez de boulot à la mairie de Saint-André, ma famille n’avait pas besoin de ça ! Je suis fatigué mais je tiendrai le coup pour défendre la dignité de ma famille et, au-delà, celle des Réunionnais qui, comme nous, sont victimes de ce genre de comportements dans leur vie quotidienne ». L’affaire est aujourd’hui entre les mains de la justice.

Y.M.

(montrougeyves@gmail.com)