Patrick Lebreton présente “le TER” ou “Territoire d’Emplois à Redynamiser”

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Patrick Lebreton, tête de la liste “La RéUnion des Territoires” aux élections régionales des 20 et 27 juin,  a présenté ce matin (mercredi 16 janvier 2021) à l’hôtel “Le Battant des lames” à Saint-Pierre “le TER : Territoire d’Emplois à Redynamiser” qui décline une stratégie régionale pour la création d’emplois.

L’ambition du développement économique portée par le candidat et sa liste s’articule autour d’un projet économique fort avec la création de vrais emplois, avec de la vraie richesse. Annoncer vouloir attribuer diverses aides, c’est être conscient qu’il faut bien les prendre quelque part pour pouvoir prétendre à une redistribution.

« La Région ne peut créer l’emploi à elle seule : ce n’est pas son rôle. Elle doit agir avec des partenaires économiques, institutionnels et sociaux, en activant des outils techniques et fiscaux», a précisé le maire de Saint-Joseph. Avant d’ajouter : “Notre responsabilité à la région, c’est de mettre en place un Territoire d’Emplois à Redynamiser  (TER)”

Il s’agit donc de :
1 – Mettre en place des mesures incitatives pour aider les entreprises à créer de l’emploi
2 – Créer les conditions pour favoriser l’émergence de nouveaux marchés, donc de nouvelles entreprises, donc de nouveaux emplois (nouvelles zones industrielles, nouveaux fonciers économiques, augmenter la disponibilité de locaux d’activité)
3 – Renforcer l’attractivité du territoire réunionnais.

Ce sont les entreprises locales, celles qui ont un ancrage territorial réunionnais, qui créeront de l’activité en fonction de nos besoins locaux. Le choix de favoriser l’aide aux entreprises locales suppose un travail de fond avec les consommateurs réunionnais pour qu’ils privilégient la consommation locale.

La proposition :

Que les revenus disponibles actuellement à La Réunion deviennent des leviers de création de nouvelles activités ! = base du TER. Ce que la RéUnion des Territoires préconise, c’est la relocalisation de la production et des services à La Réunion.

Notre projet se décline autour de 3 enjeux majeurs :
1 – souveraineté : ce qui est différent d’indépendance économique.
C’est faire le mieux possible, par nous même, tout ce qu’on peut faire sur place 2 – fierté : valorisation de notre savoir-faire
3 – création d’emplois et d’activités pour avoir des revenus du travail.

La Réunion subit une double peine car on a moins de moyens par rapport aux régions métropolitaines, et on a une faiblesse d’emplois,
→ donc une faiblesse de revenus,
→ donc une faiblesse d’achat,

→ donc une faiblesse de consommation locale.

“Sur 25 milliards d’euros qui circulent à La Réunion, 20,6 Md d’€ correspondent à des biens et des services achetés à La Réunion, à des entreprises réunionnaises. 4,4 Md d’€ profitent à l’extérieur. C’est ce qu’on appelle la fuite économique.
L’argent du consommateur réunionnais sert à régler les différentes étapes de production qui sont à l’extérieur, ce qui génère des fuites dans les achats directs, dans la chaîne des fournisseurs, dans les dépenses des habitants, dans les dépenses publiques”, a expliqué Patrick Lebreton.

“Il y a un angle mort dans l’économie réunionnaise. Il est impératif aujourd’hui de regarder et de comprendre comment circulent ces 25 Md d’euros et de faire en sorte qu’ils circulent autrement, avec un impact beaucoup plus fort sur la création d’emplois et d’activités. Les 4,4 Md d’euros représentent 65 000 emplois. Sur cette base, si on relocalise 10 % des importations, c’est-à-dire 440 millions d’€ euros, on crée 6 500 emplois directs !
On ne pourra pas relocaliser les 4,4 md d’€, il faut être réaliste. Mais si on relocalise à terme 30 %, on crée près de 20 000 emplois directs, soit entre 60 000 et 80 000 emplois directs et indirects confondus”.

Pour créer ces emplois et ces activités, il faut activer plusieurs leviers :

1er levier – Le renforcement de la capacité de nos entreprises à répondre aux besoins locaux :

  • ●  faire coïncider l’offre et la demande, financer les entrepreneurs en mobilisant l’épargne de proximité (Banque Locale d’Investissement et de Développement), accroître l’aide de la région à l’investissement, dynamiser le SRD2I – Schéma Régional de Développement Economique, de l’Innovation et d’Internationalisation
  • ●  faire de la place aux entreprises locales, notamment dans la commande publique, encourager à consommer localement, généraliser la SBA – Stratégie de Bon Achat, favoriser l’émergence de nouvelles filières.

    2e levier = Agir sur l’octroi de mer !

    On entend depuis des années qu’il faut supprimer l’octroi de mer.
    D’autres préconisent même, dans un récent rapport (Rapport FERDI – Fondation pour les Etudes et Recherches sur le Développement International – commande du Ministère de l’économie et des Finances), sa suppression pure et simple et son remplacement par une TVA unique.

    L’Art 349 du TFU – Traité de fonctionnement unique – crée les RUP du fait de leurs handicaps structurels. En raison de cela, elles tolèrent l’octroi de mer.
    Pour nous, il ne s’agit pas de le remodeler, mais aussi de commencer par changer carrément son nom,
    car l’octroi de mer fait référence à une colonie.

    Il faut l’appeler TVA régionale.

    La TVA Régionale est assise uniquement sur la production des biens.
    Il faut élargir son assiette, y compris dans les services, c’est-à-dire tous les flux économiques.

    La TVA régionale doit concerner beaucoup plus de services extérieurs afin de protéger les services locaux car les emplois de demain se trouvent aussi dans les services, dans une économie réunionnaise tertiarisée.

Un des leviers du TER sera par conséquent la réforme de l’Octroi de mer

Actuellement, il est décrié, incompréhensible, complexe. Notre objectif est qu’il serve à augmenter la production locale, donc la création d’emplois locaux. Tout ce qui concoure à la production locale doit être exonéré de taxes ou faiblement taxé. Tout ce qu’on importe et qui peut être produit sur place doit être plus fortement taxé.
Tel est le principe simple qui peut être compris de tous.
Rôle de la région :

  • Il faut négocier la stabilité de la TVA régionale sur le long terme
  • Il faut garantir son application, sa pérennisation et sa transparence
  • Il faut travailler sur son acceptabilité et sur une confiance réciproque (les consommateurs et les

    entreprises).

    3ème levier : développer des entreprises avec des capitaux locaux !

    Quelques exemples dans l’actualité économique montrent la nécessité de développer ces entreprises à capitaux locaux.
    Le rachat de Holcim par nos voisins mauriciens doit nous interroger. Si Maurice contrôle le ciment réunionnais, jusqu’où cela ira t-il ? Ce même schéma concerne d’autres entreprises aussi.

    « N’est-ce pas GRAVE ? Doit-on rester INDIFFERENT ?

    Il s’agit de repenser autrement notre conception de la mondialisation.

    A l’instar de nos slogans habituels « nout patrimoine »,« nout fierté », « nout culture »,
    la bataille sera réellement gagnée quand on pourra dire aussi fièrement « nout l’économie ». » Patrick Lebreton

    Même si le parlement européen a donné un avis favorable à la prolongation du régime de l’octroi de mer jusqu’à fin 2027, nous ne pouvons pas nous contenter de cela.
    En août 2016, la région a pris une délibération pour créer une commission afin de convier les forces économiques et sociales pour piloter les taux de l’octroi de mer.

    Cette délibération n’a jamais été mise en œuvre. La révision est prévue tous les 5 ans. ll faut la réviser tous les ans avec le Ceser et les opérateurs comme partenaires économiques pour une adaptation permanente. L’économie est fluide, jamais figée, elle s’adapte continuellement.

    Quand on crée des emplois, de facto on dynamise la filière de formation professionnelle, on élève donc le niveau de compétence territoriale.

‘’Dès notre arrivée : nous activerons la Conférence Territoriale de l’Action Publique pour élaborer conjointement une

stratégie de développement créatrice d’emplois et d’activités; Nous négocierons avec l’État et l’Europe pour remodeler la TVA régionale afin qu’elle soit un levier de création d’emplois et d’activités à La Réunion.

Si on veut être maître de notre destin, il faut que la région prône une libéralisme régulé. C’est un enjeu majeur sinon on subira ce qui est en train de se faire derrière notre dos.

Il faut qu’il y ait une proportion plus équilibrée entre les capitaux extérieurs et les capitaux locaux. C’est à cette condition que la région régulera les flux économiques.

Ce que nous devons faire de manière responsable et courageuse, c’est de travailler sur les niveaux de marge qui sont pratiqués à La Réunion. ‘’ Patrick Lebreton

La problématique de l’économie et de l’emploi – éclairage d’un professionnel

Témoignage de Gianni TURPIN, chef d’Entreprise dans les métiers de la communication et du multimédia.

En tant qu’acteur économique, Gianni Turpin apporte un regard avisé sur la capacité de nos entreprises réunionnaises à répondre aux besoins locaux. De son point de vue, plusieurs filières sont concernées : l’autonomie alimentaire, l’énergie, les matériaux biosourcés, le recyclage, les services de proximité, l’aide à la personne, mais aussi d’autres domaines comme la mode locale, la communication, l’épargne et la trésorerie locales…

Il est nécessaire d’établir des priorités, et de travailler dans les secteurs et les métiers qui ont un plus grand potentiel de relocalisation comme l’agro-alimentaire, l’énergie, les matériaux de construction, la mode, la communication, les médias.