De plus en plus de variants « Ômacron » à la Réunion !

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A ne pas confondre évidemment avec le tout nouveau variant « Omicron » dont le premier cas français a été détecté chez nous à la Réunion. Les variants « Ômacron » ne sont pas dangereux mais leur séquençage n’est pas très aisé dans le sens où leur évolution s’apparente davantage aux mouvements d’un crabe : un coup à droite, un coup à gauche, un coup au centre…,  ils varient relativement rapidement en fonction de la direction du vent… des sondages politiques. Heureusement que Martine Ladoucette, directrice de l’ARS, n’a pas à s’occuper de ses variants là, car ils lui auraient donné à coup sûr le tournis. Idem pour le préfet. J’y reviens dans un instant puisque, en ces temps de pré-campagne électorale, ces variants ne sont pas prêts de disparaître; Ils risquent même de se multiplier.

Parlons plus sérieusement du Covid et de ses vrais variants. Vous le savez, la situation reste tout aussi préoccupante localement et même ailleurs, dans l’hexagone, dans le monde et tout près de chez nous, à Maurice. Ici, le taux d’incidence est de 250, comme l’a encore rappelé le préfet, pas plus tard que mercredi lors d’une réunion avec les élus locaux, mais pour autant pas d’affolement, manifestement, puisque tout (ou presque) est toujours permis. La preuve, même les vols vers l’Afrique-du-Sud, momentanément interrompus, reprennent à partir d’aujourd’hui. Rappelons que le seul cas de variant « Omicron » détecté dans notre île la semaine dernière concerne un voyageur qui revenait du Mozambique, après avoir fait escale en Afrique-du-Sud. Mais, pas de panique, du côté de l’Etat. « On gère » : c’est en substances le message qui a été transmis aux élus. C’est bientôt Noël, c’est la fête, pas question d’étouffer notre économie déjà mal en point. Toutes les manifestations populaires sont maintenues. Parallèlement, les autorités n’ont qu’un seul mot à la bouche : vaccination. Et 3ème dose pour celles et ceux qui ont déjà reçu les deux premières doses. Concernant toujours la vaccination, j’ai relevé qu’aux Antilles, le ministre des Outre-mer Sébastien Lecornu s’est montré très ouvert sur l’obligation vaccinale pour les soignants et les pompiers qui, initialement était fixée au 15 novembre, mais qu’en raison de la crise sociale qui secoue ces départements placés sous couvre-feu, la date a été repoussée au 31 décembre. Moralité de l’histoire : les violences, pillages et incendies ont raison de l’urgence sanitaire et, ce qui est obligatoire dans l’hexagone et dans d’autres régions ultra-marines, ne l’est plus dans les départements où les revendications politiques et sociales s’expriment non sans fracas dans la rue. Devrais-je comprendre que, contrairement à ce qui avait été dit jadis par un ministre, c’est la rue qui gouverne ? Pendant ce temps, à la Réunion où les citoyens sont gentils, calmes et au garde-à-vous, l’Etat sort le bâton. Je pense notamment à cette opération de com’ mardi dernier à Saint-André où le sous-préfet de Saint-Benoit, Michael Mathaux, en veste sous le soleil « poiquant », en cet après-midi d’été austral, est descendu en ville flanqué de trois armoires à glace de la BAC (Police) pour verbaliser dans la rue une dizaine de pauvres « bougs » et madames qui avaient oublié leur masque dans leur sac. Au cocktail de Sébastien Lecornu à Paris, personne ne portait de masque. Aux Antilles, où ça flambe, le gouvernement est prêt à adapter l’application de la loi relative à l’obligation vaccinale pour les soignants et pompiers. Cherchez l’erreur !

Samuel Mouen, un nouveau variant « Ômacron »

Dans ce climat plutôt tendu, le staff macronien parisien a surtout compris que le message présidentiel et la politique gouvernementale avaient du mal à passer aux Antilles. Aussi, les équipes mettent le paquet sur la Réunion et sur Mayotte, comme je vous l’ai déjà expliqué dans mes précédents éditos. Il y a les ministres qui viennent jouer aux VRP de « la bonne parole présidentielle », mais pas que. Il y a également les organismes qui travaillent pour le gouvernement, comme « Action Logement » qui finance le NPNRU (politique de l’habitat, politique de la ville). Son président et sa directrice générale, après s’être rendus à Mayotte, séjournent actuellement dans notre île. Leur message est on ne peut plus clair : « le gouvernement s’engage sur un plan d’investissement de 1,5 milliard d’euros pour l’Outre-mer en matière de logement ». Autrement dit, « en avril, n’oublie pas Macron ! »

En parlant des visites ministérielles, je vous avais annoncé depuis vendredi dernier que celui de la Justice ne viendrait pas. Le contexte sanitaire n’y est pour rien. Si les frontières entre la Réunion, l’Afrique-du-Sud, Maurice (zone rouge) sont toujours ouvertes, je ne vois pas en quoi le Garde des Sceaux Dupont-Moretti ne pourrait pas se rendre dans l’île !

Cela dit, la Macronie pourra toujours compter sur ses « variants » qui ne jurent plus que par Macron. D’où le petit nom gâté que je leur ai donnés, à savoir les variants «Ômacron », c’est-à-dire des élus, ou des nouveaux venus, qui viennent de se découvrir, à la lumière des récents sondages, des atomes crochus avec le Président de la République sortant. Au-delà des maires et autres élus Macronistes connus depuis 2017, d’autres sont venus se positionner au fil de ces dernières années comme le premier magistrat de l’Entre-Deux qui, ces derniers jours, fait feu de tout bois, multiplie les flatteries envers le gouvernement via des communiqués de presse. Il paraît qu’il viserait la 3ème circonscription aux prochaines législatives ! Il y a aussi, tenez-vous bien, Samuel Mouen, l’ancien défenseur du petit peuple, qui a tout récemment constitué un comité de soutien à Saint-Denis en faveur « du Président des riches » (et bientôt candidat) Emmanuel Macron. C’est Henri Chane-Tef, l’ancien et tout premier référent territorial de La République En Marche (LREM), qui l’annonce sur sa page Facebook (voir notre photo ci-dessous).

Si les sondages continuent de donner Macron favori, d’autres maires n’hésiteront pas à sortir du bois d’ici là. Je vous ai déjà donné quelques noms comme Gironcel à Sainte-Suzanne, Nirlo à Sainte-Marie, Selly à Saint-Benoit. A droite, certains attendent ce week-end pour savoir qui va sortir du chapeau « LR » avant de se positionner… pour Macron en expliquant que tous les candidats n’ont aucune chance. Surtout pas Eric Zemmour dont la propagande est assurée localement par Daniel Toussaint de « La Majorité Centrale 974 ». Zemmour le candidat qui ne comptabilise pour l’instant que 250 parrainages ; Il a aussi traité Gilles Bouleau, le présentateur du 20H de TF1 de « connard ». Des mots qui font partie de son langage courant. Il se prend un peu pour Trump. Quand il n’est pas d’accord, il répond par un doigt d’honneur. Avec Zemmour et Le Pen aux extrêmes de la droite, il va y avoir de l’ambiance ! A se demander même si celui ou celle qui sortira des urnes à l’issue de la primaire de « LR » ce week-end pourra encore se faire remarquer. Je n’ose même pas me mettre à la place de la candidate du PS ou de celui du PCF, complètement effacés. Mais il reste encore quatre mois avant le scrutin présidentiel.

Région : un billet sans retour pour la femme de ménage

Il s’agit d’une sanction disciplinaire administrative qui concerne une femme de ménage de la pyramide inversée, mais pas n’importe laquelle : une femme de ménage « cheffe » dont un membre de sa famille travaillait au service « Continuité territoriale ». Je vous révélais il y a plus d’un an une affaire de détournement de fonds au sein de ce service de la Région. Une affaire qui avait fait grand bruit même si tout avait été mis en œuvre à l’époque pour tenter de la cacher (l’affaire, pas la femme de ménage !). Depuis, au niveau administratif, le «nettoyage », sans jeu de mots, a été fait. Certains employés ont été « remerciés » et les contractuels impliqués de près ou de loin n’ont pas été renouvelés. Cette femme de ménage dont quasiment une bonne partie de la famille a  «trempé » dans ce trafic a été licenciée la semaine dernière et ce, après plus de 30 années de carrière. Une enquête judiciaire est toujours en cours. D’après nos informations, plusieurs remboursements de bons de continuité territoriale atterrissaient non pas sur les bons comptes bancaires mais sur ceux des membres de la famille de certains employés via les RIB correspondant. C’est ainsi que certains agents avaient commencé à mener un train de vie de pachas avec voyages à travers le monde, bijoux de marque, montre Rolex, et voitures sportives de luxe. La folie des grandeurs avec l’argent des autres. Bon Dieu i punit pas galet. La roue (de la fortune) finit toujours par tourner un jour ou l’autre. Il y a d’autres agents qui sont actuellement dans le collimateur. Cette affaire au service de la continuité territoriale n’est pas terminée. Reste à savoir maintenant si l’enquête judiciaire et celle administrative iront jusqu’au bout, c’est-à-dire au-delà des employés de base…

L’actuelle majorité poursuit son travail de « remise de l’ordre » dans la boutique. Je vous le disais la dernière fois que l’épouse de l’ancien président, ancienne Dir-Com’, allait rejoindre le service Patrimoine (une case créole située dans le centre-ville de Saint-Denis). Mais d’après mes informations, la reprise n’est pas évidente. Les employés qui se trouvaient en détachement retournent au bercail. C’est le cas de Cécile Affeejee qui avait, à un moment donné, rejoint la direction du cabinet de Juliana M’Doihoma à la mairie de Saint-Louis. C’est aussi le cas d’Olivier Rivière, maire de Saint-Philippe, ancien 1er vice-président de Région et président de Nexa. Retour au boulot dans sa collectivité d’origine, à savoir la Région ! Les temps changent. Changement également à la tête du service « Logistique » où l’actuel directeur, 67 ans, part (enfin) à la retraite. J’en connais qui vont souffrir de solitude dans leur bureau souvent entre midi et deux ou après 16 heures. Je n’en dirai pas plus. Son successeur sera connu prochainement. Une réunion avec les agents de ce service devaient se tenir cette semaine dans l’hémicycle de la pyramide inversée, mais la DGS de la Région aurait contracté le Covid.

Autre service de la Région qui ne devrait pas tarder à connaître des changements : ce service se trouve dans les locaux de Caillé situés  près de l’ancienne BR (Banque de la Réunion) au centre-ville de Saint-Denis. C’est un service autrefois appelé « cellule politique de Didier Robert » tant la majeure partie des personnes qui y sont affectées passaient leur temps sur le terrain (ou dans la nature) non pas pour bosser mais pour faire de la politique, pour mener campagne durant les régionales et les départementales. Ça risque de bouger très rapidement car l’actuelle majorité ne souhaite pas que ces employés se remettent à utiliser les moyens de la collectivité (photocopieuses et autres machines) pour « propagander » en faveur du candidat de la droite aux prochaines législatives dans la première circonscription (Saint-Denis). A suivre !

En parlant des législatives, il va y avoir de l’ambiance dans la 5ème circonscription en juin 2022. Outre le duel Banian/Ratenon (pourtant partenaires au sein de la majorité régionale), Stéphane Fouassin ne sera pas le seul candidat à droite. Et Sabrina Ramin, l’opposante de Selly à Saint-Benoit, composera sûrement avec un autre candidat de droite que Fouassin. Je ne vous en dis pas plus pour l’instant. Rendez-vous à la rentrée de janvier dans « Ça Koz Politique » sur Antenne Réunion. Dans la 1ère circonscription, où Philippe Naillet est le député sortant de la gauche et où la droite n’a pas encore désigné son candidat (ou sa candidate), Farid Mangrolia l’ex-LREM mais toujours Macroniste a annoncé sa candidature  siglée « Tous Dionysiens », mardi dernier, dans « Ça Koz Politique ». Dans les autres circonscriptions, rien de spécial à signaler pour l’instant.

Sainte-Marie placée sous tutelle ? Suite…

Je vous en avais parlé il y a trois semaines environ. La réunion à la préfecture s’est déroulée le 23 novembre dernier entre le maire Richard Nirlo, Gérald Denage, le DGA aux Finances et RH à la mairie de Sainte-Marie, le directeur de cabinet Pascal Renaudière de Vaux et le SGAR. La question de la tutelle a été évoquée. La mairie est aujourd’hui endettée de près de 5 millions d’euros. La commune doit trouver 3 millions d’euros avant la fin de cette année si elle veut sauver les meubles. D’où les trois terrains communaux (un à la Convenance et deux à Duparc) mis en vente par la municipalité pour une valeur totale de 3,4 millions d’euros. Sauf que le temps passe vite et la fin de l’année, nous y sommes déjà. Pas sûr que la commune arrive à sortir de cette impasse financière. A qui la faute ? A l’ancien maire Jean-Louis Lagourgue ? A Richard Nirlo à qui Lagourgue a passé les commandes depuis janvier 2018, lequel maire a promis beaucoup d’embauches (près de 150 contrats)? A la nièce de l’actuelle maire (DRH) qui multiplie les erreurs ? Toujours est-il que la situation n’est pas rose et que, par tous les moyens, l’actuelle majorité municipale via le quatuor de « décideurs » (le maire, le directeur de cabinet, l’élue très proche du maire et le DGS officieux) met tout en œuvre pour tenter de sortir la tête de Sainte-Marie de l’eau. « L’officieux » DGS car depuis la mise au placard de l’ancien DGS Servan, la commune n’a pas encore nommé son nouveau patron administratif. Pour revenir aux « placardisés » y compris donc l’ancien DGS, on me dit que ces derniers ne semblent pas du tout malheureux. On dirait même qu’ils se complaisent dans leur nouvelle situation : payés grassement à ne rien faire ou à s’occuper de leurs propres affaires ! Un peu comme s’il s’agissait d’un arrangement entre le maire et eux. Faut dire qu’à ce niveau et après tant d’années passés ensemble, ces gens là se tiennent tous les uns, les autres par la barbichette. Enfin, pour revenir à l’éventuel placement sous tutelle, une rumeur folle court dans la commune selon laquelle le maire Richard Nirlo ne verrait pas cette décision d’un mauvais œil. Il pourra ainsi dire en guise de bilan de fin de mandat que si rien n’a pu être fait, « c’est la faute au préfet, à l’Etat ». Et « à Lagourgue ». Personnellement, je n’y crois pas trop car je sais que le DGS officieux qui deviendra officiel ce lundi s’active pour faire décoller Sainte-Marie. J’ai également appris que dans le cadre de la réorganisation des services, plus précisément des directions, menée par le futur DGS, certains agents qui avaient été mis au placard par Nirlo vont être ressortis du placard par le même Nirlo, via son futur DGS. C’est le cas de Nelly Hagen, une Sainte-Marienne semble-t-il très compétente, qui connaît parfaitement son job.

Pour finir, je voulais vous raconter ce qui se passe à,la Chambre des notaires de la Réunion. Il s’en passe en effet de bien belles, notamment dans un cabinet du Sud de l’île ! Il y a des sanctions qui sont tombées récemment. Mais c’est une longue et assez complexe histoire. Je la garde pour la prochaine fois. Je préfère terminer sur une note plus gaie.

Petit clin d’œil donc sur les baskets de la directrice générale du Groupe « Les Flamboyants », Aude D’Abbadie-Savalli. C’était hier lors de la pose de la première pierre de la clinique psychiatrique du Nord-Est à Bras-Panon. Etablissement de santé mentale qui devrait ouvrir ses portes d’ici à janvier/février 2023. « Je t’aime, un peu, beaucoup, à la folie », peut-on y lire sur les chaussures de la charmante petite dame. De la bonne « folie », bien entendu. Pas celle qui pourrait conduire à une clinique psychiatrique ! Trop mimis en tout cas les baskets de Madame la directrice générale !

La toute dernière pour terminer. Une photo (ci-dessus) que j’ai gardée sous le coude. C’est celle de François Natio, le centenaire de Saint-Paul encore bien gaillard. Il a fêté un siècle de vie la semaine dernière. Le plus comique dans cette belle histoire, c’est qu’en une journée d’anniversaire, il aura vu défiler chez lui (à quelques mois des législatives), plus de politiques qu’il n’en aura vus en… 100 ans. De la députée sortante Karine Lebon (notre photo) au maire de Saint-Paul Emmanuel Séraphin en passant par le conseiller départemental Aurélien Centon, François Natio et sa famille ont assisté à un vrai défilé d’élus qui se sont bousculés au portillon du centenaire pour un selfie. Ça fait toujours bien sur les réseaux sociaux…

Y.M.

(montrougeyves@gmail.com)