Verdict aujourd’hui dans le procès des « emplois fictifs » de la Région : Didier Robert risque 50 000€ d’amende et l’inéligibilité (Vidéos et Photos)

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C’est aujourd’hui l’heure du verdict pour l’ensemble des protagonistes du dossier des  emplois présumés fictifs à la Région. Au cours du procès qui avait duré une semaine, depuis le 18 avril, les avocats de la défense avaient plaidé pour l’acquittement de leurs clients, en mettant en avant leur travail réel et l’absence de preuves solides à leur encontre.

L’issue du procès, est ainsi très attendue cet après midi, et pourrait avoir un impact significatif sur l’avenir politique des accusés.

Retour sur le procès

Résumé de la quatrième journée du procès de Didier Robert dans l’affaire des « emplois fictifs » a débuté ce 18 avril avec des moments intenses.

Alors qu’il était interrogé, Didier Robert a été submergé par l’émotion, laissant échapper quelques larmes avant de reprendre son calme cinq minutes plus tard pour continuer à répondre aux questions qui lui étaient posées.

Didier Robert lors du 4eme jour du procès des « emplois fictifs à la Région »

La Chambre régionale des comptes a sévèrement critiqué les postes occupés entre 2015 et 2020, les qualifiant de pléthoriques. Cette affaire pourrait coûter cher à l’homme politique, avec une peine potentielle de dix ans de prison, une amende d’un million d’euros, et met en jeu son avenir politique.

Le tribunal se penche sur la responsabilité individuelle de chacun des accusés dans cette affaire complexe.

Nous suivons de près les développements de l’après-midi au tribunal, notamment la plaidoirie de Me Binsard, avocat de la partie civile, prévue aux environs de 14h24.

À ce stade, il a déclaré :

« Pour ma part, ces hommes et ces femmes ne semblent pas avoir occupé des emplois fictifs. Ils ont véritablement contribué à la région. Cependant, je partage l’opinion de la Chambre des comptes : il reste encore trop d’incertitudes quant à la réalité de ces emplois. »

À 14h37, une froideur glaçante envahit la salle, accentuant une atmosphère tendue, bien plus palpable que les jours précédents. Les prévenus semblent épuisés, la plupart la tête baissée, tandis que le verdict demeure en suspens, laissant place aux réquisitions de la procureure.

Pendant de longues minutes, elle a retracé les étapes de l’affaire avant d’énumérer, une à une, ses réquisitions pour chaque prévenu :

  • Didier Robert : une amende de 50 000 euros, une inéligibilité de 5 ans, 12 mois de prison avec, et la publication de la sanction dans un média national.
  • M. Lagourgue pourrait se voir infliger une amende de 10 000 euros, une période d’inéligibilité, et la privation des droits civils et civiques, également assortie d’une publication dans un média national.
  • M. Vincent Bègue risquerait 3 ans d’emprisonnement avec sursis, une amende de 10 000 euros, une période d’inéligibilité, et la publication de la sanction dans un média national.
  • M. Ablancourt pourrait être condamné à 3 mois d’emprisonnement, une amende de 4000 euros, et la privation de ses droits civils et civiques.
  • Ismaël Aboudou risquerait 3 mois d’emprisonnement, une amende de 4000 euros, et la privation de ses droits civils et civiques.
  • M. Ferrieres pourrait se voir infliger 4 mois d’emprisonnement, une amende de 4000 euros, et la privation de ses droits civils et civiques.
  • M. Gironcel risquerait 4 mois d’emprisonnement avec sursis, une amende de 4000 euros, et la privation de ses droits civils et civiques.
  • M. Maroudé pourrait être condamné à 2 mois d’emprisonnement avec sursis, une amende de 1500 euros, et la privation de ses droits civils et civiques pendant 1 an.
  • Mme Ramin risquerait 4 mois de prison avec sursis, une amende de 6000 euros, et la privation des droits civiques et civils.
  • Vellayoudom risquerait 3 mois de prison avec sursis, une amende de 4000 euros, et la privation des droits civiques et civils.
  • Velleyen pourrait être condamné à 4 mois de prison avec sursis, une amende de 5000 euros, et la privation des droits civiques et civils.

Réaction de Me Binsard :

Après les déclarations de la procureure, tous les avocats se lèvent, scandalisés par ses réquisitions.

« Nous avons un problème de procédure », déclare Me Creissen avant que l’audience ne soit suspendue.

15h38, l’audience est suspendue.

Jean-Louis Lagourgue
Yves Ferrières (chemise blanche) discute avec Michel Lambert, avocat à la retraite
Yves Ferrières
Alfred Ablancourt
Ismaël Aboudou
Philippe Mougin, commandant de police de l’OCLIFF qui a piloté l’enquête
Yannick Gironcel et son avocate Me Sylvie Moutoucomorapoullé
Didier Robert, Me Léopoldine Settama-Vidon et Monsieur Ablancourt

Reprise de l’audience à 16h20 :

Les avocats prennent la parole pour défendre leurs clients. L’avocat de M. Ablencourt ouvre la séance en mettant en avant des lacunes dans l’enquête, notant que certains agents clés n’ont pas été interrogés à propos de son client et que ses collègues de bureau n’ont pas été sollicités.

Il remet en question la validité de la stratégie d’enquête adoptée, plaidant avec vigueur pour l’innocence de son client :

« Cet homme a été injustement diffamé. Je vous demande la relaxe de M. Ablencourt. »

À 16h44, Maître Léopoldine Settama prend la parole en tant qu’avocate de Mme Ramin. Elle conteste également les accusations portées contre sa cliente, soulignant le manque de preuves concernant la nature fictive de son emploi. Elle insiste sur le respect des procédures administratives lors du recrutement de Mme Ramin au conseil régional.

De plus, elle suggère un lien entre Thierry Jardinot et sa cliente, laissant entendre que l’humoriste aurait pu bénéficier de faveurs grâce à elle, ce qui lui avait été refusé par le passé :

« Mme Ramin a contribué à l’épanouissement du conservatoire de Saint-Benoît. »

Elle termine en plaidant pour la relaxe de sa cliente.

Audience levée reprise demain à 8H00

Ce mercredi 17 avril s’ouvrait la troisième journée du procès dit « des emplois présumés fictifs » de la Région entre 2015 et 2021.

Les avocats, qui, plus le procès avance, se disent « sereins », à l’exemple de Me Alain Rapady, qui défend Vincent Bègue et pour qui l’enquête a été faite « de manière low cost » sur des « chimères » :